22-11-2014 08:29 - La plus grande affaire de drogue close sans procès : Quand l’impunité est érigée en règle de conduite
L'Authentique - Le gouvernement mauritanien aurait tout simplement décidé de fermer le plus grand dossier judiciaire en Mauritanie, celui relatif à la plus importante affaire de drogue que le pays ait connue, selon plusieurs sources de presse.
Il s’agit de l’affaire de l’avion de Nouadhibou qui avait abandonné une cargaison de drogue dure. Ce dossier qui traînait depuis 2007 a été ainsi close sans que ses auteurs aient été jugés.
Pas un seul procès pour éclairer l’opinion publique nationale et internationale sur ses tenants et aboutissants. Des noms, et pas des moindres, étaient pourtant cités dans cette affaire. Certains suspects arrêtés avaient par la suite bénéficié de liberté provisoire et certains autres acquittés.
L’affaire avait éclaté lorsqu’en mai 2007, un appareil inconnu immatriculé N 983 se posa sur le tarmac de l’aéroport de Nouadhibou. Il venait de déposer 21 caisses plastifiées. Alors que les agents de sécurité étaient accourus pour s’enquérir de la situation, l’avion décolla et disparut. Les autorités immédiatement alertées se rendirent compte qu’il s’agissait d’une énorme quantité de drogue, quelques 630 Kilos de cocaïne.
Une commission d’enquête avait été mise en place à l’époque rapidement supplée par une seconde commission composée entre autres du Directeur de la sureté national, de hauts officiers de la sécurité et de magistrats de renom. L’importance de cette affaire avait conduit le président de l’époque à exiger que les rapports de cette dernière commission lui soient transmis directement. Des officiers des forces de sécurité, des hauts cadres de l’administration et même des ministres, avaient été entendus.
Les enquêteurs étaient parvenus à l’idée que l’avion n’était pas à sa première livraison. Ils étaient aussi persuadés que de nombreuses personnalités et des familles entières de Mauritaniens qui vivent dans l’opulence, puisaient certains de leurs fonds dans le trafic de la drogue.
Des intérêts divers menacés, le pouvoir sera amené, par des forces diffuses et cachées, à atténuer ses élans dans cette affaire. Au fur et à mesure que le temps s’écoulait, l’affaire devait être classée. La montagne n’aura accouché que d’une toute petite souris, puisqu’aucun agent de l’aéroport de Nouadhibou ne sera arrêté, et ceux-là qui tirent les ficelles, « boss » encore moins.
La gendarmerie procédera toutefois à l’interpellation de quelques jeunes stéphanois qui avaient été arrêtés dans la capitale économique en possession de quelques quantités de drogue et surtout qui avaient pignon sur rue du fait des dividendes qu’ils tiraient de ce trafic. Moins de trois mois plus tard, tous seront relâchés. Et depuis, l’opinion n’a jamais cessé d’attendre que le dossier de Nouadhibou soit remis à jour et la vérité étalée. Pour devoir de mémoire.
Jeudi 13 novembre 2014, cet important dossier venait d’être clos quasi définitivement. Il met ainsi fin au feuilleton de l’affaire dite « l’avion de Nouadhibou » et ses secrets. Après la libération des derniers prévenus dans cette affaire, le cerveau supposée de l’opération, Sidi Mohamed Ould Haïdalla vient à son tour d’être élargi. Aucune cour de justice ne s’est prononcée sur cette affaire et aucun procès tenu.
Il semblerait que le fameux "avion qui avait servi au transport de la drogue sert aujourd’hui d’appareil militaire, destiné au transport de hautes personnalités militaires et civiles", "utilisé aussi fréquemment par le président Mohamed Ould Abdel Aziz", selon le site « alakhbar.info ».
MOMS
