24-10-2026 23:15 - Jordan Bardella, réélu président du Rassemblement national avec 98,98 % des voix
FRANCE24 -
Plus de 76 000 militants étaient rassemblés, samedi, à Orléans pour le congrès du Rassemblement national. Seul candidat, Jordan Bardella a été réélu président de la formation d'extrême droite avec 98,98 % des voix.
Seul candidat à sa succession. Jordan Bardella a été réélu sans suspense, avec 98,98 % des voix, samedi 24 octobre, à la présidence du Rassemblement national. Toujours promis à Matignon en dépit des accusations d'antisémitisme qu'il dément farouchement, il a ainsi repris son rôle de dauphin de Marine Le Pen.
Les records chassent les doutes. D'un côté, plus de 76 000 militants qui votent comme un seul homme pour leur chef, seul candidat à sa succession. Chiffre inédit pour un congrès du parti à la flamme et participation triplée en quatre ans, quand Jordan Bardella avait repris les rênes du RN.
Au cours de la matinée, des opposants; entre 13 000 selon les autorités et 26 000 selon les organisateurs, étaient venus manifester à Orléans contre la grand-messe de la formation d'extrême droite.
Le cortège "a réuni beaucoup moins de personnes que ce qui était annoncé", a affirmé le maire Serge Grouard (DVD) alors que les autorités prévoyaient jusqu'à 30.000 participants. "Les gens se sont dispersés dans le calme", a-t-il ajouté.
Les craintes de débordements concernent "surtout" dimanche, a poursuivi l'édile, soulignant que "des appels à des rassemblements non autorisés ont été effectués dont le mot d'ordre est de se rapprocher" du lieu où se tient le congrès du RN.
"Il n'en est pas question", a-t-il toutefois assuré, vantant le dispositif de sécurité qui "fonctionne pour le moment parfaitement bien".
Les temps ont changé, l'unité est de mise. Car la victoire semble à portée de main, sous l'égide d'une Marine Le Pen lancée dans sa quatrième course à l’Élysée après avoir longtemps redouté d'en être empêchée par la justice.
Son dauphin, à qui elle avait demandé des mois durant de se préparer à la suppléer au cas où, quitte à nourrir la chronique de leurs divergences, avait ostensiblement accusé le coup au début de l'été. "Je ne suis pas un robot. Quand ça va mal, ça se voit", a-t-il reconnu depuis.
Péché d'orgueil excusé par un proche de la patronne : "Évidemment, quand on vous débranche comme ça, c'est extrêmement violent". Un autre cacique exhorte son cadet à la patience, après tout à 31 ans "il est encore jeune".
Assez en tout cas pour savourer l'insouciance de vacances avec sa compagne Maria Carolina de Bourbon des Deux-Siciles, entre la Côte d'Émeraude sarde et la Riviera française. De quoi se requinquer avant la bataille présidentielle.
Marine Le Pen lui proclame sa "confiance à 1 000 %"
"A chaque fois qu'un dirigeant du Rassemblement National a été injustement ciblé par nos détracteurs, le mouvement a fait preuve d'une unité et d'une fraternité militante admirable", s'est félicité Jordan Bardella à la tribune.
"Cette unité sera la clé de voûte de notre victoire", a-t-il ajouté, appelant ses troupes au "sang-froid" face à "des adversaires politiques qui légitiment la violence" et "incitent à l'émeute".
Reparti du bon pied à la rentrée, l'ex-"plan B" n'a pas ménagé ses efforts, de la foire de Châlons au Mondial de l'auto, avec quelques détours en Angleterre, en Italie et en Espagne pour asseoir sa stature de Premier ministre putatif.
Sans oublier de se montrer à la basilique de Menton pour une messe le jour des élections sénatoriales, manière de donner corps à la rumeur d'un parachutage sur la côte d'Azur aux prochaines législatives. Mais à peine avait-il eu le temps de célébrer l'entrée fracassante du RN à la chambre haute, que la dolce vita a subitement pris fin.
Stoppée net par les révélations de Mediapart, sur ces écrits de jeunesse antisémite dont le site d'investigation affirme qu'il en est l'auteur - et qui l'ont amené à porter plainte pour diffamation. À nouveau, le visage s'est fermé. Le ton s'est durci contre une presse "d'extrême gauche" qui voudrait "l'assassiner politiquement".
Sa défense, basée sur le déni, a beau avoir été fragilisée par les enquêtes d'autres médias, Jordan Bardella persiste, se pose en victime d'une "barbouzerie". Stratégie sans retour, qui entraîne tout le parti avec lui.
Marine Le Pen la première, qui le dit "innocent" et lui proclame sa "confiance à 1 000 %". Guidés par leur championne, tous les cadres serrent les rangs, même si un de ses lieutenants admet "avoir fait tapis" pour soutenir ce président balloté comme jamais.
Porté par les siens, la jeune figure de proue nationaliste s'efforce de tourner la page et se projette déjà vers la promotion de son troisième livre, "Gouverner", à paraître le 4 novembre - toujours chez Fayard, propriété du milliardaire conservateur Vincent Bolloré.
Un livre-programme qui va le conduire en tournée au moins jusqu'à la fin de l'année, auprès d'admirateurs qui seront autant d'électeurs convaincus. Idéal quand on mène campagne pour rétablir son image.
Avec AFP
