05-01-2026 17:16 - Dialogue national : des députés de l’opposition rejettent la démarche actuelle

Dialogue national : des députés de l’opposition rejettent la démarche actuelle

SHEMS MAARIF - Des députés de l’opposition ont exprimé leurs réserves quant à l’initiative annoncée par la Présidence de la République en vue de la tenue d’une réunion au Palais présidentiel, présentée comme une étape préparatoire au dialogue national. Dans une déclaration rendue publique, ils ont tenu à clarifier leur position à l’opinion publique nationale.

Les signataires indiquent que l’invitation adressée à une quarantaine de personnalités, dont vingt issues de l’opposition, ne constitue pas, dans sa forme actuelle et dans son contexte, un élément nouveau susceptible de modifier leur position antérieure sur le processus de dialogue.

Selon eux, la démarche manque de sérieux et ne réunit pas les conditions indispensables à un dialogue crédible, tant sur le plan méthodologique que sur celui des objectifs et de l’approche globale.

Les députés estiment que cette initiative fait abstraction de la gravité de la crise que traverse le pays, en évitant de s’attaquer aux causes profondes des difficultés vécues par les Mauritaniens, notamment la corruption et la mauvaise gouvernance. Ils dénoncent également l’absence de prise en compte de la situation des institutions de l’État et du blocage politique persistant.

La déclaration critique par ailleurs ce qu’elle qualifie de tentative du pouvoir de diviser l’opposition à travers des classifications jugées artificielles, telles qu’une opposition « parlementaire » et une autre aux « contours flous ».

Face à cette situation, les signataires affirment que la Mauritanie n’a pas besoin d’un dialogue formel ou sélectif, mais d’un véritable dialogue national assorti de garanties réelles, capable de mettre fin aux régimes d’exception, à la confiscation de l’espace politique et à la marginalisation de la volonté populaire.

Ils appellent également l’opposition à renforcer son unité, à harmoniser ses positions et à se recentrer sur les priorités du peuple mauritanien, notamment la lutte contre la corruption, l’instauration de la justice et la restauration de la confiance dans l’action politique.

Enfin, les députés réitèrent leur appel à l’ensemble des forces de l’opposition afin de mettre en place, sans délai, un cadre unificateur mettant un terme aux tentatives de division et jetant les bases d’une opposition responsable, en mesure de proposer une alternative nationale crédible.

La déclaration est signée par les députés Khally Mamadou Diallo, Mohamed Lemine Sidi Maouloud, Yahya Loud et Mohamed Bouya.





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Commentaires (3)

  • Hartaniya Firilile (H) 05/01/2026 18:55 X

    Messieurs de l'opposition, je considère que vous commettez une erreur en ne participant pas à l'ouverture et en ne constatant pas personnellement, documents à l'appui, la nature du dialogue proposé par le Président Ghazouani et les thèmes qui y seront débattus. Il me semble que vous devriez reconnaître sa légitimité en tant que Président de la République. Votre présence, même sans participation active, démontrerait aux autres responsables politiques que vous n'êtes pas opposés au principe du dialogue, mais que vous questionnez plutôt sa forme et ses objectifs.

  • Hartaniya Firilile (H) 05/01/2026 18:55 X

    L'opposition ne devrait pas boycotter mais plutôt s'abstenir de participer à une réforme constitutionnelle. Il est important d'écouter le président, même sans adhérer à ses propos, car un boycott ne ferait qu'affaiblir votre position et vous priverait des informations circulant en coulisses. Votre responsabilité est de ne pas cautionner involontairement les projets d'autrui. Si l'on considère le cas d'Aziz, autrefois entouré par l'UPR mais aujourd'hui abandonné et isolé, on peut supposer que cette même formation politique, devenue INSAF, accordera davantage de soutien à Ghazouani qu'à Aziz qui, malgré ses mérites, a été confronté à leur opposition jusqu'à son incarcération, pour être ensuite oublié dès son entrée en prison.

  • Hartaniya Firilile (H) 05/01/2026 18:55 X

    À mon avis, le président Ghazouani a proposé l'initiative de dialogue sans en définir clairement les objectifs ni les sujets à aborder. Aujourd'hui, la priorité devrait être de traiter deux problématiques majeures : la corruption systémique qui détourne les fonds publics via des documents falsifiés et le trafic de stupéfiants qui affecte le pays. Toute tentative de modification constitutionnelle visant à permettre un troisième mandat serait contraire à l'article 29, sauf si le serment présidentiel a été prêté sur un ouvrage autre que le Coran.