25-05-2012 23:56 - Solidarité gouvernementale.

Solidarité gouvernementale.

La démission de Seyid Ould Ghaylani du poste de Président de la Cour Suprême et sa nomination comme Ambassadeur, pose de nouveau le problème des relations entre les différents éléments du pouvoir. En effet, la disgrâce de celui dont la nomination a été saluée comme une volonté de faire le ménage dans le département de la Justice, sans état d’âme et avec la volonté affichée de brusquer et de déranger, cette disgrâce serait la conséquence de l’état «défectueux» des relations entre lui et le ministre de la justice.

Ce dernier jouant tous les lobbies – tribaux, affairistes, anciens et nouveaux – pour restaurer le système d’avant. On se souvient la réussite partielle de l’entreprise de réhabilitation des Magistrats écartés pour certains, rayés de la fonction pour d’autres, et pourtant nommés lors du dernier Conseil de la Magistrature.

Une victoire pour le ministre. Une défaite pour Ould Ghaylani qui ne l’a pas digérée. Depuis, les rapports entre les deux hommes ont atteint un tel degré qu’ils ne s’adressaient plus la parole. La communication entre eux passait par le Président de la République, lui-même.

C’est pourquoi le remplacement de Seyid Ould Ghaylani n’a pas surpris. Pas plus que le maintien de Abidine Ould Kheyr au poste de ministre de la justice… Ce n’est pas le seul «tandem» en guerre au sein de l’équipe du Président. Il suffit de parler à un ministre d’un collègue à lui pour l’entendre le traiter de tous les noms. Pas besoin d’intimité. Chacun semble regarder son voisin du Conseil des ministres comme un dangereux concurrent, voire un ennemi à abattre.

Il y a peu, nous entendions tous parler de cette déconvenue subie par la mission de l’Union pour la République (UPR) à Néma : la mission dirigée par Brahim Ould M’Barek, ministre du développement rural, n’a pas une centaine de personnes au meeting de la capitale du Hodh Echargui. Une zone qui est pourtant le fief du Premier ministre, du ministre de l’hydraulique, de la ministre de la culture, de celle de la condition féminine et j’en passe.

Selon de nombreuses sources, la mission aurait échoué non pas parce que les populations boudaient l’UPR, mais parce que les collègues du ministre du développement rural ont voulu lui donner la leçon. Jusque-là, ce n’est pas aussi grave que quand ces animosités interfèrent dans les actions gouvernementales d’envergure.

Quand par exemple, tous les conseils interministériels sont l’occasion d’accusations mutuelles et de confrontations fratricides. Quand certains ministres passent outre l’existence d’un Premier ministre pour traiter directement avec la Présidence, sous prétexte de «manque de collaboration du Premier ministère» (sic).

Quand, en plus du mépris affiché à celui qui devait être leur chef hiérarchique, certains ministres perturbent l’action gouvernementale. Quand aussi, la mise en œuvre des programmes est l’opportunité pour les uns de balancer des peaux de bananes sur le chemin des autres. C’est ce qui arrive pour expliquer les insuffisances du programme Emel 2012. Ce qui explique aussi les fuites de documents et d’informations gênantes plus ou moins pour les membres de l’équipe.

Au lieu de se donner la main et de se dire qu’ils sont embarqués dans la même galère, les hauts responsables dépensent plus d’énergie à tirer les uns sur les autres qu’à travailler pour la réussite des programmes.



Commentaires : 1
Lus : 1876

Postez un commentaire

Charte des commentaires

A lire avant de commenter! Quelques dispositions pour rendre les débats passionnants sur Cridem :

Commentez pour enrichir : Le but des commentaires est d'instaurer des échanges enrichissants à partir des articles publiés sur Cridem.

Respectez vos interlocuteurs : Pour assurer des débats de qualité, un maître-mot: le respect des participants. Donnez à chacun le droit d'être en désaccord avec vous. Appuyez vos réponses sur des faits et des arguments, non sur des invectives.

Contenus illicites : Le contenu des commentaires ne doit pas contrevenir aux lois et réglementations en vigueur. Sont notamment illicites les propos racistes ou antisémites, diffamatoires ou injurieux, divulguant des informations relatives à la vie privée d'une personne, utilisant des oeuvres protégées par les droits d'auteur (textes, photos, vidéos...).

Cridem se réserve le droit de ne pas valider tout commentaire susceptible de contrevenir à la loi, ainsi que tout commentaire hors-sujet, promotionnel ou grossier. Merci pour votre participation à Cridem!

Les commentaires et propos sont la propriété de leur(s) auteur(s) et n'engagent que leur avis, opinion et responsabilité.

Identification

Pour poster un commentaire il faut être membre .

Si vous avez déjà un accès membre .
Veuillez vous identifier sur la page d'accueil en haut à droite dans la partie IDENTIFICATION ou bien Cliquez ICI .

Vous n'êtes pas membre . Vous pouvez vous enregistrer gratuitement en Cliquant ICI .

En étant membre vous accèderez à TOUS les espaces de CRIDEM sans aucune restriction .

Commentaires (1)

  • trisomi21 (H) 26/05/2012 09:22 X

    Mr Oumère, ce que vous apportez est tout simplement faux et aussi malveillant.

    Tout d'abord ce que vous prétendez être la situation de Seyid Ould Ghailany est sans fondement car entre lui et le ministre le courant ne passe pas certes mais de là à en faire une histoire à la mesure des diatribes auxquelles vous nous avez habitué il y'a un monde.

    Quand aux tensions dans les relations des membres du gouvernement que vous décrivez avec autant de précisions comme si vous en faite partie et donc au courant de certains détails intimes, elles sont également fausses.

    Arrêtez de jeter l'huile sur le feu, vous ne destabiliserez pas le gouvernement avec des mensonges et des à-peu-près tout juste bon à asseoir votre réputation.

    Seyid, le ministre, le gouvernement et la majorité des mauritaniens soutiennet Aziz, tout le rest c'est du bla bla