08-01-2026 20:59 - L’AES condamne un « acte d’agression » des États-Unis au Venezuela
JEUNE AFRIQUE -
L’Alliance des États du Sahel a dénoncé jeudi 8 janvier une « ingérence inacceptable » et un « acte d’agression » des États-Unis au Venezuela après la capture de Nicolás Maduro. L’AES entretient d’excellentes relations diplomatiques avec Caracas.
L’Alliance des États du Sahel (AES) « condamne fermement cet acte grave et contraire au droit international, notamment aux principes fondamentaux consacrés par la Charte des Nations unies », a réagi l’organisation dans un communiqué signé par le capitaine Ibrahim Traoré, chef de la junte burkinabè et président en exercice de la confédération.
En mai 2025, ce dernier avait rencontré Nicolás Maduro à Moscou en marge de la célébration du 80e anniversaire de la victoire des Russes sur le nazisme. « Nous admirons la lutte que le Burkina Faso mène pour la liberté, l’indépendance et la justice », avait déclaré lors de cette rencontre Nicolás Maduro, cité par la télévision d’État burkinabè.
Les trois pays de la confédération de l’AES sont dirigés par des juntes militaires qui défendent une politique souverainiste et anti-impérialiste. Elles ont tourné le dos à l’Occident, particulièrement à la France, pour se rapprocher notamment de la Russie et d’autres partenaires du Sud global. L’alliance entretient ainsi d’excellentes relations avec le régime vénézuélien, dont le président Nicolás Maduro et son épouse ont été capturés par l’armée américaine la semaine dernière.
« Une ingérence inacceptable »
« L’AES rappelle que l’emploi de la force armée par un État contre la souveraineté, l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique d’un autre État est une ingérence inacceptable dans les affaires intérieures d’un État souverain et constitue un acte d’agression », a ajouté jeudi l’alliance, exprimant « sa solidarité avec le peuple vénézuélien dont la souveraineté a été bafouée.
« Les trois pays ont interpellé le Conseil de sécurité de l’ONU « afin qu’il assume pleinement sa mission […] en condamnant clairement l’action militaire américaine et en œuvrant au rétablissement de la légalité internationale. »
En août 2025, le ministre malien des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, avait effectué une visite officielle à Caracas dans le cadre de « consultations politiques » entre les deux pays. Deux ans plus tôt, le Premier ministre burkinabè de l’époque, Apollinaire Joachim Kyelem de Tambela, y avait séjourné pour une « visite de travail et d’amitié. »
Mercredi, le ministre burkinabè des Affaires étrangères, Karamoko Jean Marie Traoré, a reçu le nouveau chargé d’affaires vénézuélien à Ouagadougou pour lui exprimer sa « solidarité », ajoutant que son pays « ne saurait fermer les yeux » sur l’attaque américaine.
(Avec AFP)
