07-04-2026 12:33 - La commission des oulémas présente les résultats du dialogue avec les détenus concernés par le dossier de l’extrémisme et du radicalisme
AMI - La commission des oulémas chargée du dialogue avec les détenus concernés par le dossier de l’extrémisme et du radicalisme a exprimé sa profonde gratitude et sa reconnaissance à Son Excellence le Président de la République, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, pour l’audience qu’il lui a accordée le lundi 16 mars 2026 au palais présidentiel, ainsi que pour l’attention particulière qu’il porte à ce dossier.
Dans un communiqué dont l’Agence Mauritanienne d’Information (AMI) a reçu copie, la commission précise qu’elle a présenté à Son Excellence le Président un rapport détaillé sur le bilan de ses travaux lors de la dernière session de dialogue avec les détenus concernés par ce dossier, soulignant l’efficacité de l’approche mauritanienne fondée sur le dialogue scientifique et intellectuel dans le traitement du phénomène de l’extrémisme et du radicalisme.
Le communiqué de la commission, présenté ci-après, expose les principales actions menées dans le cadre de cette mission ainsi que les résultats majeurs obtenus.
”Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux
La commission des oulémas chargée du dialogue avec les détenus concernés par le dossier de l’extrémisme et du radicalisme a eu l’honneur d’être reçue par Son Excellence le Président de la République, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, au palais présidentiel, le lundi 26 Ramadan 1447 H (16 mars 2026).
À cette occasion, la commission exprime sa gratitude au Président de la République pour cette audience, pour l’attention qu’il accorde à ce dossier, ainsi que pour la confiance qu’il a placée en elle. Elle salue également sa vision des dimensions religieuses, politiques et sociales de ce dialogue.
Lors de cette audience, la commission a présenté à Son Excellence un rapport faisant état du bilan de ses travaux lors de la dernière phase de dialogue avec les détenus concernés. Elle y a mis en avant les résultats positifs importants obtenus, tout en saluant l’approche mauritanienne fondée sur le dialogue scientifique et intellectuel pour traiter le phénomène de l’extrémisme.
Cette approche a déjà produit des résultats significatifs lors des précédentes sessions, notamment le retour à la raison de dizaines de jeunes, qui ont abandonné les idées extrémistes pour redevenir des éléments constructifs au sein de leur société, œuvrant pour le bien, la sécurité et la stabilité.
Compte tenu de l’importance de ce sujet, la commission a jugé nécessaire d’informer l’opinion publique des principales actions menées et des résultats obtenus, comme suit :
Premièrement : Contexte et déroulement des travaux de la commission
Suite à une mission confiée par le Président de la République, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, et sous la supervision des autorités compétentes, une commission d’oulémas a été constituée pour reprendre le dialogue avec les détenus impliqués dans des affaires d’extrémisme.
L’objectif de ce dialogue est de corriger certaines conceptions erronées, de rectifier des interprétations religieuses et des fondements idéologiques, ainsi que des comportements pratiques chez ces détenus. Il vise également à les détourner des idées extrémistes telles que l’excommunication abusive (takfir), l’absolutisation du pouvoir (hakimiyya), la rébellion contre l’État, les agressions contre les personnes protégées et l’adhésion à des groupes extrémistes.
La commission est également chargée de produire un rapport sur la situation des détenus concernés, les évolutions constatées chez certains d’entre eux, ainsi que leur aptitude à bénéficier d’un programme de réhabilitation multidimensionnel. Ce programme vise à traiter le phénomène de l’extrémisme et à réintégrer, sous conditions, ceux qui peuvent être libérés, afin qu’ils redeviennent des citoyens utiles contribuant à la construction du pays et à la lutte contre ce phénomène, après leur repentir et leur retour à la vérité.
La commission a tenu une série de rencontres avec les détenus, dont la dernière s’est déroulée durant le mois béni de Ramadan 1447 H (mars 2026).
Ces échanges ont porté sur les principales questions dont la mauvaise compréhension a conduit à l’extrémisme et à la prise des armes contre l’État.
Les oulémas ont exposé la voie juste et l’interprétation correcte de ces questions. Ils ont constaté chez la majorité des détenus une acceptation et une conviction, renforcées par leurs lectures personnelles et les expériences observées dans certaines régions du monde musulman.
Les travaux de la commission ont abouti à des résultats très importants et positifs, démontrant l’efficacité du dialogue, de la persuasion et de la discussion dans la correction des idées et des comportements. La grande majorité des détenus a renoncé à ses idées extrémistes et erronées, déclarant son repentir sincère et son retour à la vérité. Cela a été consigné dans une déclaration collective écrite, des enregistrements vidéo, ainsi que des témoignages individuels.
La sincérité de ce repentir a été corroborée par plusieurs preuves et indices examinés par la commission et confirmés par les services de sécurité qui les ont suivis au fil des années.
Deuxièmement : Recommandations
À l’issue de ses travaux, la commission a formulé plusieurs recommandations, dont les principales sont les suivantes :
– Première recommandation :
Poursuivre l’adoption du dialogue comme méthode et approche pour traiter toutes les formes de déviance intellectuelle et comportementale, en tant que pilier de l’approche mauritanienne dans la lutte contre l’extrémisme.
La commission recommande également la création d’un centre ou d’une institution permanente dédiée au dialogue, chargée de traiter toutes les idées déviantes, qu’elles soient religieuses, non religieuses, raciales, communautaires ou autres.
– Deuxième recommandation :
Libérer toute personne dont le repentir est avéré, dont la dangerosité a disparu, qui a reconnu ses erreurs et dont la sincérité est jugée probable, indépendamment des actes passés.
Cela correspond au jugement juridique islamique applicable à ceux qui se sont opposés à l’État par interprétation erronée : lorsqu’ils ne présentent plus de danger et que leur repentir est établi, leur libération devient obligatoire et ils ne sont pas tenus responsables de leurs actes passés.
– Troisième recommandation :
La commission rappelle à tous le devoir de craindre Allah, en appliquant la religion et en instaurant la loi islamique dans tous les aspects de la vie, ainsi qu’en appliquant les sanctions prévues aux criminels. Cela permet de satisfaire Allah, de répondre aux attentes du peuple et d’assurer la sécurité.
L’application de la religion et de la loi islamique n’est pas seulement une cause d’accès au Paradis dans l’au-delà, mais aussi un facteur de bonheur dans ce monde, de sécurité et d’abondance.
Allah le Très-Haut dit :
« Si les habitants des cités avaient cru et craint Allah, Nous leur aurions ouvert des bénédictions venant du ciel et de la terre ; mais ils ont démenti, alors Nous les avons saisis pour ce qu’ils acquéraient. »
Et Il dit également :
« Si les gens du Livre avaient cru et craint Allah, Nous aurions effacé leurs péchés et les aurions fait entrer dans les Jardins de délices… »
Et Allah dit la vérité et guide vers le droit chemin.
Pour la commission : son président, Cheikh Mohamed El Mokhtar Mbala.”
