29-04-2012 07:28 - Carnet de route, axe Dakar-Casablanca : Dans les méandres du corridor du développement.

Carnet de route, axe Dakar-Casablanca : Dans les méandres du corridor du développement.

L’axe routier Dakar-Casablanca (3500 kilomètres) connaît un véritable regain d’intérêt. La caravane Saga Africa organisée du 5 au 7 avril dernier par le Centre des jeunes dirigeants d’entreprises (Cjd international) a permis de découvrir les avantages comparatifs de l’axe routier Dakar-Nouakchott-Casablanca.

Carnet de route. Long de 3.500 km, le corridor Dakar-Nouakchott-Casablanca a plutôt l’ambition de déboucher sur la ville de Tanger, informe d’emblée Taleb Berrada, ambassadeur du Royaume du Maroc au Sénégal, lors du lancement de la caravane Saga Africa organisée par le Centre des jeunes dirigeants d’entreprises (Cjd international).

C’est donc parti pour une véritable odyssée, une aventure exceptionnelle vécue par une quarantaine de jeunes porteurs de projet sénégalais, rejoints en cours de route par une dizaine de leurs camarades mauritaniens.

Le tronçon Dakar-Casablanca est en réalité un véritable tapis roulant, un corridor du développement pour paraphraser le diplomate marocain. Axe routier stratégique, il va participer à la mise en place d’une économie régionale intégrée mettant en exergue l’activité économique du Sénégal, de la Mauritanie et du Maroc. Selon les spécialistes, les avantages comparatifs de ce corridor entièrement bitumé sont inestimables. Il représente une alternative sérieuse à la cherté du transport maritime des containeurs.

C’est sans doute consciente de ces enjeux que l’antenne sénégalaise du Cjd international, dirigée par Mme Ndèye Marième Fall, a offert l’opportunité à une cinquantaine de jeunes porteurs de projet de vivre les mille et une sensations d’un voyage exceptionnel. La caravane qui s’est ébranlée de Dakar le 1er avril dernier, a connu ses premières difficultés à Rosso Sénégal.

Arrivés à 13 heures dans cette ville frontalière, il nous a fallu prendre notre mal en patience jusqu’à 16 heures 30 pour faire la traversée du fleuve Sénégal. C’est parce que le bac « Trarza » observait une pause et était ainsi stationné de l’autre coté de la rive, en territoire mauritanien.

Tracasseries policières et douanières

Une fois cette pause terminée, le bac débarque la caravane à Rosso Mauritanie, sur l’autre rive du fleuve. Là, les tracasseries s’intensifient de plus belle. Chaque membre du convoi doit débourser 50 euros et faire le change en monnaie locale (ouguiyas). Renseignements pris, il s’agit de la somme qui doit attester que le voyageur détient de l’argent de poche durant son séjour sur le territoire mauritanien.

C’est la qu’on se rend compte que, malgré sa proximité avec le Sénégal, la Mauritanie n’est pas membre de l’Uemoa. Une contrainte supplémentaire pour les membres de la caravane d’autant que la présence d’une Guinéenne et de deux Centrafricains dans le convoi va davantage corser les conditions de traversée de cet Etat situé à la lisière de l’Afrique de l’Ouest et du Maghreb.

Pis, les gendarmes mauritaniens en rajoutent. Le bus venu de Dakar et qui transportait les passagers du convoi est interdit de rentrer dans le territoire mauritanien, conformément à une législation locale sur les transports en commun, en vigueur depuis quelques mois. Il a fallu moult interventions de l’ambassadeur du Sénégal et surtout du ministre mauritanien du Commerce pour que la situation se décante enfin.

Le « ouali » (gouverneur) de Rosso Mauritanie a aussi joué un rôle de premier plan pour que gendarmes et policiers daignent laisser le convoi poursuivre sa route. nIl était temps, parce que le convoi a passé près de cinq heures à la frontière.

Cap sur Nouakchott.

Un trajet qui est avalé sans anicroches. Le décor qui s’offre au regard des passagers est rustique. Pas de végétation luxuriante encore moins d’habitations imposantes. Plutôt des dunes de sable à perte de vue et quelques oasis. Une halte dans la capitale mauritanienne pour se reposer et recharger les accus. Et puis, nous voilà ensuite à la frontière entre la Mauritanie et le Maroc.

Mais là, pas de difficultés majeures. La ville marocaine de Dakhla s’offre à la vue du visiteur. Dakhla, Boujdour puis Laayoune sont traversées. Nous sommes dans la partie sahraouie du royaume chérifien. Tout marche comme sur des roulettes, jusqu’à Marrakech avant que Casablanca n’accueille enfin des caravaniers exténués, mais tout heureux d’avoir eu la chance de participer au premier salon des entrepreneurs africains (Hub Africa) organisé par le Cjd international.

L’ère des « business angels »

Place donc aux assises marquant le premier salon des entreprises et des entrepreneurs africains dénommé Hub Africa. Pour le président du Cjd international, Zakaria Fahim, l’Afrique est capable de passer du rêve à l’action. Le thème de l’auto-entrepreneuriat développé au cours de Hub Africa est plus que jamais d’actualité au moment où, au Maroc et dans la plupart des autres pays africains, 70 % du tissu économique est constitué de très petites entreprises (Tpe).

Le patron du Cjd international qui a tiré les enseignements majeurs du salon de Casablanca, estime aussi que le vrai financement alternatif est aujourd’hui lié à l’activité des « business angels ». Il s’agit là de particuliers, d’indépendants, bref d’entrepreneurs chevronnés qui peuvent financer n’importe quel projet à condition que le « business plan » soit convaincant et reflète un dossier innovant.

Pour sa part, la présidente de l’antenne sénégalaise du Cjd, Ndèye Marième Fall, reconnaît que l’Afrique du Nord est un peu en avance sur la partie subsaharienne du continent en matière de promotion des « business angels ».

C’est un concept à développer au Sénégal plus particulièrement, et le Cjd entend s’y atteler. Elle exhorte les jeunes porteurs de projets sénégalais et mauritaniens à profiter des opportunités offertes par le Cjd, un réseau international de 5000 membres qui peut leur être d’un apport inestimable en ce qui concerne l’accès au financement et l’encadrement technique. Le directeur général de Microsoft Maroc, Samir Makhlouf, est resté très optimiste en analysant les perspectives ouvertes par Hub Africa.

Avec un riche potentiel d’un milliard d’individus, l’Afrique est, à ce jour, le seul continent qui va connaître des pics de croissance dans tous les domaines au cours des dix prochaines années informe-t-il. C’est sans doute la raison pour laquelle le continent ne doit pas rater le train de la révolution numérique comme elle a malheureusement raté celui de la révolution industrielle.

De notre envoyé spécial Mamadou Lamine Diatta


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