27-12-2009 13:42 - Projet de protection des filles domestiques mineures :
Les autorités politiques et judiciaires appelées à la rescousse.
Les responsables du Projet de protection des filles domestiques mineures victimes de violences et de maltraitance ont animé jeudi dernier une conférence de presse pour présenter un bilan mensuel de leurs activités et faire le point de la situation vécue par cette couche défavorisée.
Prenant la parole à cette occasion, madame Aminetou mint El Moktar, présidente de l’Association des Femmes Chefs de Famille (AFCF) qui supervise le projet a fait état des énormes difficultés rencontrés soulignant au passage qu’il n’existe à Nouakchott qu’un seul commissariat réservé aux mineurs ce qui affirme-t-elle est insuffisant.
Cela dit –elle fait que ces filles sont parfois conduites dans les autres commissariats ce qui ouvre la porte à tous les abus. Pour madame Aminetou, « il y a une complicité de l’appareil policier. On n’est pas écouté et on est souvent chassé des commissariats pour nous empêcher de faire notre travail.
Et la dirigeante de l’AFCF d’enfoncer le clou : « L’employeur qui est toujours d’une famille aisée est écouté et ses propos sont pris à la lettre. Par contre la victime n’est jamais écoutée. Celui qui viole ou refuse de payer une bonne est souverain. Il n’ y a pas de loi qui le punit. Donc tant que la justice est entre les mains des plus forts, il n’ y a rien à faire. »
Pour la dirigeante de l’AFCF, les lois mauritaniennes jugées très discriminatoires à l’égard des femmes doivent être révisées et adaptées au contexte démocratique. Pour elle, il est temps d’appliquer la loi 015/2005 qui interdit d’emprisonner un mineur en compagnie des adultes. Cette loi stipule que les personnes n’ayant pas encore atteint l’âge adulte doivent être placés sinon chez eux du moins dans une prison pour mineurs. « Cette loi martèle madame Aminetou est violée par la justice mauritanienne.
La présidente de l’AFCF a donné l’exemple de mineurs détenus en compagnies de criminels. Elle a également évoqué le cas de la prison pour femmes du 5ème où une soixantaine de femmes sont gardées par de jeunes soldats (gardes) d’une vingtaine d’années et cela souligne-t-elle en violation de toutes les conventions, traditionnelles et religieuses. Elle déplore aussi le fait que son association n’ait pas accès aux prisons pour faire son travail de rééducation.
Enfin madame Aminetou « lance un appel aux ministères de l’intérieur et celui de la justice pour que d’une part ils agissent sur leurs agents et d’autre part faire appliquer la loi. »
A son tour, madame Nebghouha mint Abdallahi, coordinatrice dudit projet a affirmé que ses services ont dores et déjà localisé plus de 500 filles(des bonnes à tout faire). Une trentaine d’entre elles qui avaient des difficultés ont été réintégrées dans la vie active. Elles ont pu bénéficier affirme-t-elle d’une assistance et de cours d’alphabétisation.
Elle a à son tour lancé un appel aux autorités pour l’application de la loi du 5 décembre 2005, du code pénal pour l’enfant dans ses article 02 à 100 ainsi que le code de procédure pour l’enfant dans ses articles de 101 à 110.
Bakari Guèye
