24-07-2014 01:45 - Culture : Les fonctions du langage

Culture : Les fonctions du langage

Cridem revient dans cette seconde partie du dossier culturel sur le langage (voir Cridem du 22/7/2014), les multiples fonctions de celui-ci et sur d’autres aspects de cet outil de communication.

La principale fonction de la langue est la fonction de communication. Il s’agit de l’échange d’information entre un ou plusieurs locuteurs (émetteurs) et un ou plusieurs interlocuteurs (récepteurs, destinataires). Cette communication peut être verticale, c’est le cas du maître qui inculque des valeurs à des apprenants ou du chef à des subalternes.

Elle peut être aussi horizontale. Dans ce cas, il y a livraison d’informations, échange. La fonction de communication peut être subdivisée en plusieurs fonctions, comme celui de mettre la langue au service du message transmis et de l’interlocuteur visé, qui est un procédé langagier courant dans les colonnes de presse. La fonction de communication peut être subdivisée en plusieurs fonctions.

- La fonction d’expression ou expressive : Le langage exprime, manifeste et extériorise l’intériorité de l’individu. Lorsqu’on parle, notre vie intérieure ne nous appartient plus, car on livre à autrui notre intériorité.

Hegel disait justement que le langage est une manifestation par laquelle l’individu ne s’appartient plus parce qu’il sort de lui-même pour livre à autrui son intimité. Mais le langage exprime aussi notre façon d’être et de parler et en dit long sur notre personnalité.

-La fonction magique ou créatrice : peut être perçue dans la pratique du sorcier qui, par ses incantations, arrive à agir sur le réel, la nature. Avec son abracadabra ou toute autre formule, le magicien produit l’effet souhaité. La dimension magique du langage trouve son expression la plus achevée dans le verbe divin. Dans les religions révélées, Dieu a créé le monde par le pouvoir du verbe en disant à la lumière « soit » et la lumière fût.

- La fonction thérapeutique : Le langage soigne, il peut permettre de guérir l’individu de ses peines et souffrances. Celui qui croule sous le poids du remords se soulage lorsqu’il se confesse. La psychanalyse guérit par la méthode du divan ; le « ndëpp » (exorcisme, cérémonie pleine de rituels pratiqué au Sénégal) guérit également.

Sur le plan social, le langage est nécessaire à la compréhension de l’autre et à l’existence d’une vie sociale faite d’entente et de compréhension mutuelle. Que dire de sa fonction poétique ou esthétique ? Elle accorde une importance particulière à l’aspect esthétique du message transmis. Elle utilise des procédés qui permettent de mettre le langage lui-même en valeur et cela dans des œuvres poétiques.

On constate que le langage a d’autres fins en plus de sa fonction essentielle qui est la communication. Si le langage rapproche, il peut aussi séparer. En effet, certains mots peuvent blesser, choquer, nuire à l’intégrité d’autrui, à l’image des injures ou des calomnies. Il peut être également source d’incompréhension, de quiproquo.

C’est parce que les mots peuvent avoir plusieurs sens et peuvent être diversement interprétés. En résumé, on retiendra que le langage peut, à la fois unir et séparer. C’est pourquoi Hölderlin disait : « Le langage est le bien le plus précieux et le plus dangereux que les dieux ont donné aux hommes ». C’est différentes fonctions du langage révèlent ainsi son pouvoir et son efficacité.

Le langage et la pensée. Dans la réalité environnante, les rapports entre la pensée et le langage sont d’habitude posés en termes d’antériorité de l’un par rapport à l’autre. Est-ce le langage qui précède la pensée ou c’est le contraire ? Logiquement, c’est la pensée qui précède le langage : nos paroles sont l’extériorisation, l’expression de la pensée, de nos idées.

Il nous arrive tous de chercher les mots pour exprimer une pensée déjà faite, déjà construite, mais cela ne veut dire que la pensée vient avant le langage, en effet dès qu’on pense, on parle, car on ne peut penser qu’avec les mots, « car nos pensées naissent toutes habillées » soutient Oscar Wilde.

De même pour Hegel qui estime que « c’est dans les mots que nous pensons», c’est dire que nous formulons nos idées avec des mots, la pensée serait même une sorte de langage intérieur, c’est « le dialogue silencieux de l’âme avec elle-même ».

Une rupture peut cependant s’établir entre la pensée et le langage, dans le lapsus et le délire, le langage est séparé de la pensée. Il arrive que ce que nous disons ne traduit pas fidèlement la pensée, c’est pourquoi on dit que souvent que le langage est infidèle à la pensée puisque incapable de traduire fidèlement nos pensées, nos sentiments, et émotions.

Le langage peut manquer royalement la réalité ou même la masquer. Il arrive que quand la personne soit incapable d’exprimer ses émotions, elle se tait tout bonnement entrant dans l’univers de l’ineffable, de ce qui ne peut être dit faute de mots adéquats.

C’est à titre que Ludwig Wittgenstein disait : « ce qu’on ne peut dire, il faut le taire ». Mais selon Hegel, il est faux de dire que le langage est inapte à traduire nos pensées, en l’en croire, une pensée qui ne trouve pas son mot n’est pas arrivée à maturité, elle est une pensée « à l’état fermentation » et trouvera forcément son mot lorsqu’elle sera mûre. Hegel critique l’ineffable ; car pour lui, tout peut se dire, car tout a un mot. Il affirme que c’est seulement dans le langage que la pensée peut se réaliser.

Dès lors on peut comprendre Boileau qui disait : « Ce qui se conçoit bien, s’annonce clairement et les mots pour le dire viennent aisément ». Si le langage a toujours intéressé la philosophie il doit être l’affaire de tous surtout des philosophes. Alain a dit : « celui qui n’a pas jamais réfléchi sur le langage n’a pas encore vraiment commencé à philosopher ».

Mais c’est chez le linguiste Ferdinand de Saussure où le langage nous apparait sous la forme de six facteurs déterminants : un émetteur (ou locuteur/destinateur) qui transmet un message à un récepteur (ou destinataire) dans un contexte, selon un code qui est commun à l’émetteur et au récepteur par le biais d’un canal (ou contact) qui établit et maintien la communication (la parole où l’écrit).

ADN



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