20-04-2026 21:45 - Dakar, Freetown et Nouakchott prônent des "solutions africaines" aux crises en Afrique
TV5 Monde -- Les dirigeants du Sénégal, de Sierra Leone et de Mauritanie ont appelé lundi à des "solutions africaines" aux crises en Afrique qui fait face à "des menaces plurielles" liées notamment au jihadisme, lors d'une rencontre internationale sur la sécurité près de Dakar.
La 10e édition du Forum international de Dakar sur la paix et la sécurité s'est ouverte lundi pour deux jours à Diamniadio, près de la capitale sénégalaise, en présence des chefs d'Etat du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye, de Sierra Leone Julius Maada Bio et de Mauritanie Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani.
"L'Afrique ne doit plus se contenter d'être le centre des convoitises entre grandes puissances, ni de rivalités énergétiques et minières. Elle ne doit pas non plus rester spectatrice de la recomposition en cours des équilibres mondiaux. Nous devons en être des acteurs plus dynamiques et à part entière", a dit, en ouverture du forum, le dirigeant sénégalais, à la tête depuis avril 2024 d'un régime se réclamant du souverainisme.
"Nous ne devons plus accepter que notre agenda sécuritaire soit défini ailleurs, que nos priorités soient dictées par des intérêts étrangers, que notre espace stratégique soit occupé sans notre consentement", a-t-il martelé, en présence de centaines de participants dont des diplomates, des responsables en matière de sécurité et des chercheurs.
Parmi les "menaces plurielles" auxquelles fait face l'Afrique, M. Faye a cité "les conflits armés et les terrorismes, la criminalité transfrontalière organisée et la piraterie maritime".
Pour son homologue sierra-léonais, les Africains doivent "construire la paix à partir de l'Afrique" et "selon nos propres conditions, notre propre agenda et nos propres moyens" en activant "les mécanismes de coopération continentale".
Le dirigeant mauritanien s'est de son côté prononcé pour une "Afrique souveraine dans ses choix". Il a vanté "l'intégration africaine comme un levier central" de cette souveraineté en ce qu'"elle offre à l'Afrique les moyens de mieux défendre sa situation et de contribuer de manière plus décisive à la gouvernance mondiale".
Tout en prônant des solutions africaines, les trois dirigeants ont, durant leurs interventions, affirmé qu'aucun Etat ne peut seul faire face aux problèmes de sécurité.
Plusieurs pays africains sont confrontés depuis plus d'une décennie à une insécurité générée notamment par une poussée jihadiste.
La région du Sahel est ainsi devenue un "épicentre" du "terrorisme", concentrant pour la troisième année consécutive près de la moitié des décès liés à ces violences dans le monde en 2025, selon le rapport sur l'Indice mondial du terrorisme publié mi-mars.
Par AFP
