11-02-2014 23:23 - Et si elle communiquait !

Et si elle communiquait !

Adrar-Info - Depuis quelques jours, grâce à deux amis des réseaux sociaux, Aicha et Ahmed, j’ai découvert une poète et écrivaine mauritanienne qui s’exprime remarquablement bien en français.

Rentré en contact avec cet auteur talentueux hors pair, et avec son œuvre, grâce à facebook et au net, et collectant quelques informations à son sujet par ailleurs, j’ai tout de suite compris sa préférence pour rester « loin des projecteurs », quasiment dans l’anonymat.

Seule sa plume trahit ce désir d’effacement, pourvu que ce qu’elle trace soit édité, puis diffusé et qu’il fasse l’objet d’un bon travail de promotion.

Et c’est là le nœud du problème,

Le comportement des créateurs et leur rapport au succès restent largement tributaires de l’évolution des mœurs, en matière de communication. « C’est une évidence, une vérité de La Palice ! », me diriez- vous. Pourtant, moi, je vais m’y arrêter pour souligner quelques repères révélateurs de ces bouleversements, non pas sur le plan chronologique en donnant des jalons temporels, mais du point de vue de leur évolution thématique. Ces reflexions concernent la devise générale qui préside à l’action du passionné, selon les époques.

1. Au début, et pendant très longtemps, de la préhistoire jusqu’à la fin de l’ère médiévale, on se contentait de « faire bien ce qu’on l’on fait ». Moralement, suivre une telle devise était satisfaisant pour que la conscience de l’artiste soit tranquille, parce qu’il s’est acquitté correctement de son devoir, en dehors de toute pression extérieure. Il n’avait de compte à rendre à personne : seul son désir d’assouvir sa passion le stimulait et dictait sa conduite.

2. Puis, avec l’émergence de la société industrielle, le développent du libéralisme, sa propension à la consommation et la concurrence effrénée qui en résulte, les créateurs, quel qu’en soit le domaine d’activité, sont rentrés dans une compétition impitoyable. Leur devise d’antan change alors et se « dilate » pour intégrer la nouvelle donne : « il ne suffit pas de faire bien ce que l’on fait ; il faut le faire mieux que les autres ». Ils ne font plus pour eux-mêmes, mais « contre » d’autres. C’est l’esprit de l’émulation qui règne, qui préside au comportement de tout un chacun : que l’on soit poète, musicien, plasticien, cinéaste…on se surveille, on se jauge, on rivalise d’imagination …pour être le meilleur.

3. Aujourd’hui, avec la mondialisation et ses outils, aussi bénéfiques que dévastateurs, l’image est omniprésente, omnipotente, plus importante que le fait ou l’objet lui-même. L’écho de l’œuvre, son impact, la publicité qui se fait tout autour… sont les clés et les paramètres de son succès. Avec les NTIC, le créateur, qu’il soit artiste ou écrivain, est désormais appelé à communiquer beaucoup, sa devise devenant : « il ne suffit pas de faire bien ce que l’on fait ; il faut le faire mieux que les autres, et le faire savoir ».

En faisant le point pour savoir où se situe mon « idole » écrivaine, par rapport à ces trois étapes, qui s’enchainent, je constate :

1. Elle fait bien ce qu’elle fait : Ses écrits sont aussi remarquables que diversifiés. Qu’il s’agisse de la poésie, du roman, du conte ou de la nouvelle ; elle brille dans tous ces genres. Et, probablement, dans bien d’autres.

2. Elle le fait mieux que les autres : Ils sont trop rares, les écrivains francophones de son calibre. En tout cas, en Mauritanie, moi, je n’en connais pas.

3. Elle ne le fait pas suffisamment savoir : Hélas ! Son œuvre est largement méconnue. Trop rares et trop timides, sont les actions de communication qui en font la promotion. Est-ce par choix ou par négligence ? Dans un cas, comme dans l’autre, ça me semble contreproductif.

A la lumière de tout cela, je vous invite, chers amis du face book, à œuvrer, vous et moi ensemble, et avec d’autres, pour que Aichetou Ahmedou, communique davantage. Pour cela, nous avons tous les matériaux nécessaires. Son talent, son œuvre, constituent un réservoir inépuisable pour ce faire.

El Boukhary





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Commentaires (7)

  • Renard (F) 12/02/2014 21:56 X

    la âge' de cette très talentueuse écrivaine vous donne tous les renseignements que vous souhaitez sur facebook... Vous pourrez vous délectez de ces écrits que ce soit en Français ou en Arabe!!!

    Aïchetou Ahmedou est une femme extraordinaire avec un talent comme l'on ne rencontre que rarement! Sa modestie est aussi proverbiale que son talent... Ce n'est pas peu dire!

  • sndioro (H) 12/02/2014 18:36 X

    je suis tres content de vous retrouver aussi. Vous m'avez enseigne au college de garcons je crois 90-91. et j'etais votre eleve prefere, lol.

    J'ai regarde votre website mais il n'ya pas de contact information (email, telephone, comments, etc)

    j'aimerais vraiment decouvrir vos ecrits.
    Keep in touch
    thanks

  • minnie (H) 12/02/2014 13:13 X

    Je suis un peu un mélange de la première et de la troisième époque, la deuxième m'est totalement étrangère. Je le fais et je voudrais bien le faire savoir. Si mon œuvre est méconnue, ce n'est ni par choix, ni par négligence. Je l'ai fait savoir là où j'ai pu sur internet mais là s'est arrêté mon champ d'action, à cause de ma nature casanière, timide et de mon manque d'assurance en public.

    Je suis jalouse des gens qui sont à l'aise devant une caméra, qui ne tremblent pas, qui ne bafouillent pas. Je rêve de devenir comme eux. La seule fois où j'ai accepté de paraître à la TV, c'était à la condition qu'on ne me demande pas de parler :-)

    Alors la communication, je l'aimerais bien, mais saurait-elle m'aimer ...

    J'ai le désir et l'ambition de m'y investir - ne serait-ce que pour faire plaisir à mes fans - mais c'est encore au stade de désir et d'ambition ...

    A l'origine, j'écrivais pour moi-même, parce que j'aimais ça, parce que ça me rendait heureuse, comme on est heureux de faire ce qu’on aime, pour certains assister à un match, pour d’autres boire jusqu’à l’enivrement, jouer aux cartes, partir à la chasse, que sais-je …

    Donc, je n’ai jamais fourni d’effort pour faire connaître ce que j’écrivais, sauf quand je le faisais lire et rarement par des proches et j’étais même gênée de leur demander de me consacrer cette partie de leur temps précieux.

    Quand je publiais, je me cachais sous un pseudo. J’ai été Mahjouba, Noura, pour Le Calame et pour La Tribune. Pour ce qui est du roman par exemple, je n’ai jamais songé à lui offrir autre chose que le fond poussiéreux d’un tiroir. Je le sortais de temps en temps et le réécrivais. Je le faisais avec délice et ça suffisait à mon bonheur. Puis est venue l’idée de la publication, le projet et sa réalisation approximative (je dis approximative, parce que ce n’était pas ce qu’on voulait, mon éditeur et moi) Je voulais qu’il soit lu, sans pour autant que je sorte de l’ombre. (Il y a les gens de la scène et ceux des coulisses et je fais partie des derniers, conformément à ma personnalité)

    Sincèrement, je ne pensais pas que le roman intéresserait grand monde. Alors quelle ne fut ma surprise et mon bonheur de voir que ceux qui l’ont lu ont aimé.

    D’autre part, j’ai trouvé en facebook l’auditoire idéal. Je me faisais lire, sans paraître, je me faisais connaître sans me faire connaître :-)

    wenni Mauritaniewenni

    Merciiii mdmdlemine pour toute cette confiance, c'est vraiment me faire trop d'honneur

    et oui sndioro, il y a de fortes chances pour que je sois cette professeur de sciences naturelles dont tu sembles te souvenir, au collège de garçons, ravie de te retrouver ici

  • Mauritaniewenni (F) 12/02/2014 10:12 X

    Bravo Aichetou ! Puisses-tu toujours continuer à nous émerveiller :-) Dhik ana swei7ebtek elli ta3ervi.

  • mdmdlemine (H) 12/02/2014 00:26 X

    j'en rajoute encore .. Mille merci à El Boukhary et à Adrar info qui nous fait découvrir ce trésor enfoui dans l'oubli. Je suis certain que les commentaires concernant cette découverte seront de haute qualité pour mettre en exergue la qualité de cet appel lancé par El Boukhary pour lutter contre l'oubli de la mémoire culturelle de haute gamme

  • sndioro (H) 12/02/2014 00:06 X

    Elle resemble a mon ancient prof de sciences au college

  • mdmdlemine (H) 11/02/2014 23:38 X

    C'est la ministre en chair et en os que je proposais dans mon gouvernement pour le département de la culture. Ce portefeuille a tellement désappris au cours de ces dernières décennies qu'il nécessite une haute cure pour se relever. Aussi sensible à la culture, Aichetou pourrait bien rendre à ce secteur ses lettres de noblesse. En effet, la culture et la jeunesse sont parmi ces choses qu'il faut vivre pour les comprendre. pour mieux découvrir cette biblothèque vivante, visiter : www.aichetouma.com