04-11-2015 08:29 - Relations Mauritanie-Sénégal : Que de brèches à colmater !

Relations Mauritanie-Sénégal : Que de brèches à colmater !

L'Authentique - La grande commission mixte mauritano-sénégalaise de coopération a achevé sa réunion le 23 octobre dernier sous la présidence du Premier ministre mauritanien Yahya Ould Hademine et de son homologue sénégalais Mohamed Ben Abdallah Dionne.

A la clé, la signature de plusieurs protocoles d’accord dans nombre de domaines. Mais les deux secteurs qui fâchent, les transports et la pêche, ont été soigneusement évités. Il s’agit pourtant de secteurs qui touchent directement en priorité les populations des deux pays.

Mauritaniens et sénégalais viennent de parapher, lors de la tenue de leur commission mixte la semaine dernière à Dakar, plusieurs accords dans des secteurs aussi variés que l’enseignement supérieur et la recherche scientifique, dans le domaine culturel, de l’énergie, des hydrocarbures, des énergies renouvelables, de l’agriculture, des mines, de l’artisanat, de la santé, de l’évaluation et de la qualité, mais l’essentiel n’était pas au rendez-vous.

Car, jusque-là, Dakar et Nouakchott restent déconnectés à cause du dossier du transport qui bute toujours sur l’intransigeance de la puissante fédération des transports du Sénégal, un véritable Etat dans l’Etat au Sénégal.

En effet, les transporteurs sénégalais sont à l’origine de la rupture de charge qui empêche depuis 2011 la fluidité du trafic des personnes et des marchandises entre les deux capitales, malgré plusieurs réunions entre les autorités mauritaniennes et sénégalaises.

Cette crise met en effet en berne la transnationale qui devait relier le Maroc au Sénégal via la Mauritanie et autour de laquelle les autorités des trois pays étaient mobilisées.

Le transport aérien n’avait pas échappé à ce clash qui assombrissait les liens entre Dakar et Nouakchott, du temps où Aziz et Wade rivalisaient pour des questions de leadership dans les instances sous régionales et régionales.

Ainsi, l’épineux dossier des transports que beaucoup espéraient voir décanter lors de cette récente visite du Premier Ministre Yahya Ould Hademine à Dakar, attendra d’autres opportunités, car il semble relever apparemment du domaine réservé des deux chefs d’Etat Mohamed Abdel Aziz et Macky Sall, eux qui n’ont pas pu le résorber lors de la visite officielle que le chef de l’Etat mauritanien avait effectué à Dakar.

Car, même l’ancien ministre des Affaires étrangères du Sénégal, Alioune Badara Cissé, lors de son séjour en 2014 à Nouakchott, n’avait pas pu relever un coin du voile pour une esquisse de solution à cet épineux problème.

Autre dossier sensible absent des accords qui vient d’être conclu, la pêche. En effet, les pêcheurs sénégalais de Guet NDar n’ont eu de cesse depuis des années de constituer une épine dorsale dans la bonne entente diplomatique entre la Mauritanie et le Sénégal.

Les clashs et les multiples démêlés entre pêcheurs sénégalais et gardes-côtes mauritaniens ont été souvent solutionnés à coups de prolongement des licences de pêche sans que des mesures pérennes ne soient prises.

Dernière mesure qui a frappé les opérateurs sénégalais de la pêche en Mauritanie, la nationalisation du métier de mareyeur et l’immatriculation obligatoire des pirogues exerçant dans le secteur de la pêche traditionnelle en Mauritanie.

Un autre dossier non moins important, pourtant absent des récents accords de coopération mauritano-sénégalaise, le séjour des Sénégalais en Mauritanie, qui restent soumis comme tous les étrangers à l’obtention de la carte de séjour.

Il s’agit de taxes annuelles qui pèsent lourdement sur le budget des familles sénégalaises installés en Mauritanie. Les rafles continus de Sénégalais et l’expulsion de 200 d’entre eux au Sénégal, avait poussé en 2014, Alioune Badara Cissé, alors chef de la diplomatie sénégalaise, à venir à Nouakchott.

Aux termes de trois jours de négociation avec les autorités, il était parvenu à obtenir l’ouverture d’un guichet unique pour faciliter à ses ressortissants l’obtention de cette carte devenue obligatoire. N’empêche, les rafles et la reconduite aux frontières des Sénégalais en situation irrégulière continue à empoisonner le climat de sérénité entre les deux pays.

Reléguant ces problèmes cruciaux à l’ornière de leurs priorités, Sénégalais et Mauritaniens semblent axer leur préoccupation, vers l’énergie, avec l’alimentation du Sénégal à partir de l’électricité à base de gaz ou encore, ce pont de Rosso dont l’importance a été de nouveau évoquée par le premier ministre Yahya Ould Hademine.

Il faut toutefois souligner qu’ils sont nombreux les commentateurs qui ont parié que les accords de coopération qui viennent d’être signés entre Dakar et Nouakchott, à l’issue de la réunion de la 12ème grande commission mixte mauritano-sénégalaise qui s’est achevée le 23 octobre dernier dans la capitale sénégalaise, ont de fortes chances de finir leur course dans la poubelle.

L’exemple du Pont de Rosso, évoqué depuis l’époque de Diouf et de Taya, resté jusque-là comme un vœu pieux malgré des avancées sur le plan technique et financier et des déclarations intempestives, en constituerait un exemple patent.

JOB



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Commentaires (3)

  • a.bennan (H) 05/11/2015 14:09 X

    Apparemment c' au Senegal de faire "patte blanche".L'adage dit"ne montre pas le ciel a celui qui ne veut pas le voir".

  • sammbasy (H) 04/11/2015 12:53 X

    M. JOB, si je comprends bien, pour vous, c'est le Sénégal qui est obstacle à la résolution des problèmes évoqués ?!!?

  • Symaodo (H) 04/11/2015 09:31 X

    CE fameux pont de Rosso ne verra jamais le jour.le service du bac engrange minimum 1 milliards par an et il est géré par le frère de tekber.