10-04-2015 23:15 - Une présentation de l’histoire de la fondation mauritanienne – journal et entretiens avec Ahmed Baba Ould Ahmed Miske – automne de 1967

Une présentation de l’histoire de la fondation mauritanienne – journal et entretiens avec Ahmed Baba Ould Ahmed Miske – automne de 1967

Le Calame - Notes d’entretiens pour suivre la publication de mon journal les 11, 18 & 25 mars derniers
L’entente pour l’unité
Le récit d’Ahmed Baba Ould Ahmed Miske montre la difficulté extrême de tout parcours politique en Mauritanie qui serait indépendant du pouvoir en place. A la date de ses confidences d’Octobre 1967 – déjà celles d’un exilé – le fondateur de la Nahda avait espéré successivement libérer son pays de l’emprise coloniale « de l’intérieur » mais avec l’aide d’un Maroc qui avait des visées annexionnistes, puis l’organiser par un mouvement populaire disposant des moyens d’un Etat devenu indépendant.

C’était aussi le projet de Moktar Ould Daddah. Les deux personnalités pouvaient-elles s’entendre? L’histoire a montré que la nécessité n’était pas mutuelle. Le parti unique de l’Etat eût-il été différent si Ahmed Baba en avait été le principal organisateur ? Le dualisme, constamment refusé en théorie et en pratique entre l’Etat et le parti, se serait incarné par celui des personnes.

La succession d’« hommes forts » se distinguant du président de la République n’a jamais été, aussi bien dans la période fondatrice que sous les régimes d’autorité depuis 1978, la dialectique historique mauritanienne.

De 1957 à 1967, Moktar Ould Daddah a bien d’autres soucis que celui des relations à avoir ou à refuser avec la Nahda. L’unité entre les composantes mauritaniennes de diverses natures, pas seulement politique mais ethnique et sociale, est à construire en même temps qu’il faut faire reconnaître cette personnalité complexe mais certaine à la métropole française et à l’opinion internationale. Moktar Ould Daddah est donc bien moins sensible que son compétiteur aux questions de personnes.

La place de Bouyagui Ould Abidine dans cette période, en substitut d’une surenchère nationaliste qui avait été auparavant le fait de l’ancien député Horma Ould Babana, est difficile à expliquer : personnalité égocentrique, difficile à vivre aussi bien dans les organes d’un parti que dans un gouvernement. L’autre énigme est le fond d’Ahmed Baba Ould Ahmed Miske lui-même : pourquoi ces retraits en 1962-1964 alors qu’il est décisif à la « table ronde » de l’unification en 1961 et que c’est lui qui a l’idée du voyage d’études de Moktar Ould Daddah en Guinée et qui l’organise. En quoi le « congrès historique » de Kaédi lui doit beaucoup.

Bertrand Fessard de Foucault - Ould Kaïge

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Entretien avec Ahmed Baba Ould Ahmed Miske À Paris, le lundi 23 Octobre 1967. 17 heures à 19 heures 30

Suite

La première arrestation d’Ahmed Baba Ould Ahmed Miske, au printemps 1960

Après la parution de ce numéro, le journal était déclaré interdit. De toutes façons, le numéro disait que - même sans aucun moyen – nous continuerions notre action.

Je suis parti à Dakar, tout de suite après. En principe, je résidais à Nouakchott, où d’ailleurs était tiré le journal. Mais j’allais souvent à Dakar, parce qu’il y avait des sections importantes, et l’imprimerie de nos cartes. J’étais aussi le commis-voyageur de la Nahda.

Au congrès de 1959, j’avais fait élire un secrétaire administratif pour assurer la permanence à Nouakchott : c’était Cheikh Malainine, un arabisant, ce qui était la leçon d’une année d’activité. De toute façon, pas de possibilité de payer un personnel permanent et des rédacteurs. Nous faisions tout nous-mêmes. Et nous avons vécu pendant trois ans, sans ressources régulières, ce qui est d’ailleurs facile en Mauritanie.

A Dakar, se développait l’implantation du parti. Avec l’argent réuni depuis la création du parti (nous avions des sections jusqu’en Guinée et au Mali, dans la diaspora mauritanienne), nous avons acheté une land-rover d’occasion C’était une bonne affaire : peut-être 200.000 CFA. Fort de cette acquisition, j’ai décidé de faire une grande tournée d’inspection et de réimplantation. Je suis parti en Février 1960, et j’ai été arrêté à Kiffa.

Auparavant, je m’étais arrêté à Kaédi, où il y avait une petite section, surtout maure, à M’Bout, à Kankossa (où résidait Yahya Ould Menkouss). C’est en arrivant à Kiffa, que j’ai été arrêté et réexpédié sur Sélibaby. La land-rover a été récupérée par des militants venus d’Aïoun, pour m’attendre. En fait, j’avais été prévenu de cette éventualité dès Dakar, et j’en avais eu la certitude à Saint-Louis. Je suis allé en Mauritanie, étant presque sûr d’être arrêté, mais je ne pouvais pas me permettre de reculer.

J’ai passé six mois emprisonné. Vers la fin de ma détention, pendant les deux derniers mois on m’a transféré à Boutilimit, dont le climat – pour moi, un homme du nord – était quand même plus favorable que celui de Sélibaby qui était vraiment un exil.

Au début, à Sélibaby, j’étais surveillé de très près, et j’en ai profité pour faire un « ramadan » sérieux. Puis ensuite, cela s’est transformé en résidence surveillée. Des parents m’ont envoyé une servante qui savait faire la cuisine de chez nous. Mais les deux premiers mois ont été très pénibles.

Bouyagui est alors revenu de Bamako. Il avait assisté à un ou deux comités directeurs, mais n’avait rien fait à l’intérieur. Il s’installe à Dakar, et prend les choses en main, s’occupe du journal qu’il fait imprimer à Dakar. C’est un peu l’entrée en scène de Bouyagui.

Les élections municipales d’Atar et leur signification

Je suis libéré juste pour y participer. D’ailleurs, la loi ne prévoit que six mois de détention. C’étaient donc les élections pour la mairie d’Atar, ville où la Nahda est en force. Les élections furent truquées. On incorpora à la commune le petit village de Kanawal, on fit descendre des montagnes des nomades qui se trouvaient là, on refusa deux ou trois cent votes. Finalement, la Nahda perdit les élections, mais à trente voix seulement environ. Et Abdallah Ould Obeïd fut élu maire. [i]

Le tournant de Décembre 1957 où l’union fut refusée, a été signalé. Les élections d’Atar marquèrent un nouveau tournant pour les militants et furent une cause de grande amertume. A Atar, à Chinguetti, à Aïoun, la Nahda était vraiment en force. Si la Nahda avait été considérée vraiment comme légale, comme elle l’était pourtant officiellement, l’apaisement aurait ensuite été facilité. Cela aurait changé les états d’esprit. On aurait cessé d’en faire un épouvantail. Ce fut certainement une erreur des autorités françaises.

A Nouakchott, les services de renseignements alourdissaient encore le climat et aggravaient la scission.

Nouveaux contacts pour l’unité et arrestation des leaders de la Nahda

Après ces élections qui ont causé une telle amertume, les membres de l’A.J.M. qui n’étaient pas de la Nahda ont essayé de faire une tentative de conciliation. Ils ont vu Moktar, et nous ont dit de venir à Nouakchott.

Le comité directeur s’est réuni à Dakar, car Bouyagui ne tenait pas à venir à Nouakchott. La majorité s’est dessinée pour la conciliation, afin de préparer l’indépendance. Bouyagui s’est fait nettement forcer la main. Finalement, tout le monde est venu à Nouakchott. C’est ici que se situe l’épisode du 6 Septembre. Certains officiers français ont arrangé une sorte de provocation.

Les sections de Nouakchott savaient que l’on venait négocier et discuter, et ont organisé une réception, les militants et surtout les militantes. Des bagarres ont eu lieu, des arrestations ont été opérées. Mais l’on n’a pas tiré, contrairement à ce qu’a dit le Maroc [ii].

On ne nous a pas arrêtés sur le champ. Mais une atmosphère de terreur était créée. Nous avons attendu le Premier Ministre, lui laissant le bénéfice du doute. Attente de plusieurs jours. Aucun membre du gouvernement ne nous a reçus. Moktar est arrivé.

Dans la soirée de son arrivée, nous avons tenu une réunion pour savoir quelles conditions poser, et préparer un communiqué définissant notre position vis-à-vis du Maroc et démentant les bruits qui nous faisaient passer pour des gens à sa solde, et affirmant que les Mauritaniens qui étaient allés au Maroc n’avaient joué aucun rôle dans notre parti.

Nous nous sommes couchés à deux heures du matin, et, trois heures après, nous avons été arrêtés et embarqués dans un avion, sans savoir où nous allions. En fait, nous allions à Tichitt avec Bouyagui : il avait raison contre nous, qui nous acharnions à trouver des circonstances atténuantes à Moktar, pensant qu’il se trouvait devant le fait accompli. C’était d’ailleurs le sens du premier numéro de 1957 de l’A.J.M. présentant Moktar comme une victime objective du colonialisme.

A l’époque, la mauritanisation était encore symbolique, et les activistes locaux français dominaient.

L’assassinat d’Abdallahi Ould Obeïd [iii] se produisit peu avant l’indépendance. Il était difficile de nous l’imputer puisque nous étions à Tichitt. Nous étions tous contre de telles méthodes, mais la plupart d’entre nous ne trouvaient pas opportun de le dire officiellement – et j’étais de ceux-là – car cela aurait paru faire acte de soumission, ce à quoi je me refusais personnellement.

La période de la « Table ronde » Février- Décembre 1961

Avant notre libération, en Février 1961, des émissaires étaient revenus à Tichitt. L’indépendance était acquise, qui était notre but à tous. Nous avons accepté le principe de rencontres avec Moktar, mettant sur le fait que l’indépendance n’était pas entière pour expliquer le comportement de Moktar. Le contact s’est établi à Nouakchott.

Les milieux P.R.M. étaient très réticents vis-à-vis de l’unité. Ils savaient qu’ils seraient submergés, autant sur le plan gouvernemental que sur le plan local. A vrai dire, P.R.M. et Nahda étaient deux mondes différents. Finalement, la Table ronde s’est réunie. La représentation de la Nahda était égale à celle du P.R.M.

Le P.R.M. a fait des difficultés pour accepter deux petits partis qu’il disait inféodés à la Nahda : l’U.SM.M., regroupant des vieux guerriers de l’Adrar, parti probablement créé par des officiers français, mais très vite noyauté par la Nahda… et l’U.N.M. dont l’influence était surtout localisée à Kaédi, à Timbedra et dans le Hodh oriental : c’était officiellement une section du P.F.A., et ses membres militaient surtout pour avoir des ressources ; il s’agissait de Hadrami Ould Khattri, très gentil –, d’Abdoul Aziz Ba, genre d’aventurier sympathique –, dirigeants plus politisés, faisant surtout du bruit et pas sérieux.

L’appel de Février 1961 du Premier Ministre était surtout une officialisation des contacts. Les difficultés furent surtout pour que les autres partis acceptent, P.R.M. compris. Ce fut aussi difficile d’obtenir l’autorisation de tenir les congrès à Nouakchott, d’autant que certains partis étaient interdits.

Le Président Moktar a été constamment talonné. J’ai personnellement commencé de jouer tout de suite un rôle dans cette Table ronde. La situation générale était très grave. La subversion commençait de se manifester.

L’interdiction de la Nahda et l’arrestation de ses leaders n’étaient pas une solution : certains éléments de la Nahda, désorientés, se sont laissés alors entrainer par la propagande marocaine qui faisait dire que la Nahda était pro-marocaine.

Nous n’étions pas là pour dire que nous n’avions plus à voir avec le Maroc. Dès notre retour de Tichitt, nous nous sommes efforcés de pacifier les esprits. Nous considérions que la patrie était en danger, et puis l’indépendance était acquise. Mais il fallait qu’une mesure d’officialisation survienne pour réparer le passé. Ce fut la Table ronde.

Moktar se montra alors capable de jouer le jeu.
(Question posée : pourquoi ne le referait-il pas maintenant ? Réponse : Cela lui demanderait beaucoup de sagesse et de courage politique. C’est difficile pour un Chef d’Etat confirmé depuis dix ans. Reprise : il me semble qu’en Mauritanie tout est possible, et je n’exclus pas de vous voir ministre des Affaires Etrangères dans quelques mois).

Donc, Moktar se montra capable de jouer le jeu.

La Table ronde comprenait seize personnalités représentant en nombre égal les quatre partis. Dans chaque localité était instaurée une petite « table ronde » locale sur le même modèle. Les quatre partis ont tenu des congrès successivement en Décembre 1961, à Nouakchott. Au Congrès de l’Unité, il y avait 80 participants par parti, plus des personnalités sans parti.

Pour le remaniement du Gouvernement, l’important était que Moktar prenne Bouyagui. Celui-ci atteignait le rêve de sa vie [iv]. Il était un personnage effectivement officiel. Il fut désigné sans difficulté par le parti, comme candidat pour des fonctions gouvernementales. Ce fut plus difficile dans les autres partis.

Pour la candidature unique à la Présidence de la République en la personne de Moktar Ould Daddah, la question ne se posa pas pour la Nahda. Quand nous étions dans l’opposition, nous nous prétendions majoritaires mais, assez paradoxalement, prendre le pouvoir n’était pas notre objectif. Pour nous, accepter l’unité, c’était participer à la construction d’un Etat moderne et à l’organisation du peuple. Cela n’avait rien d’utilitaire.

Pour ma part, je n’avais aucune ambition politique. Et j’ai été très étonné quand, au congrès de Nouakchott, certains ont pensé à moi comme secrétaire général du parti. Il était normal que ce fut le Président de la République qui, tenant tout en mains, tienne aussi le parti.

Certains ont pensé que je devrais briguer ce poste, mais je ne le pensais pas moi-même. J’ai entendu dire la même chose en 1966, et j’ai pris cela comme une plaisanterie. Si j’avais fait partie d’une équipe pour une action précise, cela aurait pu se concevoir.

L’acceptation de l’unité avait servi à Moktar. Cela permettait aussi que chacun avait eu raison. La Nahda préconisa tout de suite des mesures d’implantation et de popularisation du parti ainsi unifié.

Sidi El Moktar était resté en dehors du mouvement de l’unité. Moktar eut beau jeu d’en faire le bouc émissaire. Il symbolisait la résistance au progrès. Il a d’ailleurs démissionné quand il a vu que la Constitution était faite pour Moktar et que le gouvernement avait des moyens irrésistibles. Dans ce contexte d’ailleurs, la Nahda n’avait pas à choisir. Ce qui est certain, c’est que Sidi et Moktar ne pouvaient plus continuer à se partager le pouvoir.

Le Congrès de l’Unité a été un aboutissement. Un bureau politique national a été constitué, composé surtout de membres des anciens partis d’opposition. La Nahda était incontestablement l’élément moteur. Mais des querelles se sont vite fait jour.

Le B.P.N. issu du Congrès de l’Unité

Le nouveau B.P.N. [v] a commencé d’opérer comme s’il s’agissait encore de la Nahda. Il s’agissait de créer une organisation sur une base populaire et dynamique [vi]. Mais très vite Bouyagui a suspecté ses anciens camarades de la Nahda, d’on ne sait quoi, et particulièrement de moi, se figurant qu’on voulait le supplanter. Il avait une espèce d’adoration pour le parti en tant que tel, et aurait voulu occuper le poste de permanent que j’occupais [vii].

Bouyagui avait l’impression de ne pas avoir le poste le plus important du parti, et en a conçu un certain dépit qui s’est transformé en défiance. C’est d’ailleurs un homme qui a la manie de la persécution… Il s’est alors allié à des éléments très réactionnaires dans le B.P.N., pour faire pièce aux éléments plus avancés.

Ce faisant, il a introduit des éléments régionalistes. Le groupe était assez net : Bouyagui, Dey Ould Brahim, Hamoud Ould Ahmedou. Il y avait aussi des éléments neutres. Les membres noirs ne prenaient pas parti et suivaient Moktar du regard ; ils n’avaient pas d’opinion politique.

Moktar jouait à l’arbitre (chose qu’il ne peut plus faire maintenant, vu sa solitude). Il y avait un groupe actif qui déterminait en fait le B.P.N. : Haïba Ould Hamody, Yahya Ould Abdi, Mohamed Ould Cheikh (qui n’avait pas milité dans la Nahda mais était très proche de nous). Bouna Ould Abeidalla (un ancien U.S.M.M., mais très proche de la Nahda), Sidi Ould Abbas, Hadrami Ould Khattri (U.N.M.), Salem Ould Boubout et un autre U.S.M.M. étaient avec Bouyagui.

Finalement, on en est venu à l’exclusion de Bouyagui, décidée par une minorité agissante de 8 ou 9 sur 21, avec 2 ou 3 contre. Moktar n’a pas voté, mais il avait donné des assurances auparavant, avait favorisé la procédure. Il a joué le jeu et marché avec nous. C’est une minorité active qui a emporté la décision, contre laquelle il n’y avait rien [viii].

Le Congrès de Nouakchott et le désengagement d’Ahmed Baba Ould Ahmed Miske

Au Congrès de Nouakchott, j’ai été réélu membre du B.P.N. [ix] J’étais cependant démissionnaire depuis la fin de 1962. Je voyais que Moktar ne me faisait pas vraiment confiance et ne jouait pas vraiment le jeu du parti, qui – du coup – s’enlisait dans la voie du P.R.M. et de l’U.P.M.

Au début de 1962, il y avait eu un réel enthousiasme. Il ne s’agissait pas dans notre esprit, de faire la révolution, de tout casser, mais de favoriser les éléments modernes, de faire un parti du mouvement, qui puisse diriger le pays vers la voie du progrès. Mais il y avait une résistance inconsciente de Moktar, fondée surtout sur une sorte de méfiance à mon égard qui symbolisait à nouveau ce parti.

La policaillerie revenait, se redressait et dominait à nouveau les sections du parti. Je me désengageais, mais je ne pensais pas pouvoir abandonner complètement, car cela aurait créé de nouveaux remous. D’autres amis n’étaient pas dans la même situation que moi. Les Marocains étaient encore très violents.

J’ai participé à l’organisation du Congrès de Nouakchott jusqu’à son ouverture [x]. Mais je n’y ai pas assisté, non plus que Mohamed Ould Cheikh fatigué. Il fut d’ailleurs accusé – par un tract contre lui et Kane Elimane – d’être trop proche des Noirs. J’ai alors publié un autre tract, contre ce précédent tract. Je fis aussi en sorte de ne pas être réélu, mais le fus quand même. Et désigné comme permanent.

Le système d’élection du B.P.N. varie : au congrès de l’Unité, ce fut surtout l’œuvre d’une commission de désignation – à celui de Nouakchott, ce furent les votes des représentants des sections, avec intervention de la commission de désignation.

J’ai confirmé à Moktar au moment du Congrès que je souhaitais « décrocher », et lui ai expliqué que si le parti avait des chances de se rattraper, cela ne pouvait se faire avec moi, car Moktar avait trop peur que je crée une opposition. Il fallait donner sa chance au parti.

Je suis parti en Juillet 1963 [xi] comme ambassadeur à Abidjan et à Conakry. Personne ne m’a remplacé, et l’on mit deux personnes à la permanence. J’avais d’ailleurs abandonné la permanence auparavant avec mon voyage de noces.

À suivre

[i] - le 14 Août 1960, le parti gouvernemental, le PRM l'emporte aisément à Boghé, à Rosso et à Kaédi où il se présente sans adversaire, mais de justesse à Atar (par 30 voix sur 2634) où la Nahda le talonne – la veille, Moktar Ould Daddah avait adressé une lettre aux divers partis politiques pour les inviter à l'union

[ii] - l’ambiance est à une « table ronde » entre tous les partis existant ; l’USMM la propose, l’UNM s’y rallie, la Nahda veut s’informer ; c’est le 7 Septembre 1960 et non le 6, que l'arrivée de ses dirigeants à Nouakchott provoque différentes manifestations. Du 9 au 16 Septembre, se succèdent des démentis mauritaniens – à Nouakchott et à Paris, où se trouve alors Moktar Ould Daddah – aux dépêches marocaines suivant lesquelles les troupes françaises seraient intervenues à Nouakchott et à Atar, tanks à l'appui et affirmant également l'existence d'une garnison dans la capitale

[iii] - le 8 Novembre 1960, au ksar de Nouakchott

[iv] - il obtient le portefeuille des Transports et des Postes & Télécommunications, le nouveau gouvernement que forme le Président de la République, le 29 Septembre 1961, mais figure au dernier rang protocolaire…

[v] - Décembre 1961 : Moktar Ould Daddah, secrétaire général - Ahmed Baba Ould Ahmed Miske - Mohamed Ould Cheikh - Souleyman Ould Cheikh Sidya - Bouyagui Ould Abidine - Youssouf Koita - Hamoud Ould Ahmedou - Bouna Ould Abeidallah - Mohamed Abdallahi Ould El Hassen - Doudou Ba - Hadrami Ould Khattri - Sakho Abdoulaye - Sidi Ould Abass - Ba Mamadou Samba Boly - Haiba Ould Hamody - Ahmedou Ould El Hadj Habib - Salem Ould Boubout - Touré Mamadou dit Racine - Mohameden Ould Babah - Yahya Ould Abdi - Dey Ould Brahim

[vi] - les rôles sont ainsi répartis dès la première réunion, le 1er Janvier 1962

* organisation et propagande, orientation : Mohamed Ould Cheikh

* politique générale et relations extérieures : Bouyagui Ould Abidine

* administration, information et documentation : Ahmed Baba Ould Ahmed Miske

* finances et affaires économiques : Mamadou Samba Boly Ba

* affaires culturelles, sociales et jeunesse : Touré Mamadou dit Racine

- ainsi qu’une commission pour préparer le règlement intérieur : Ahmed Baba Ould Ahmed Miske, Touré Racine, Bouyagui Ould Abidine, Abdoulaye Sakho
[vii] - le 23 Février 1962, le Conseil des ministres met Ahmed Baba Ould Ahmed Miske, permanent du Parti du peuple, à la disposition pro forma du Président de la République

[viii] - le 19 Octobre 1962, pour compter de la veille, les démissions de Bouyagui Ould Abidine et de Dey Ould Brahim de leurs fonctions gouvernementales sont acceptées par le Président de la République – coïncidence ? le 17, Horma Ould Babana a été prié par le gouvernement malien de quitter le pays d’où ont été perpétrés les attentats mortels de Néma, le 29 Mars et de Nouakchott, le 19 Avril – le 21, rassemblement populaire au ksar pour expliquer l’exclusion

[ix] - Avril 1963 : Moktar Ould Daddah, secrétaire général - Souleymane Ould Cheikh Sidya - Hbib Ould Ahmed Saloum - Mohamed Ould Cheikh - Yahya Ould Abdi - Youssouf Koita - Dah Ould Sidi Haiba - Abdoul Aziz Ba - Cheikh Mohamed Lemine Ould Sidi - Sidati Ould Moumouna - Cheikhna Ould Mohamed Laghdaf - Bouna Ould Abeidallah - Samory Ould Biya - Sidi Mohamed Ould Abderrahmane - Moktar Ould Ahmed Ethmane - Cherif Ould Mohamed Mahmoud - Haiba Ould Hamody - Ahmed Baba Ould Ahmed Miske - Ahmed Ould Mohamed Salah - Yahya Kane - Doudou Ba

[x] - c’est pendant ce congrès, le 26 Mars 1963, que se produit inopinément le retour des "transfuges" partis au Maroc au printemps de 1958 ; Mohamed Fall Ould Oumeir, Mohamed el Moktar Ould Bah, Cheikh Ahmedou Ould Sidi et Mohamed Ahmed Ould Taki ; descendus d'avion à Nouakchott, ils sont immédiatement dirigés sur Tichitt. Leur procès aura lieu deux ans plus tard sans rien apporter ni à l’Histoire, ni à la vie politique nationale

[xi] - nomination le 27 Juin – mais en compagnie de Bocar Alpha Ba, il effectue du 4 au 16 Juillet, une mission de bonne volonté en République arabe unie (Egypte).



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