17-10-2015 15:10 - Bababé : quatrième édition du WELOOTY Festival en 72 heures [PhotoReportage]

Bababé : quatrième édition du WELOOTY Festival en 72 heures [PhotoReportage]

Oumar Ba - Welooti Music Association a présenté la quatrième édition du WELOOTY Festival dans la commune de Bababé ces Vendredi 9, Samedi 10 et Dimanche 11 Octobre 2015. On a noté la présence des autorités coutumières, religieuses et culturelles. Les artistes sont venus de Nouakchott, Maghama, Kaedi, Nouadhibou, Boghé et des villages environnants.

Les journalistes, les artistes, et même les professionnels de l’éducation étaient de la partie. Les amicales des élèves et étudiants de la ville et de Haeré Gollere ont assisté à la fête. Tout à commencé le Vendredi soir avec le récital de quelques versets du saint Coran par Ndaha.

L’ouverture officielle est suivie d’une conférence animée par le professeur chercheur et par ailleurs animateur à la radio Mauritanie, Dooro Gueye. Prenant la parole pour souhaiter la bienvenue aux spectateurs, le directeur du festival, Yero SOW, a rappelé les motifs de la rupture entre la 3e édition et la 4e et ses ambitions.

Il explique que la rupture est liée à un problème juridique ; le récépissé et la reconnaissance causent toujours un problème. Il a ajouté que si quelqu’un est hors du système de la politique du pouvoir en place, il va chercher des moyens de blocages financiers et juridiques ; après un dur combat on vient d’avoir un récépissé nous permettant d’organiser selon la nécessité les activités pareilles.

Devant la délégation américaine, à la tête Elizabeth, qui depuis la 1ere édition n’a cessé de soutenir les dites activités, Yero a soutenu que la première édition s’est tenue en 2010 et c’est une idée qui vient relever le défi de la vallée du fleuve, Il y a eu des initiatives que nous avons obtenu de nos parents mais nous avons des objectifs pour renaitre notre culture, notre société ; le festival a une dimension internationale même si l’Etat ne nous a pas soutenu.

Pour finir, nous remercions au fond du cœur l’ambassade américaine. Welooty festival est un terrain d’échange pour développer notre terroir avec l’appui de nos parents. Après avoir constaté qu’Il y’a l’absence de jeunes solidaires et de leaders capables de soutenir la population qui est oubliée et laissée à elle seule, nous avons senti la nécessité de changer la donne pour pouvoir léguer à nos enfants quelque chose.

A l’occasion du festival, l’ambassade des USA en Mauritanie a octroyé 500 teeshirts, 500 sacs, des livres d’anglais, d’arabe et de français aux élèves de Bababé , elle a promis de mettre en place une bibliothèque pour les élèves. L’amicale des élèves et étudiants de HAERE GOLERE dirigée par Oumar El Hadj a fait des pièces de théâtre et des chansons en Anglais et poular.

La première conférence est animée par Dooro Gueye qui a exposé le rôle de la culture dans la cohésion sociale. Auteur de plusieurs écrits, on peut en noter BOOBO lONDE, une flemme s’est éteinte. Il a rappelé que les peulhs sont les premiers à pratiquer la démocratie dans le monde, c’est avant la révolution française.

En revisitant l’histoire générale de l’humanité, les explications de Joseph Kizerbo, Iba Der Thiam et Amadou Moctar Mbow, on peut voir que notre société a été structurée par les grands marabouts ou les chefs de tradition qui ont élaboré des articles qui participent à la bonne gouvernance.

Il ajoute que ce qui nous bloque c’est le fait d’hériter des métiers des parents, toute personne est libre de choisir une profession si elle est aidée par ses parents. Il a exhorté également aux jeunes de faire la politique pour participer au développement local.

Maitre NGAYDE Bocar, avocat à la cour, a animé la deuxième conférence sur le rôle des élus locaux : député et maire et leur rapport avec la population. Quant à lui, les élus ne doivent pas rester bras croisés, être au service d’un parti politique, la population doit organiser en présence des élus des conférences, débats et des forums pour les aider à mieux travailler, pour servir et non se servir.

Le député ne doit pas être un spectateur, il doit pouvoir lire et écrire avec n’importe quelle langue. Il doit faire comme Lobath Fall, à l’Assemblée national au Sénégal, qui a parlé poular ; les habitants doivent l’imposer à agir avec un programme qui développe le département. Il martèle que Les politiques de Dahda à Aziz sont les même, la seule différence est que le premier est plus intelligent tendis que le dernier est plus violent.

Les maires sont dépendants des autorités administratives comme le préfet, ils sont plus proches de la population, dans les conditions normales ils doivent être comme des chefs de chantiers pour savoir ce qui va et ce qui ne va pas, leur budget d’investissement qui est collecté à partir de la population ne doit être un gâteau pour le partager à la fin de l’année.

Ils peuvent faire beaucoup de choses, leurs fonctions ne sont pas réservées à des signatures, ce n’est pas de la bureaucratie depuis les années 1986, personne ne sait ce que font les maires. A-t-il soutenu.

Maitre attire l’attention de la population en disant que dans l’armée nationale, tout document doit être en arabe selon constitution, il a peur qu’il ait des insurrections dans l’avenir. Par finir, il conseille aux jeunes d’apprendre, de travailler et de faire la politique.

Il a averti les jeunes, le français ne sert à rien car l’arabe domine partout, pour être greffiers, magistrats et avocats il faut obligatoirement maitriser l’arabe. Toutes les deux conférences sont organisées à la tribune.

A la fin de la conférence, Yero a remercié le chef de village en l’occurrence Ba Kassoum Aly car étant la seule autorité présente au festival et Abou Kouz qui a fait un déplacement uniquement pour apporter une contribution.

Etant conscient des dangers liés au système éducatif mauritanien, c’était une grande occasion offerte par Abou Kouz, le doctorant en sociologie de l’éducation à l’université Gaston Berger de Saint Louis au Sénégal.

Il a assuré la troisième et la dernière conférence à l’école 2 (école Isma) sur le système éducatif mauritanien : lecture des enjeux politiques et des déficits fonctionnels. Sous contrôle des professionnels du système, BALL Oumar Hamath, NDIAYE Saydou entre autres, Dia Ibrahima Abdoulaye a fait un schéma montrant les problèmes, les causes et les solutions de l’effondrement du système.

En plus des expositions des conférenciers les Hassim DIACKO de FPC et de Touche pas à ma nationalité, Djibril Zakaria SALL, premier directeur du FESMAN (Festival Mondial des Arts Nègres), NDAIYE Saydou, SALL Souleymane, BALL Oumar Hamath et BA Micka ont fait leurs témoignages, assisté et encouragé les organisateurs.

Les nuits des vendredi et samedi ont été réservées à une projection de film, à une soirée acoustique et à un concert de rap. Les grands rappeurs du hip hop mauritanien ont fait de très belles prestations. Les groupes de rap locaux, Thomas Sankara, SK, Force Tranquille, heavy load, Lass le producteur, Yonta Men, kara le directeur artistique du label carrefour buzz ont assuré le concert. Ils ont dit qu’ils ont tous été impressionnés du déroulement du festival, de l’accueil et du public venu répondre à cet appel.

Le festival a eu cette année un caractère humanitaire puisque le mot de passe était un cahier de 100 pages pour le concert. L’objectif était de réunir 1080 cahiers destinés aux familles qui en ont besoin pour la rentrée de 2015. A la fin du concert, ils ont eu 1100 cahiers distribués aux 3 écoles primaires de Bababé, à l’école de DIOUDE DIERTRY et DANDE MAYO et à l’école de FONDE; villages environnants.

A la fin des festivités, le directeur du Festival a honoré le chef du village, Ba Kassoum Aly, en lui ordonnant de boucler le festival. Monsieur Ba a rappelé l’importance de ces activités, réconforté le public et conseillé les jeunes d’être solidaires de travailler leurs terres. Il a formulé des prières et a donné rendez-vous l’année prochaine.

Oumar Ba



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Source : Oumar Ba
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