20-06-2018 19:30 - Journée Mondiale du Réfugié : Déclaration du FONADH

Journée Mondiale du Réfugié : Déclaration du FONADH

FONADH - Comme chaque année, les militants et responsables des organisations membres du FONADH célèbrent la Journée Mondiale du Réfugié, le 20 juin. Et, c’est une occasion pour nous, de manifester notre solidarité agissante à tous les réfugiés, à travers le monde.

Cette solidarité s’adresse à tous les fils d’Afrique et d’ailleurs vivant parmi nous, notamment les réfugiés maliens et syriens, qui connaissent des conditions difficiles sur le sol mauritanien. Personne parmi nous n’a manqué d’avoir, ne serait-ce qu’un sentiment de compassion, en voyant ces personnes dans la rue à la recherche d’une pitance. D’autres encore nous côtoient journellement, dans la plus grande indifférence…

Chaque année, le 20 juin est aussi pour nous l’occasion de rappeler à l’opinion publique nationale et internationale, le sort non enviable de milliers de citoyens mauritaniens déportés vers le Sénégal et le Mali à l’occasion des douloureux évènements de 1989. Plus de vingt mille personnes souffrent encore aujourd’hui l’exil forcé d’une trentaine d’années, au Sénégal et au Mali.

Leurs compagnons d’infortune, rapatriées dans le cadre du Programme Spécial Insertion Rapide (PSIR) de 1996 à 1998 (environ 35 000 personnes) et ceux qui s’étaient auto – rapatriés (environ 15 000 personnes) ont un sort encore moins enviable. En effet, non seulement ils n’ont bénéficié presque pas d’assistance, mais souffrent pour beaucoup d’entre eux de non accès aux pièces d’état civil. Même les rapatriés dans le cadre de l’Accord tripartite (24 536 personnes) restent insatisfaits des actions, jugées insuffisantes, en leur faveur, pour leur installation et leur insertion économique et social.

En effet, tous ces anciens réfugiés sont quasiment abandonnés à leur triste sort. La plupart d’entre eux ne possèdent pas de papier d’état civil ; leurs enfants ont encore des difficultés pour s’intégrer harmonieusement dans le système éducatif national. Le non emploi est le sort réservé aux jeunes dans ces localités de retour qui ressemblent à de vrais camps de réfugiés (…).

La déportation des citoyens mauritaniens vers le Sénégal et le Mali constitue une des violations les plus graves des droits humains du siècle dernier. Dès lors, il convient de lui trouver des solutions sérieuses, durables et consensuelles. En effet, comme pour les victimes des exécutions extra - judiciaires (passif humanitaire), les solutions apportées sont jusqu’à ce jour incomplètes et partiales. Non seulement tous les réfugiés ne sont pas rapatriés, mais encore les activités d’insertion durable sont nettement en – deçà des seuils minima de réparation. On a la pénible impression de solutions superficielles, pour tromper la vigilance de l’opinion publique.

C’est pourquoi le FONADH, à l’occasion de cette journée commémorative,

• s’incline pieusement devant la mémoire des disparus, victimes d’une véritable déportation par les autorités mauritaniennes ;

• dénonce le manque d’actions en faveur des rapatriés depuis la création de l’Agence TADAMOUN, en dépit de l’inscription de celles-là parmi les missions de cette agence ;

• exige le rapatriement du reste de réfugiés encore au Sénégal et au Mali ;

• exige que tous les rapatriés recouvrent entièrement leurs droits, en particulier celui des terres de culture et une réparation juste et conséquente ;

• exige la mise en œuvre d’un programme d’insertion durable, en faveur de tous les rapatriés, pour leur insertion harmonieuse dans le tissu social de notre pays ;

• exige la reconstitution de carrière des fonctionnaires et agents de l’Etat victimes des évènements 1989.

Fait à Nouakchott, le 20 juin 2018

Les signataires :

Association Mauritanienne des Droits de l’Homme (AMDH),

Collectif des Anciens Fonctionnaires de la Police Victimes des Evénements de 1989

Collectif des Rescapés, Amnistiés, Détenus Politiques Civils Torturés(CRADPOCIT)

Collectif des Veuves,

Comité de Solidarité avec les Victimes des Violations des Droits Humains en Mauritanie (CSVVDHM),

Groupes d’Etudes et de Recherches sur le Démocratie et le Développement Economique et Social (GERRDES),

Ligue Africaine des Droits de l’Homme (Section Mauritanie),

Regroupement des Victimes des Evénements de 1989- 1991 (REVE),

SOS – Esclaves,

Association de la Femme Citoyenne Engagée (AFCF)

Association des Femmes Chefs de familles (AFCF),

Association Mauritanienne pour la Promotion de la Langue et de la Culture SOONINKE (AMPLCS),

Association pour la Renaissance du Pulaar en RIM (ARPRIM),

Association pour le Renforcement de la Démocratie et de l’Education Citoyenne (ARDEC),

Association pour le Développement Intègre de L’Enfant (APDE),

Association pour la Promotion de la Langue Wolof en RIM (APROLAWORIM),

Association d’Appui au Développement à la Base (SALNDOU),

Ligue Mauritanienne des Droits de l’homme (LMDH),

Union Nationale des Rapatriés Mauritaniens du Sénégal (UNRMS)





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Source : FONADH
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