25-04-2014 13:39 - Le langage d'autorité politique et ses traductions en Mauritanie précoloniale rois, chefs et émirs dans la Gibla du XIXE siècle (6)

Le langage d'autorité politique et ses traductions en Mauritanie précoloniale rois, chefs et émirs dans la Gibla du XIXE siècle (6)

Adrar-Info - L’évolution du discours émiral au cours du XIXe siècle.

Lorsqu’on considère la position politique des émirs, l’on voit poindre une contradiction : un mode d’autorité qui était relativement stable et clairement défini en relation avec les étrangers, mais ambigu et fluide au sein de la société de la gibla. Cette contradiction fait écho au langage politique en français et en arabe utilisé dans la correspondance de cette région.

Comme je le signalais plus haut, les archives coloniales contiennent un large corpus de lettres du XIXe siècle dont on retrouve à la fois le texte original en arabe et la traduction française.

Les textes arabes emploient une large variété de titres différents pour désigner les émirs ; au cours du siècle il y eut une évolution continuelle de cette terminologie qui contrastait avec le vocabulaire monarchique plus stable utilisé dans la traduction française.

De fait, avant le milieu du XIXe siècle, le terme arabe amîr n’était pas plus utilisé qu’une demi-douzaine d’autres termes que les Français utilisaient pour nommer le Roi. Dans quelques cas, le terme amîr apparaît moins souvent que le terme wolof buur [1]. Or, c’est seulement au cours des années 1850, qu’une préférence pour le terme amîr commença à émerger avec une tendance à la standardisation du discours politique.

Cette évolution du discours peut conduire à une hypothèse intéressante. Dans les lettres échangées entre les Gouverneurs et les émirs de la gibla, les écrivains de la gibla tendaient à employer le même terme pour désigner les chefs, établissant ainsi une parité rhétorique entre les deux. En effet, une lettre de 1818 de Ahmaddu au Gouverneur, commença par : « Du buur du Brâkna au buur du Ndar [en wolof, l'île de Saint-Louis]. »

Aux alentours de 1820, une lettre de ‘Amar wuld al-Mukhtar commença par : « Du shaykh du Trârza au shaykh de Ndar. » En 1840, le même Ahmaddu écrit : « Du sultân du Brâkna au sultân de Ndar. » En 1857, un chef des Awlâd Khlifa écrit : « Du ra‘îs des Awlâd Khlifa au ra‘îs de Ndar. » En 1860 encore : « De Sidi A‘li wuld Ahmaddu, amîr des musulmans à l’amîr de Ndar. [2]»

Il semble donc probable qu’à partir du milieu du siècle, à une époque où les pratiques administratives de Saint-Louis étaient plus professionnelles ou standardisées, les interprètes et les traducteurs du bureau de traduction de Saint-Louis commencèrent à employer de manière plus systématique le terme arabe amîr dans les lettres adressées aux guerriers de la gibla, comme un équivalent au titre « Gouverneur » ou au titre « Roi ».

Ceux qui recevaient ces lettres, moins concernés par les spécificités terminologiques que par la parité rhétorique, reprenaient simplement ces termes et ces formules de salutation, dans leurs réponses. Recevant une lettre de l’amîr de Ndar, adressée à l’amîr de Brâkna ou du Trârza, ils répondaient de la même manière. Le terme gagna peu à peu de l’importance au sein de la gibla elle-même, remplaçant finalement les autres au cours du XXe siècle sous le gouvernement colonial français [3].

L’évolution de la terminologie constitue l’un des éléments d’une évolution plus large du discours politique de la gibla au XIXe siècle. La dynamique de l’intercommunication entre les deux parties — qui avait construit la personne du Roi, de l’amîr, du buur, ou du shaykh, depuis les premiers jours du commerce de la gomme —, se poursuivit alors que la réalité du pouvoir grandissant des Français touchait aux enjeux de tels échanges.

Une guerre civile de vingt ans qui débuta dans les années 1840 parmi les Brâkna augmenta les clivages factionnels et sapa les anciennes conceptions de chefferie politique. Des changements dans les mécanismes de payement des coutumes renforcèrent les Commandants d’escale Français qui représentaient le Gouverneur aux escales annuelles [4].

Plus tard, la victoire du Gouverneur Faidherbe sur les guerriers Trârza et Brâkna durant la guerre des années 1855-1858 fragilisa encore davantage les coalitions de la gibla. Désormais, les autorités de Saint-Louis apprirent à exploiter les divisions parmi les hassân en offrant leur reconnaissance comme Rois aux chefs rivaux, ce en échange des conditions impliquant la sécurité et la protection du commerce de la gomme. Or, les chefs de la gibla répondirent aux demandes françaises en adaptant aux discours internes sur l’ordre politique et la protection. Dans ce processus, ils développèrent des nouvelles manières de représenter l’autorité politique des émirs.

Évolution du discours politique : l’exemple de la nouvelle génération de jeunes chefs Brâkna

Cette évolution dans le discours émiral est particulièrement évidente dans les lettres des Brâkna écrites au cours de la seconde moitié du XIXe siècle ; ainsi, lorsque les vieux chefs comme Muhammad al-Rajil et Bûbakar wuld Khaddish décrivaient l’autorité d’un amîr, ils évoquaient en réalité les idéaux d’une solidarité collective qui existait, ou tentait d’exister, parmi les Ahl Aghrish, le groupe de chefferie. Dans les années 1860, une nouvelle génération de jeunes chefs Brâkna émergea. Ils étaient les enfants d’une génération fratricide, pour qui ces appels nostalgiques avaient peu de signification. Dès lors, lorsqu’ils décrivaient le pouvoir émiral, ils le faisaient en de termes très différents.

Pour illustrer cette évolution du discours, tournons-nous à présent vers le point de départ de cet article. La confrontation parmi les chefs des Ahl Aghrish qui eut lieu à l’Escale du Coq au printemps 1848. Muhammad al-Rajil revint du Trârza pour réclamer l’escale, et ses parents de la lignée de Bûbakar wuld Khaddish écrivirent au Lieutenant Reverdit, le représentant du Gouverneur. Ils imploraient les Français de retenir les coutumes, craignant que le Roi puisse utiliser la guinée de vêtement qu’il avait reçu pour pousser l’émir du Trârza, Muhammad Lhabib, à l’attaquer. Cette lettre était une expression puissante de la conception commune de l’autorité émirale :

Nous avons envoyé un mot à Muhammad al-Rajil en lui demandant paix et confiance, mais il refusa totalement. À son refus, nous avertîmes le commandant de l’escale [al-nasrânî al-hâkim] qu’il ne devait plus verser la guinée [khant] avant que ne soit déterminé à qui elle appartient de droit [man yu‘arifu ahlahu]. Aujourd’hui, nous avons appris que Muhammad al-Rajil est venu à l’escale et nous lui avons dit la même chose. Quelle que soit la guinée que Muhammad al-Rajil collecte, il ne souhaite qu’en faire cadeaux aux gens, en leur demandant [en retour] notre destruction.

Quand nous lui parlons et lui demandons la paix, il n’écoute que les paroles des calomniateurs… Si Muhammad al-Rajil était un émir, il ne demanderait pas à sa qâbila ce qui est impossible pour elle [law kâna amîr la yatlubu min qabîlatihi illâ shay’ lahum fihâ]. Aucun émir n’a [dans le passé] abandonné les dépendants des Ahl Aghrish, les dépendants des Ahl Mhammad Khayy, les dépendants des Ahl Sidi A‘li, les dépendants des Ahl Ahmaddu et les dépendants des Ahl Sidi Ahmad wuld Muhammad.

Aujourd’hui Muhammad al-Rajil abandonne les ahl wuld Khaddish, et il abandonne ce que fût la politique des émirs avant lui et ceci est le pays de l’amîr [wa taraka al-ladhi fihi siyâsa kull amîr qablahu wa hadhâ huwa balad al-amîr]. [5]»

Il est ainsi possible de décrire clairement ce qui constituait la responsabilité d’un émir pour wuld Khaddish et ses alliés. Ces responsabilités s’enracinaient dans un idéal de solidarité collective et de cohésion du groupe. L’amîr n’agit pas d’une manière qui est inacceptable aux autres membres de sa qabîla. Il ne « demande pas à sa qabîla ce qui est impossible pour elle. » Par-dessus tout, sa responsabilité s’adresse aux Ahl Aghrish, la lignée de chefferie, et aux dépendants de leurs principaux chefs, vivants ou morts, dont la liste est donnée dans la lettre.

Muhammad al-Rajil
a abdiqué ses responsabilités d’amîr lorsqu’il s’est retourné contre les chefs des Ahl Aghrish et a abandonné (taraka) ceux à qui il devait loyauté. Au lieu de redistribuer les coutumes — la guinée — parmi les Ahl Aghrish, ainsi qu’il en a l’obligation, il voudrait, au contraire, les utiliser pour les détruire. Loin de se tenir au milieu de son peuple, il pousse ses ennemis traditionnels du Trârza contre eux. Il s’agit là d’un péché capital, d’une traîtrise « du pays de l’amîr (balad al-amîr) » et de l’abrogation « de la politique [siyyâsa] de tous les émirs avant lui. »

En agissant ainsi, Muhammad al-Rajil ne devient pas un mauvais amîr mais il cesse plutôt d’en être un : « Si Muhammad al-Rajil était un amîr [law kâna amîr]… ». Bien que Muhammad al-Rajil continue de recevoir le salut du canon comme Roi des Braknas il n’est plus un amîr. D’autres sont à présent « les propriétaires en droit » [ahl] des coutumes. D’une certaine manière, l’amîr décrit dans cette lettre offre une ressemblance frappante avec le shaykh rencontré dans la discussion du concept de pouvoir émiral d’après Abdel Wedoud ould Cheikh (1985). Son pouvoir réside dans son lien avec la jamâ‘a [assemblée des hommes] et des chefs de lignée avec lesquels il développe une relation d’autorité fortement conditionnée par la notion de responsabilité.

La lettre suivante fut écrite en 1864, soit seize ans plus tard. Elle présente une conception de l’autorité de l’amîr assez éloignée des solidarités lignagères évoquées par wuld Khaddish. Elle est adressée par le chef des Brâkna, Muhammad al-Habib wuld al-Mukhtar au Gouverneur Faidherbe. L’année précédente, Muhammad al-Habib avait écarté son rival, le jeune Sidi A‘li wuld Ahmaddu que les Français reconnaissaient à présent comme Roi des Braknas. Manquant de soutien au sein de sa propre qabîla, Muhammad al-Habib se rapprocha des Awlâd Ahmad, par peur des nomades hassân de l’intérieur du désert. Il demandait au Gouverneur sa reconnaissance ainsi que des coutumes.

La lettre commença par un rappel des traditions de l’escale qui ont régulé le commerce entre ses ancêtres et les Français « depuis les temps les plus anciens » : « Je vous ai seulement demandé affection [qurâba] et amitié, et que ce qui existait dans les temps anciens continue à exister aujourd’hui. Sachant que la paix apporte la prospérité et que la guerre apporte la ruine… L’année passée, Dieu m’a placé sur la terre de mon père, de mon peuple et de mes ancêtres [wa inna huwa ja‘alahu allah wa ‘âm awal fî hadhihi al-ard al-latî kânat li abîhi wa ibnâ‘ ‘ammihi wa ajdâdihi]. Vous êtes très bien informé des choses, et rempli de perception et de discernement. Cherchez, alors, toute corruption [fasâd] qui aurait pu advenir dans ce pays depuis que moi et mes dépendants [‘iyyâl] sommes revenu et ce, jusqu’à ce jour. Et cherchez toute affaire qui aurait pu me discréditer [shayyana] à vos yeux.

Et si rien de tout cela n’apparaît, sachez alors que revenir à la vérité est mieux que persister dans l’erreur. Et vous reviendrez, de loin vers quelqu’un qui vous est proche, et de la guerre vers quelqu’un qui garde la paix [sâlima] pour vous et pour tous ceux qui sont proches de vous [ta'allaqa]. Ce qui m’est le plus cher est que vous soyez proche de moi comme je me tiens proche de vous, en laissant de côté les Awlâd ‘Abdallah [dûna awlâd ‘abdallah]. [6] »

Le style de cette lettre de Muhammad al-Habib diffère de la précédente. Elle a peu à voir avec le « pouvoir émiral ». L’affirmation de l’autorité qui est avancée est en fait déconnectée des solidarités lignagères ou du consensus de la jamâ‘a. La lettre écarte la qabîla en pressant Faidherbe de placer sa confiance en Muhammad al-Habib et ses dépendants «en laissant de côté les Awlâd ‘Abdallah», un terme générique qui inclut à la fois les Awlâd al-Siyyid et les Awlâd Naghmash.

Les demandes de Muhammad al-Habib s’inscrivent à différents niveaux. C’est allâh qui l’a « placé » dans sa position [politique] l’année précédente. Son autorité provient de sa noble conduite illustrée par le fait qu’il a supprimé la corruption [fasâd] dans son pays. La lettre demande à Faidherbe de considérer le comportement des chefs hassân et d’en tirer les conclusions nécessaires. Il en appelle au Gouverneur comme un homme d’expérience sur la question de chefferies, qui est « bien informé [khabîr] », et « rempli de perception et de discernement [sâhib firâsa wa tajriba]. ».

La différence entre les deux lettres citées précédemment suggère clairement une évolution du discours de la gibla sur la chefferie politique. La nostalgie de la lettre de wuld Khaddish en 1848 évoque une époque ancienne où les Ahl Aghrish agissaient comme un groupe uni sous l’autorité de leur amîr, un shaykh guerrier qui collectait la guinée au bénéfice de sa proche parenté et de ses dépendants. Dans les années 1860, cette époque était depuis longtemps révolue. Des jeunes chefs comme Muhammad al-Habib n’utilisaient que peu ces anciennes solidarités. Radicalement étranger à sa qabîla, il était un seigneur de guerre indépendant qui survivait grâce à son intelligence et en courtisant ceux qui pouvaient lui apporter de l’aide.

Il serait, bien évidemment, trop simpliste de lire ces textes comme des données transparentes sur les croyances et les valeurs des hassân. Ces lettres étaient écrites pour un besoin particulier, en l’occurrence, persuader les autorités françaises d’accorder leur reconnaissance au Roi des Brâkna, ou de les dissuader de le faire vis-à-vis d’un rival. Ce besoin de persuasion construit la présentation, l’organisation et la rhétorique de ces écrits.

De plus, ces lettres doivent être lues comme les produits d’une chaîne élaborée de médiations qui impliquaient non seulement les chefs hassân qui dictèrent ou qui élaborèrent leur contenu, mais également les écrivains zwâya [groupes religieux Bidân], Wolof ou Tukolor [Halpular'en] qui les rédigèrent, ainsi que les traducteurs Africains professionnels qui les traduisirent en français, et finalement les autorités de Saint-Louis qui les lirent et qui répondirent.

Dès le début, ces textes étaient destinés à passer au travers d’un processus de traduction et de révision qui n’était pas seulement linguistique mais également discursif dans un sens large. Ces textes ne cherchaient pas à articuler vraiment les conceptions de l’autorité de la gibla, du pouvoir politique ou de la légitimité des chefs, mais les interprétaient de manière à être en accord avec les conceptions de l’autorité, du pouvoir et de la légitimité adoptée par les autorités françaises — au moins d’après la compréhension des auteurs de la gibla.

Or, ces lettres représentent le témoignage d’un processus dynamique de communication interculturelle dans lequel les perceptions que les auteurs développent sur les valeurs des destinataires, leur informe sur la manière dont ils se représentent leurs propres valeurs. Il s’agit là de fabrications issues directement de la lingua franca.

A partir du milieu du XIXe siècle, les auteurs de la gibla anticipèrent de plus en plus les perceptions de leurs interlocuteurs de Saint-Louis, et construisirent leurs propres argumentations en ce sens. Cette compétence fut le fruit de la nécessité. À cette époque, les demandes françaises pour la sécurité du commerce se faisaient plus insistantes et les autorités commençaient à croire qu’une nouvelle affirmation des principes monarchiques de la légitimité dynastique et l’ordre de succession offrait le meilleur espoir de stabilité dans la région de la gibla. Les chefs hassân qui étaient en compétition pour la reconnaissance du titre du Roi durent répondre de manière convaincante aux préoccupations françaises. Les réarrangements du pouvoir conduisirent ainsi à des nouveaux ajustements du discours.

A suivre…/

Dr Raymond M. TaylorSaint Xavier University, Chicago (États-Unis) .Traduit de l’Anglais par Christophe de Beauvais .Publié dans : Colonisations et héritages actuels au Sahara et au Sahel, sous la direction de Mariella Villasante Cervello, Paris, L’Harmattan : 205-236.

Articles précédents : http://adrar-info.net/?p=24356 ; http://adrar-info.net/?p=24396; http://adrar-info.net/?p=24400;http://adrar-info.net/?p=24441; http://adrar-info.net/?p=24456


[1] Pour Cheikh, la présence de termes wolof dans la version arabe d’un traité de 1785 entre A‘li al-Kawri et un représentant d’une compagnie française implique que le traducteur était Wolof ou, en tout cas, influencé par la langue wolof (Cheikh 1985 : 668, note 75). En fait ces termes étaient trop courants dans les textes arabes de l‘époque pour que l’on puisse parler de simples erreurs de traduction. Ils se retrouvent couramment dans les lettres du XIXe siècle, et dans les documents issus de la gibla comme ceux qui étaient envoyés à Saint Louis.

C’est ainsi qu’en 1821, dans un traité entre le gouverneur Le Coupé et les Awlad Ahmad min Daman, on mentionne trois fois ‘Amar wuld al-Mukhtar, et à chaque fois en association avec un titre différent : amîr al-trârza, shaykh al-trârza, et ‘amar buur (ANS 9G-6, Traités, Maures Trarzas, 1810-1893, Traité du 7 Juin 1821). Or, ce n’est pas le traducteur qui était influencé par les Wolofs ou par leur langue, mais bien le lexique entier de l’autorité politique dans la gibla qui l’était.

[2] ANS 9G-4, 2, Ahmaddu wuld Sidi A‘li au Gouverneur, le 25 Avril 1818 ; ANS 9G-1, 6, ‘Amar wuld al-Mukhtar au Gouverneur, sans date, circa 1820-1822 ; ANS 9G-4:12, Ahmaddu wuld Sidi A‘li au Gouverneur, 1840 ; ANS 9G-1, 145, Chefs des Awlad Khlifa au Gouverneur, le 19 Février 1857 ; ANS 9G-4, 100, Sidi A‘li wuld Ahmaddu au Gouverneur, le 23 Janvier 1860.

[3] Cheikh a contesté mes hypothèses dans son article « Les fantômes de l’émir » (1997 : 56-74). Il est difficile de trancher dans un sens ou dans l’autre à cause d’une lamentable lacune dans les documents. Alors que les lettres de la gibla en arabe reçues à Saint-Louis étaient systématiquement préservées, les textes arabes issus de Saint-Louis ne l’étaient pas. Ainsi, quand nous possédons une telle lettre, c’est souvent parce que le destinataire de la gibla écrivait la réponse au dos de la lettre originale et la renvoyait à Saint-Louis.

[4] Commençant au Brâkna à la fin des années 1840, le gouvernement de Saint Louis se servit de la désunion dans les rangs des Awlad al-Siyyid pour réformer les pratiques commerciales à l’Escale du Coq. La réforme fixait le tonnage aux commerçants réguliers qui avaient payé la coutume. Les coutumes passaient à présent par le commandant d’escale qui les distribuait au tarjimân, le représentant officiel du Roi des Braknas après déduction des dettes. Les commandants des forts de Podor et de Dagana endossèrent la responsabilité du déboursement au fur et à mesure que le système des escales devenait plus décentralisé après 1858.

[5] ANS 9G-4, 27, 28, Bûbakar wuld Khaddish, Sîdi Ahmad wuld Muhammad, Bûbakar wuld Gayla‘ et Mhammad Khayy à Reverdit, sans date, circa Mai-Juin 1848.

[6] ANS 9G-4, 152, Muhammad al-Habib wuld al-Mukhtar à Faidherbe, le 21 Décembre 1864.



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