12-10-2018 17:33 - Esclavage en Mauritanie : derrière la guerre des chiffres entre l’IRA et Amnesty

Esclavage en Mauritanie : derrière la guerre des chiffres entre l’IRA et Amnesty

Les Mauritanies - Alors que l’IRA indique que 20 % de la population mauritanienne est touchée par le phénomène de l’esclavage, Amnesty brandit un taux de 1 %, soit un nombre estimé à 43000 individus, composé essentiellement de harratines. Qui a raison entre les deux mouvements de défenses des droits humains ?

Ce qui est sûr, c’est que cette pratique existe bel et bien en Mauritanie à l’aube du 21ème siècle. La communauté internationale est à l’affût. Beaucoup d’activistes de l’IRA dénoncent souvent le mutisme de certaines ONG et la complicité des Etats africains, qui, clament-ils, restent muets comme une carpe face à cette pratique, encore en vigueur dans certains coins et recoins du pays.

Aboli officiellement depuis 1981, criminalisé en 2007 puis renforcé par une loi en 2015, considérant cette pratique comme un crime contre l’humanité avec une peine de 20 ans, l’esclavage n’a pas pour autant disparu. Les autorités essayent tant bien que mal de contenir ce fléau.

Dans ce sen, une Journée nationale de lutte contre l’esclavage a été instituée, le 6 mars de chaque année pour contribuer à éradiquer ce phénomène. En attendant, la lutte contre l’esclavage avance à pas de tortue. Ainsi , en 2016 , sur 47 dossiers déposés pour des affaires d’esclavages devant la justice , seulement 2 personnes ont été condamnés , soit un taux de 4%.

Que de la poudre aux yeux ?

Les autorités mauritaniennes veulent, en plus de leur volonté à éradiquer l’esclavage, convaincre la communauté internationale qu’il n’y pas de discrimination contre les noirs du pays. Et que des efforts sont en train d’être faits. Hélas, les chiffres parlent d’eux même. Plus de 96% des postes ministériels sont occupés par une seule Communauté.

Des 19 banques commerciales autorisées, aucune n’appartient à un negro-africain. Un des leaders de cette communauté, Sarr Ibrahima, président de l’AJDMR et ancien prisonnier politique du bagne de Oualata, a décliné récemment qu’à ce rythme il n’y aura plus de negro-africain dans l’administration d’ici cinq ans.

Le rapport élaboré par les Nations Unis sur les droits de l’homme et l’extrême pauvreté, montre que la communauté noire continue d’être marginalisée dans les sphères de décisions et de l’armée. Selon le document, la communauté noire de Mauritanie ne représente que 10 % des officiers de l’armée nationale (7% harratines et 3% Afro-Mauritaniens) alors que les « beydanes » constituent les 90%.

En se basant sur les statistiques de 2014, « seuls 5 des 95 sièges à l’Assemblée Nationale étaient occupés par des Harratines et un seul sénateur sur 56 appartenait à ce groupe. De plus, 2 des 13 gouverneurs régionaux et 3 des 54 préfets départementaux sont Harratines ».

Des chiffres alarmants qui vont forcément faire croire que les noirs, notamment les harratines, ne sont pas bien intégrés dans la société mauritanienne, qui pourtant se glorifie de sa diversité.

Vrai ou faux, en tout cas une assise nationale s’impose pour faire le point sur cette situation, qui ternit l’image du pays …

Ibrahima Junior Dia



Les articles, commentaires et propos sont la propriété de leur(s) auteur(s) et n'engagent que leur avis, opinion et responsabilité


Commentaires : 2
Lus : 1695

Postez un commentaire

Charte des commentaires

A lire avant de commenter! Quelques dispositions pour rendre les débats passionnants sur Cridem :

Commentez pour enrichir : Le but des commentaires est d'instaurer des échanges enrichissants à partir des articles publiés sur Cridem.

Respectez vos interlocuteurs : Pour assurer des débats de qualité, un maître-mot: le respect des participants. Donnez à chacun le droit d'être en désaccord avec vous. Appuyez vos réponses sur des faits et des arguments, non sur des invectives.

Contenus illicites : Le contenu des commentaires ne doit pas contrevenir aux lois et réglementations en vigueur. Sont notamment illicites les propos racistes ou antisémites, diffamatoires ou injurieux, divulguant des informations relatives à la vie privée d'une personne, utilisant des oeuvres protégées par les droits d'auteur (textes, photos, vidéos...).

Cridem se réserve le droit de ne pas valider tout commentaire susceptible de contrevenir à la loi, ainsi que tout commentaire hors-sujet, promotionnel ou grossier. Merci pour votre participation à Cridem!

Les commentaires et propos sont la propriété de leur(s) auteur(s) et n'engagent que leur avis, opinion et responsabilité.

Identification

Pour poster un commentaire il faut être membre .

Si vous avez déjà un accès membre .
Veuillez vous identifier sur la page d'accueil en haut à droite dans la partie IDENTIFICATION ou bien Cliquez ICI .

Vous n'êtes pas membre . Vous pouvez vous enregistrer gratuitement en Cliquant ICI .

En étant membre vous accèderez à TOUS les espaces de CRIDEM sans aucune restriction .

Commentaires (2)

  • Bertrand (H) 12/10/2018 20:58 X

    Il faut noter ausdi que la quasi majorite des noirs afticains de Mauritanie se sentent plus senegalais que mauritaniens et nacceptent oas dinvestir un sou en Mauritanie. Ils ecportent tous leurs actufs au Sénégal. par ailleurs dans un vol dessein de la France qui a colonisé l'Afrique et qui veut maintenir son troupeau dans l'enclo les negri africain par défiance refusent d'apprendre l'arabe langue nationale et certains vont même jusqu'à remettre en cause le Saint Quran parce qu'il a été révélé en Arabe. Quand à l'esclavage il existe dans ka mesure ou keq peuples du tiers monde sont esclaveà des puissances coloniales et des usa. Mais c'est un esclavage béni par les ongs de pacotilles qui nous tympanisent avec leurs mensonges. C'est leur gagne pain me diriez vous

  • Le Doker (H) 12/10/2018 18:49 X

    Ils n’ont rien à faire avec l’image du pays, ils n’ont à ciré avec une Mauritanie unie ou diviser, ils ne cherchent que leur intérêts personnels à commencer par la recherche de l’argent par tous les moyens, ils veulent tout occupés quitte à faire venir des Touaregs, des Sahraouis, des palestiniens et autres nationalités arabes, pour combler le manque dans l’administration et l’état que de donner la chance aux harratins ou des négros mauritaniens, la chance de devenir quelques choses, les noirs n’aiment pas la vie et le leur donne cette chance d’aller sans eux, mais en finalité ils se trahissent de cette domination. Voilà ce qui est du racisme que combattent les ONGs comme IRA et SOS esclave, mais aussi beaucoup d’autres mauritaniens épris de paix et de justice. (***) ils vont mourir et n’amèneront rien, pas plus que 7m de tissus donnés par une mosquée, ils doivent savoir que la richesse et l’occupation sans compétence ne règle rien, ils sont racistes, ils sont chauvins, ils n’aiment pas les noirs et ils le montrent, mais le jour où cela fera mal, les étrangers favoriser sur les nationaux iront chez eux et nous laisserons seuls. Il faut accepter que les mauritaniens sont des racistes et des monstres contre les autres mauritaniens.