09-04-2012 14:46 - Opposants de tous bords au pouvoir : Attention danger « épuration » !
Il apparait de plus en plus que s’opposer au pouvoir, pour rester fidèle à ses convictions politiques et militantistes, est une option à très haut risque, capable d’exposer sérieusement ses auteurs à des mesures coercitives, voire fatales, exercées à travers des mains invisibles par le régime de Nouakchott, pour étouffer le rêve « printanier » de ses opposants, grossir ses rangs et se forger, au fur et à mesure de cette politique d’épuration politique discrète, une réputation de système politique populaire aux contrepouvoirs minoritaires, conforté par cette exception qui confirme la règle.
Si l’actuel pouvoir dirigé par Ould Abdel Aziz est perçu comme étant innocent dans l’épineux dossier des grandes et inoubliables purges du passif humanitaire, qu’il se proclame haut et fort comme le principal thérapeute, il est aujourd’hui indexé de recourir dans le silence, depuis son élection à la tête du pays, à des procédés antidémocratiques d’exclusion de ses opposants de tous bords et d’effectuer parallèlement des promotions profitant à ses seuls soutiens, dans des fonctions n’obéissant même pas au critère d’éligibilité voire de souveraineté, ne relevant non plus de cet intérêt général devant lequel tous les citoyens sont égaux. Les premières révocations avaient commencé depuis le mouvement de rectification.
Normal, puisque les nouveaux maîtres du pays étaient contraints de s’entourer de collaborateurs de confiance d’amont en aval, dans toute la pyramide Etat, allant du gouvernement, aux collectivités territoriales, à l’administration centrale …etc. Mais là où les choses commencent à susciter des inquiétudes, c’est lorsque ces présumés « assainissements » se sont présentés clairement à l’opinion publique comme les conséquences de motivations purement politiques, opérés sur des personnalités qui continuent de garder leurs réserves sur le pouvoir.
Les persécutions carcérales de Ould Moulaye El Arby , d’Isselmou Ould Abdel Kader, de Hanevi Ould Dehah et professionnelles de Ould Bouhoubeiny sont des cas parmi des centaines d’autres, qui s’inscrivent dans le cadre de cette stratégie de règlement des comptes menée depuis par le régime et toujours en vigueur. Le leader de l’Ira (Un) Biram avait fait lui aussi les frais de cette « antisepsie », qui a conduit certains à dire qu’il a été même visé par une tentative d’assassinat en janvier dernier.
L’ancien président de la Ceni Cheikh Sid’Ahmed Ould Babamine a fait quant à lui les frais de son soutien à Ely Ould Mohamed Vall; qui lui a couté une invalidation de sa nomination comme président de la mission d’observation des élections tunisiennes de l’Union Africaine. L’ex ministre des affaires étrangères Mohamed Vall Ould Bellal, qui se mobilise vainement pour bénéficier d’une réhabilitation politique, continue sa traversée de désert, de laquelle il a peu de chances de s’en sortir.
Le dernier limogeage de deux hauts cadres de Tawassoul, en l’occurrence Soufi Ould Cheibani , ex contrôleur général aux finances au secrétariat général du gouvernement et Abdouti Ould Aly, ancien conseiller à la communication du ministre d’Etat à l’éducation peut être placé dans cette politique de chasse aux sorcières lancée par le pouvoir contre ses farouches opposants politiques ; au même titre que cette privation protocolaire de l’érudit Ould Dedew d’accueillir ses hôtes au palais d’honneur de l’aéroport international de Nouakchott .
Aux dernières nouvelles, c’est l’ex ministre Dah Ould Abdi, compté sur les rangs du Rfd, qui aurait été informé par son employeur Diar qatari, de son affable licenciement, sous prétexte qu’elle peut se dispenses actuellement de ses services. S’agit-t-il d’une mesure conjoncturelle à cette multinationale ou d’un limogeage couronnant des pressions faites sur cette société publique du Qatar, qui envisage investir 500 millions de dollars dans un immense complexe touristique sur le littoral mauritanien, par le régime de Nouakchott ?
Les premiers analystes créditent plus la dernière hypothèse, justifiant leurs fortes présomptions par les postes « cadeau » accordés par l’homme fort de Nouakchott à ses soutiens inconditionnels comme Cheikh El Avia Ould Mohamed Khouna ou à ses opposants amateurs au sein d’El Wiam, Sawab et Adil. L’autre question que se posent aussi, c’est de savoir si cette épuration politique est réellement mise en œuvre sur ordre du président de tous les mauritaniens, ou de certains hommes influents de son entourage, se rivalisant dans la course de se payer le plus grand gibier de l’opposition en perspective de son offrande au boss.
A propos de l'ancien ministre des Affaires étrangères Ould Abdi, rappelons qu’il fut ambassadeur en France, puis au Maroc, avant de diriger la diplomatie mauritanienne. Il était également ambassadeur au Japon, avant de fermer la parenthèse politique après la victoire de Ould Abdel Aziz contre son idole Ahmed Ould Daddah à l’issue de la présidentielle d’aout 2009. Mais, malgré son éclipse en vertu de laquelle, il a préféré se consacrer à sa vocation de conseiller de Diar Qatari, Ould Abdi vient d’être rattrapé par le Satan politique, qui promet aux opposants de tous bords une vie d’enfer.
Même son accueil hospitalier au président de la république dans son fief El Ejmel en mars 2009 à son retour de Kaédi, au cours duquel il avait affirmé toute sa fierté et son honneur de saluer le Chef de l’Etat sur sa route vers la capitale et le féliciter pour le règlement définitif du passif humanitaire, ne lui a pas servi de grâce ou d’avoir droit à des circonstances atténuantes pour préserver son travail d’outremer.
Md O Md Lemine
