23-05-2026 12:34 - Nouadhibou : le système d’approvisionnement de la ville prend…l’eau !
LA DÉPÊCHE -
À Nouadhibou, capitale économique et centre névralgique des activités industrielles, l’eau est devenue une denrée rare. Dans plusieurs quartiers de la ville, les robinets restent à sec pendant des jours, plongeant des milliers d’habitants dans une situation de plus en plus difficile. Entre colère, incompréhension et lassitude, la crise hydrique continue d’alimenter un profond malaise au sein de la population.
Cette pénurie persistante contraste pourtant avec les ambitions affichées par les autorités l’année dernière. En juillet 2025, un important projet hydraulique avait été inauguré par le président Ghazouani avec l’objectif de réduire significativement le déficit en eau de la ville.
La ministre de l’hydraulique et de l’assainissement, Amal Mint Maouloud, y avait alors annoncé que la capacité de production totale de la nappe de Boulenouar, renforcée par dix puits de réserve de la SNIM, pourrait dépasser les 35 000 mètres cubes par jour.
Présenté comme un tournant majeur, ce volume devait permettre de couvrir les besoins de la ville. Le projet promettait également une amélioration de la distribution de l’eau à travers les différents quartiers.
La ministre avait aussi évoqué la préparation d’une étude technique pour la réalisation d’une grande usine de dessalement d’eau de mer, avec une capacité pouvant atteindre 50 000 mètres cubes par jour.
Mais près d’un an après ces annonces, le projet qui a coûté 32 milliards MRO prend…l’eau !
Ce qui fait dire au parti Tawassoul, monté au créneau, que la situation de déficit hydrique est «insoutenable » réclamant une l’ouverture d’une enquête transparente sur la gestion de l’eau dans la ville.
Dans son communiqué, Tawassoul appelle ainsi les autorités à publier les chiffres exacts de production des unités de dessalement ainsi que ceux des puits de Boulenouar, tout en rendant publics les volumes réellement injectés chaque jour dans le réseau de distribution. Le parti exige également des mesures urgentes afin de garantir un accès stable à l’eau potable, dans le respect de la dignité des citoyens et loin des considérations politiques.
Quelques semaines auparavant, la ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Amal Maouloud, avait pourtant assuré à la télévision que plusieurs réalisations permettraient d’améliorer rapidement l’approvisionnement en eau de Nouadhibou. Mais sur le terrain, le déficit demeure. Et selon de nombreux habitants, la situation tend même à s’aggraver.
Symbole des ambitions économiques du pays, Nouadhibou, hissée depuis une decennie au statut de zone franche peine encore à disponibiliser cette denrée. Un constat qui jette une ombre sur le plan directeur de l’eau annoncé et censé répondre aux défis de la cité portuaire.
Nous nous demandions au lendemain de l’inauguration de telles installations, si les réalisations n’étaient finalement plus qu’un mirage.
