25-02-2026 13:22 - Ahmed Haroun Ould Cheikh Sidiya met en garde l’opposition contre un débat « distractif » sur les mandats

Ahmed Haroun Ould Cheikh Sidiya met en garde l’opposition contre un débat « distractif » sur les mandats

Shems Maarif -- Le président du parti El Omrane, Ahmed Haroun Ould Cheikh Sidiya, a averti l’opposition mauritanienne contre le risque de reproduire ce qu’il considère comme l’erreur commise lors de la polémique sur un éventuel troisième mandat à la fin du pouvoir de l’ancien président Mohamed Ould Abdel Aziz.

Il appelle les forces politiques à ne pas se laisser absorber par des débats circonstanciels qui, selon lui, les détournent de l’enjeu central : la préparation de l’après-Mohamed Ould Ghazouani et de son système.

Dans une déclaration, Ahmed Haroun Ould Cheikh Sidiya affirme que la limitation des mandats présidentiels ne relève plus d’une simple disposition sujette à interprétation, mais d’un dispositif constitutionnel solidement encadré. Il soutient que ce mécanisme a été conçu pour prévenir les contournements observés ailleurs dans la région, souvent justifiés par des arguments liés à la stabilité ou à l’intérêt général.

Le dirigeant d’El Omrane estime que la réforme constitutionnelle de 2006 constitue un acquis majeur qu’il convient de préserver. Selon lui, cette étape a transformé la question de l’alternance d’un simple aménagement technique en un débat de fond sur la nature même de l’État et du pouvoir.

Il met en garde contre ce qu’il qualifie de « stratégies de contournement », notamment l’idée selon laquelle une révision constitutionnelle pourrait être initiée par le Parlement, par voie référendaire ou dans le cadre d’un dialogue politique. À ses yeux, cette approche ne change pas l’issue recherchée et ne répond pas à l’esprit du texte fondamental.

Autre scénario évoqué : l’adoption d’une nouvelle Constitution dans son ensemble, plutôt qu’une modification ciblée de certaines dispositions. Ahmed Haroun Ould Cheikh Sidiya considère qu’une telle option reviendrait à contourner la volonté constitutionnelle exprimée dans les textes en vigueur.

Il rappelle par ailleurs que l’article 99 de la Constitution classe le principe de l’alternance démocratique parmi les dispositions ne pouvant faire l’objet d’une révision, au même titre que l’unité nationale, l’intégrité territoriale et la forme républicaine de l’État.

Rejetant l’argument selon lequel l’extension du nombre de mandats favoriserait la stabilité, le président d’El Omrane estime au contraire que la personnalisation du pouvoir constitue un facteur de fragilisation des États. Il considère qu’un troisième mandat s’inscrirait dans une logique de continuité du système actuel.

Enfin, il cite plusieurs exemples africains pour illustrer son propos, tout en appelant à éviter toute transposition automatique de modèles étrangers au contexte mauritanien, soulignant la nécessité de tenir compte des spécificités nationales et des réalités institutionnelles du pays.



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Commentaires (1)

  • ouldsidialy (H) 25/02/2026 16:35 X

    On retient de l'opinion exprimée qu'il ne faille pas trop perdre de temps sur l'éventualité d'un coup de force visant la perpétuation du pouvoir actuel. On comprend qu'il est de meilleur sens de travailler à construire une force politique alternative crédible, dans l'hypothèse où le coup d'État constitutionnel ne serait pas agi. Une capacité d'alternance crédible constitue une dissuasion pour ce genre de putsch. Mais on revient toujours à la même difficulté en Mauritanie. Si une vingtaine d'années ont toujours flétri un pouvoir, elles n'ont jamais été suffisantes au personnel politique pour constituer une force d'alternative. Trois années, y suffiraient-elles avant l'échéance de l'élection normale ou du coup d'État ?