26-05-2012 14:22 - Messaoud Ould Boulkheir sur la TVM : Des questions nationales majeures qu’il fallait élucider.
La sortie mercredi soir sur TVM du président de l’Assemblée Nationale et du parti APP, Messaoud Ould Boulkheir a suscité un vif intérêt dans l’opinion politique mauritanienne. Du coup, au lendemain de cette prestation, des commentaires sont allés bon train.
Dans les bureaux, dans les boutiques, des salons, les mauritaniens ont départagé les propos de l’emblématique fils du descendant d’esclave, comme il aime à le rappeler. Dans leur écrasante majorité, ceux qui ont suivi cette prestation télévisée ont positivement apprécié cette sortie intervenue au bon timing.
Les téléspectateurs ont eu l’occasion de redécouvert un Messaoud Ould Boulkheir qui n’a rien perdu de sa ténacité, de sa détermination et surtout de sa franchise. Tous se sont rappelé le courage du chef de fil de la fronde vigoureusement opposée au putsch du 6 août 2008 « Mouvement de la rectification ».
Cette sortie a eu surtout le mérite de clarifier beaucoup de questions, surtout pour ceux qui commençaient à douter de l’homme, de son engagement, de ses rapports avec le pouvoir de Mohamed Ould Abdel Aziz mais aussi de l’autre aile de l’opposition (COD).
D’abord sur la constance de sa position. En effet, après avoir décidé de nouer le dialogue avec le pouvoir en place, le président Messaoud a essuyé les tirs croisés de l’opposition mais aussi de l’aile dissidente d’APP. Pour les premiers, Mesaoud a établi un deal avec Aziz pour garder son poste au perchoir. Pour les autres, l’homme a renié son combat enclenché avec la naissance d’El Hor. Face aux téléspectateurs mauritaniens, l’homme a balayé d’un revers de la main toutes ces allégations.
Il a rappelé publiquement les raisons politiques qui l’ont amené à tendre la main au pouvoir en place. « Mon souci est de préserver la Mauritanie des dangers qui le menacent de partout, non de récolter des strapontins. »
C’est dans cette optique qu’il faut comprendre son appel du pieds à Ahmed Dadah, président du RFD et à Mohamed Ould Maouloud, président de L'UFP, pour qu’ensemble, ils œuvrent tous pour l’intérêt de la Mauritanie, en dépit des divergences ou positionnements qu’ils peuvent avoir.
« Nous avons trop de défis à relever : les prix qui flambent, le chômage qui explose, les manifestations de tout ordre, l’insécurité aux frontières… Le devoir patriotique nous commande à unir nos forces pour enrayer ces fléaux »
Cette invitation personnelle adressée à ces deux figures de l’opposition a une portée politique très significative. D’une part, ils ont un rôle éminemment important dans l’arène politique nationale, d’autre part, le combat politique qu’ils mènent leur commande l’unité de leurs forces surtout quand le bateau dans lequel ils sont embarqués menace de prendre l’eau.
En dévoilant ensuite son intention d’approcher la COD pour trouver ensemble des voies et moyens de rapprocher les positions des uns et des autres afin de mettre en œuvre, de façon consensuelle, les résultats du dialogue politique d’octobre dernier , Messaoud Ould Boulkheir prouve une fois encore qu’APP et la CAP demeurent ancrées dans l’opposition démocratique.
Une autre leçon qu’on peut retenir de cette prestation c’est qu’en dépit du dialogue noué avec le pouvoir, Messaoud Ould Boulkheir garde toute son indépendance. C’est la raison pour laquelle, il ne s’est pas privé de critiquer sans détour, la mauvaise gestion du gouvernement de Mohamed Ould Abdel Aziz, pour son refus d’entendre les interpellations et mises en gardes d’où qu’elles viennent. « Dialoguer avec Aziz ne signifie pas que nous allons lui décerner un satisfécit ou une carte blanche pour agir à sa guise, nous avons le devoir d’attirer son attention sur ce qui ne va pas dans ce pays, sinon, nous aurons failli à notre devoir»
Ces piques adressées au pouvoir prouvent, à ceux qui en doutaient que l’homme n’a pas changé, au contraire, il demeure constant dans sa position vis-à -vis du pouvoir en place, du pouvoir des militaires comme jadis du pouvoir éphémère de Sidioca.
Enfin, à l’heure où Biram Ould Abdeid Ould Dah président de IRA, mouvement qui lutte contre l’esclavage croupit en prison voir pour avoir brûlé des livres des jurisconsultes, au moment où le pouvoir nie sur tous les toits que l’esclavage n’existe plus en Mauritanie, le président Messaoud jette le pavé dans la marre en réaffirmant que l’esclavage existe belle et bien chez nous.
Prônant un règlement pacifique et consensuel de la question, le président de l’APP réprouve vigoureusement la méthode forte utilisée par certains extrémistes. Un message fort adressé aux pouvoirs publics qui refusent d’appliquer les textes criminalisant cette pratique. Profitant de cette tribune, Messaoud Ould Boulkheir a appelé l’ensemble des mauritaniens à bannir cette pratique ignoble car c’est un combat pour tout.
Mohameden Ould Sidi Abdallah, professeur de Math
