30-06-2018 20:16 - Mauritanie. Pression mondiale en faveur de la libération de deux militants antiesclavagistes à l’approche du sommet de l’UA

Mauritanie. Pression mondiale en faveur de la libération de deux militants antiesclavagistes à l’approche du sommet de l’UA

Amnesty France - Pression mondiale en faveur de la libération de deux militants antiesclavagistes à l’approche du sommet de l’Union africaine.

Moussa Biram et Abdallahi Matallah sont maintenus en détention arbitraire depuis deux ans et ont été soumis à des actes de torture

● Le sommet des chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine se tient les 1eret 2 juillet à Nouakchott

● L’Assemblée de l’Union africaine ne doit pas ignorer le bilan déplorable de la Mauritanie en matière de droits humains

Le président Mohamed Ould Abdel Aziz doit libérer sans condition deux militants antiesclavagistes détenus uniquement pour avoir exercé leur droit à la liberté d’expression et pour avoir dénoncé l’injustice, a déclaré Amnesty International le 29 juin 2018.

La Mauritanie accueille la 31e Session Ordinaire de la Conférence des Chefs d’État et de Gouvernement de l’Union Africaine le 1er juillet à Nouakchott. Amnesty International a réuni plus de 64 000 signatures dans le monde entier pour la pétition demandant la libération immédiate et sans condition de Moussa Biram et d’Abdallahi Matallah Saleck, qui sont en détention depuis deux ans et ont été victimes d’actes de torture. Les pétitions sont remises aux ambassades de la Mauritanie dans le monde entier par des militants et des sympathisants d’Amnesty International.

« Moussa Biram et Abdallahi Matallah Saleck n’auraient jamais dû être placés en détention, et pourtant, ils ont maintenant passé deux ans derrière les barreaux simplement pour avoir défendu pacifiquement les droits de toutes les personnes victimes d’esclavage et de discrimination en Mauritanie », a déclaré Netsanet Belay, directeur de la recherche et du plaidoyer pour l’Afrique à Amnesty International.

« Les autorités mauritaniennes doivent mettre fin à la répression persistante des militants antiesclavagistes et libérer ces hommes. Parallèlement, l’Union africaine et les autres dirigeants participant au sommet des chefs d’État ne doivent pas garder le silence face à ces violations des droits humains. »

Moussa Biram et Abdallahi Matallah Saleck ont été arrêtés le 29 juin 2016 à Nouakchott, après une manifestation contre une expulsion forcée qui devait avoir lieu. Ils n’avaient pourtant pas organisé cet événement et n’y avaient pas participé.

Détenus dans un lieu tenu secret, les deux hommes ont été torturés pendant les premiers jours de leur détention. Le 23 novembre 2016, ils ont été condamnés à trois ans d’emprisonnement, dont un an avec sursis, pour incitation à des émeutes et à la rébellion violente contre le gouvernement.

Pendant leur procès, aucun élément de preuve des infractions dont ils étaient accusés n’a été produit. Amnesty International pense qu’ils sont pris pour cible, réduits au silence et punis en raison de leur militantisme antiesclavagiste.

En décembre 2016, après leur procès, Moussa Biram et Abdallahi Matallah Saleck ont été transférés vers une prison éloignée, à 1 200 kilomètres de la capitale, où sont souvent détenues des personnes condamnées à mort et où leurs avocats et leurs proches ne peuvent pas leur rendre visite.

Le cas de ces deux militants antiesclavagistes n’est pas isolé : les autorités mauritaniennes continuent de nier l’existence d’esclavage et de discrimination et répriment les défenseurs des droits humains qui contestent ce discours officiel.

Depuis 2014, Amnesty International a recueilli des informations faisant état de plus de 168 défenseurs des droits humains arrêtés arbitrairement, dont 17 au moins ont subi des actes de torture et d’autres formes de mauvais traitements.

L’organisation a également fait part de ses inquiétudes quant à la récente loi prévoyant l’imposition obligatoire de la peine de mort pour les infractions liées à l’apostasie et quant au maintien en détention du blogueur Mohamed Cheikh Ould Mkhaïtir.

Mohamed Cheikh Ould Mkhaïtir avait été déclaré coupable d’apostasie et condamné à mort en décembre 2014, avant qu’une cour d’appel ne réduise sa peine à deux ans de prison. Bien qu’il ait purgé sa peine, les autorités ne l’ont toujours pas libéré.

« Lors du sommet à Nouakchott, l’Assemblée de l’Union africaine ne doit pas garder le silence face aux violations des droits humains et aux violences en Mauritanie. Les chefs d’État et de gouvernement participant à ce sommet doivent profiter de leur présence dans le pays pour demander aux autorités mauritaniennes de mettre fin à la détention arbitraire de tous les militants antiesclavagistes et du blogueur Mohamed Cheikh Ould Mkhaïtir », a déclaré Netsanet Belay.





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Source : Amnesty France
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