06-01-2026 18:11 - Dynamique Maroc–Mauritanie–USA autour du Sahara marocain
APANEWS -
Les échanges tripartites entre le Maroc, la Mauritanie et les États-Unis autour des dossiers régionaux, dont le Sahara marocain, ravivent les tensions à Alger, qui redoute un réalignement diplomatique de Nouakchott en faveur de l’initiative marocaine d’autonomie.
Une réunion de haut niveau entre responsables mauritaniens, marocains et américains a suscité une vive attention régionale, alors que l’Algérie multiplie les signaux d’inquiétude face à une dynamique diplomatique perçue comme favorable au Maroc.
Le 26 décembre, le ministre mauritanien des Affaires étrangères, Mohamed Salem Merzoug, a annoncé sur X avoir rencontré l’ambassadeur du Maroc à Nouakchott, Hamid Chabar, ainsi que Corina R. Sanders, chargée d’affaires de l’ambassade des États-Unis. Selon le chef de la diplomatie mauritanienne, les échanges ont porté sur « des questions d’intérêt commun ».
Cette séquence intervient dans un contexte international marqué par la consolidation du soutien à l’initiative marocaine d’autonomie comme solution politique réaliste au différend régional autour du Sahara marocain. Adoptée le 31 octobre dernier, la résolution 2797 du Conseil de sécurité des Nations unies a consacré cette approche, en appelant à une solution politique pragmatique et durable sous l’égide de l’ONU.
Les discussions tripartites ont été interprétées par plusieurs observateurs comme un signal d’approfondissement du dialogue stratégique entre Rabat, Nouakchott et Washington. Elles ont, en parallèle, provoqué des réactions critiques de cercles proches du Polisario et de médias alignés sur la position algérienne, qui y voient l’hypothèse d’un infléchissement de la neutralité mauritanienne vers une reconnaissance accrue de l’initiative d’autonomie, déjà soutenue par plus de 120 pays.
Alliés de longue date du Maroc, les États-Unis réaffirment régulièrement leur appui au plan d’autonomie, qu’ils considèrent comme la seule voie crédible pour clore le différend. Washington, contributeur central à la rédaction des résolutions onusiennes sur le Sahara, avait déjà reconnu en 2020 la souveraineté du Maroc sur ses provinces du Sud.
À la suite de l’adoption de la résolution 2797, le conseiller principal américain Massad Boulos a rappelé que cette initiative constitue « l’unique base » d’un règlement politique durable.
Face à cette dynamique, l’Algérie persiste dans une posture de déni, rejetant l’évolution du consensus international et continuant de promouvoir un référendum jugé irréaliste par une large majorité d’acteurs. Alger refuse par ailleurs de participer aux tables rondes onusiennes, malgré les termes explicites des résolutions récentes la désignant comme partie au différend.
Le 30 décembre, le président algérien Abdelmadjid Tebboune a toutefois assuré que son pays entretenait d’« excellentes relations » avec la Mauritanie, affirmant que l’Algérie ne s’ingérait pas dans les affaires intérieures de ses voisins.
Des déclarations perçues comme une tentative d’apaisement, alors que le Maroc, la Mauritanie et les États-Unis renforcent leur concertation régionale autour de la stabilité, de la coopération et du règlement politique du Sahara marocain.
MK/AK/APA
