18-08-2018 07:30 - Ould Abdel Aziz et le Pouvoir « Après moi, le déluge »

Ould Abdel Aziz et le Pouvoir « Après moi, le déluge »

L'Authentique - Le président Ould Abdel Aziz, va-t-il céder son fauteuil au terme de son second mandat ? Ou plutôt, est-il capable de se concevoir hors du Pouvoir, lui qui considère celui-ci comme une « propriété personnelle » depuis qu’il l’a « arraché » des mains de Ould Taya ?

Le flou que cultive l’homme autour de ces questions et la perception profonde qu’il a des Mauritaniens, ne sont certainement pas de nature à clarifier la situation. Au contraire…

Certes l’homme a prêté serment jurant qu’il respectera la constitution du pays qui limite les mandats présidentiels à deux. Certes il a maintes fois affirmé qu’il ne se représenterait pas au terme de son second mandat. Certes il s’est engagé à soutenir un candidat lors de la prochaine présidentielle… Les faits sont têtus.

Pour tous les observateurs, l’homme reste profondément imbu de sa personne et demeure persuadé que même s’il constitue « un mal » pour certain, pour la collectivité, il est indispensable.

Un président qui s’en va dans quelques mois, n’organise pas des voyages à l’intérieur du pays pour parfaire sa popularité. Un président qui décide de quitter le pouvoir ne crée pas des animosités et surtout, pacifie la scène socio-politique. Un président qui s’en va, arrête de « régler ses comptes » avec ses adversaires et prépare la transition avec tact, grandeur et élégance.

Les relations tendues avec les formations politiques de l’opposition et son refus d’ouvrir un nouveau dialogue inclusif menant vers des élections réellement consensuelles, l’arrestation de journalistes et du président de IRA Biram Ould Abeid, les relations exécrables qu’il entretient avec les militants des droits de l’homme notamment autour de la question de l’esclavage et du passif humanitaire sont autant d’actes qui prouvent que l’homme continue d’apposer son empreinte à ce pays.

En vérité, tout porte à croire que Ould Abdel Aziz ne compte pas se dessaisir entièrement du Pouvoir. Et si d’aventure il serait inspiré par le président Joseph Kabila, son homologue du Congo Kinshasa qui vient d’annoncer son retrait après avoir cultivé le flou autour de lui, deux ans durant, Ould Abdel Aziz lui, ne semble pas être homme à quitter le devant de la scène.

Dans son fantasme des conjectures ou dans la quasi-réalité de ses intentions, son ombre serait encore là même après 2019, son influence aussi. De quelle manière ?

Les observateurs sont nombreux qui sont sceptiques et qui sont persuadés qu’il ne quittera jamais ce pouvoir, même pas d’un pas. Ne laisse-t-il pas prospérer des messages subliminaux destinés à préparer les Mauritaniens à le tolérer davantage ? Les fondements de ce troisième mandat, Ould Abdel Aziz pourrait les inscrire, au plan national, dans les grands chantiers qu’il compte engager.

Cela permettrait de préparer un bilan dans lequel il va puiser ses arguments résumés dans cette technique déjà éprouvée ailleurs sur le Continent qui consiste à dire : « pour parachever mes projets, il me faut plus de temps donc un troisième mandat ».

Au plan international, sa stratégie semble avoir réussi : l’homme est parvenu, par des techniques diverses, à se constituer en acteur privilégié, dans la lutte contre le terrorisme et les trafics dans la sous-région sahélienne et le grand Sahara.

N’est-ce pas à ce titre que le président français, Emmanuel Macron, de passage à Nouakchott lors du dernier sommet de l’Union africaine, l’avait gratifié du qualificatif de « personnage essentiel » dans le dispositif sous régional de lutte contre le terrorisme ? N’est-ce pas pour cela que ses proches continuent à se lancer, impunément, dans une campagne pour son troisième mandat ?

Alors, les Mauritaniens devraient bel et bien se résigner-se réjouir- dans ce qui les attend à terme : un pouvoir central aux mains de l’homme, directement ou indirectement.

Sans lui, le pays disparaitrait. Ould Abdel Aziz en est convaincu ; ses soutiens aussi… « Après lui, le déluge » !

Amar Oul Béjà



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