08-09-2015 13:12 - La fin tragique de Teen Yussouf Gueye et les contre-vérités de Boye Alassane Harouna

 La fin tragique de Teen Yussouf Gueye et les contre-vérités de Boye Alassane Harouna

La Tribune - Tous ceux qui ont lu “j’étais à’ Oualata du lieutenant Boye Alassane Harouna ont été durablement marqués par un sentiment de vive émotion. En effet, le miraculé de Oualata (tous les détenus qui sont sortis vivants du fort de Oualata sont des miraculés) décrit avec un talent incontestable, ce que furent leurs conditions de détention et beaucoup se demandent encore comment de telles choses ont pu se passer dans cette Mauritanie et dans cette cité historique dont le fort désormais tristement célèbre, passera pour la postérité comme un symbole de l’injustice, de la haine, du racisme, du crime et de la bêtise.

Cependant, évoquant la mort de Teen Toussouf Guèye l’auteur de ‘’j’étais à Oualata’’ écrit des contre vérités manifestes. Pour quelles raisons ? A quelles fins ? Pourquoi, pourquoi et pourquoi ?

I - Le film des évènements :

Boye Alassane Harouna relatant l’évacuation de Oualata à Nema de Teen Youssouf Guèye écrit « malheureusement quant il arriva, le lieutenant Oumar était en mission d’inspection dans la région de Néma. Le Wali était lui aussi absent de Néma. Par rapport au cas du détenu Teen Youssouf Guéye, Il y’avait une sorte de vacance de pouvoir.

Ces deux autorités semblaient être les seules habilitées à décider de l’hospitalisation de Teen Youssouf Guèye. Puisque tous les autres responsables (préfet et gouverneur adjoint) refusèrent de prendre la responsabilité de son hospitalisation : conséquence tragique d’une telle vacance de pouvoir et du refus des responsables administratifs sur place d’engager leur responsabilité : Teen Youssouf Guèye agonisant, évacué du fort –mouroir pour être hospitalisé, se retrouva, malgré son état, dans la prison des détenus de droit commun de Néma.

C’est dans cette prison qu’il expira dans la nuit du 02 septembre 1988. Sans sépulture, il serait enterré dans une tombe anonyme dans un cimetière de Néma. Telle fut la fin de l’un des plus prestigieux écrivain et homme de culture de la Mauritanie »
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Ce qui s’est réellement passé

Dans la deuxième quinzaine du mois d’aout 1988, j’arrive à Néma pour prendre service en tant qu’adjoint gouverneur chargé des affaires économiques et sociales. A peine une semaine plus tard, par un mouvement au Ministère de l’Intérieur, le gouverneur titulaire qui était à Nouakchott est remplacé.

Par ce même mouvement, l’adjoint administratif est affecté comme préfet à Aleg et il rejoint sans tarder son poste. Le nouveau gouverneur n’ayant pas encore pris service, je me suis retrouvé seul à la tête de la région.

J’étais dans mon bureau le matin du 30 septembre 1988 quand le lieutenant Oumar Ould Beibacar, que je connaissais à peine puisqu’il venait juste de prendre le commandement du GR1 arrive. Après m’avoir salué, il s’assoit et me fait le compte rendu de sa visite au fort de Oualata

La gravité de la situation qu’il décrivait se dégageait à travers le poids des mots qu’il prononçait mais se lisait également sur son visage. Il insistait particulièrement sur le cas du détenu Teen Youssouf Guèye.
A la fin il me dit «monsieur le gouverneur, je ferai le compte rendu à ma hiérarchie mais je pense que vous devez agir rapidement. » Je lui ai dit « lieutenant Oumar je vais agir, mais pour cela il faut me faire sans tarder un rapport écrit sur la situation des détenus du fort de Oualata. » Une heure plus tard il revient et me remet son rapport. Il était 10 heures environs.

Je fais un chiffré (un message codé) sur la base du contenu du rapport du commandant du GR1 avec la mention PARI. Un message chiffré signifie qu’il s’agit d’une affaire sérieuse et avec la mention PARI, il signifie qu’il présente un très haut degré de gravité et que le destinataire, le Ministre de l’Intérieur en l’occurrence, doit prendre connaissance de son contenu toute affaire cessante. C’est un peu comme dans la circulation où toutes les voitures doivent céder le passage à une ambulance.

Avant 11 heures, je reçois un chiffré du Ministre de l’Intérieur qui demande entre autres si un avion pouvait atterrir à Oualata. Après une concertation avec le préfet de Oualata, ce dernier me confirme qu’un avion ne pouvait pas atterrir à Oualata puisqu’on était en hivernage et que le terrain qui servait de piste d’atterrissage était marécageux à cette époque.

J’envoie un autre chiffré qui livre les informations demandées par le Ministre et avant midi je reçois un dernier message qui contenait des directives précises relatives à l’évacuation de Téen Youssouf Gueye de Oualata à Néma et son placement à la prison civile de Néma en attendant l’arrivée de l’avion médicalisé qui était prévue dans les heures qui devraient suivre.

L’arrivée de Teen Youssouf Gueye à Nema et sa mort quelque temps après :

En application des directives reçues, je convoque le médecin chef de l’hôpital de Néma, l’informe de la situation et lui notifie qu’il doit effectuer la mission de l’évacuation du détenu Teen Youssouf Gueye de Oualata avec les éléments de la Garde Nationale et qu’ils doivent partir le plus rapidement possible. La mission quitte Néma vers15 heures et le lendemain vers les coups de 10 heures, ils étaient de retour à Néma et à bord de la Land Rover qui le transportait il y’avait le détenu Teen Youssouf Guèye.

A leur arrivée à la prison civile de Néma, j’étais sur les lieux et aidé par les gardes nous l’avons porté (il ne pouvait pas marcher) dans la chambre qui avait été préparée pour l’accueillir.

J’ai presque la quasi certitude d’être la dernière personne avec qui il a parlé. Seul le désir de rétablir la vérité sur la fin tragique de Teen Youssouf Guèye me pousse à répéter ses dernières paroles que ses propres enfants entendront pour la première fois. Quand on le fit coucher dans sa chambre il m’a dit « Où est mon sac ? » je lui réponds « votre sac est là ».

C’était un sac de couleur marron. Il m’a dit aussi « où sont mes chaussures ?» je lui réponds « vos chaussures sont là également » c’étaient des babouches blanches. Ensuite il a dit Alhamdoulillahi Rabil Allamina et il a fermé les yeux. Sa santé s’était considérablement dégradée déjà à Oualata mais le voyage extrêmement pénible de Oualata à Néma l’avait beaucoup épuisé.

Le médecin chef demanda qu’on lui prépare une bouillie à base de produits lyophilisés qu’on avait fait venir du CSA et qu’en attendant, il devait récupérer. Je savais qu’un avion médicalisé était en préparation à Nouakchott et je priais Dieu pour qu’il arrive rapidement. Il était midi environ, et je me rends à mon domicile qui était distant d’environ 100 mètres pour me préparer pour la prière de vendredi.

Je sortais de la douche quand j’ai aperçu un garde qui se dirigeait vers moi à pas de course. Mon sang s’était glacé car j’ai compris aussitôt que quelque chose de grave s’était passé. Effectivement quand le garde arrive il me dit « monsieur le gouverneur il faut venir je crois que c’est grave ». Quand je pénètre dans la chambre, l’un des garde m’a dit « la volonté de Dieu s’est réalisé Teen Youssouf Guèye avait rendu l’âme. »

Il devait être au maximum12 h 45. J’avais les jambes en coton et l’esprit complètement embrouillé. Quelques instants après je me ressaisis, je vais au bureau et j’envoie un chiffré qui informe le ministre de l’intérieur et qui demande la conduite à tenir.

Ce vendredi 02 septembre 1988, il se passe au Ministère de l’intérieur quelque chose de vraiment inhabituel : il n’y a pas de permanence au service du RAC. Jusqu’à 16 heures je n’arrive pas à faire passer mon message. La grande canicule qui sévissait à Néma à cette période commandait de prendre une décision. Dans la solitude de mon bureau, je décide de convoquer l’Imam de la grande mosquée de Néma (La vieille ville).

Quand cet homme de Dieu arrive, je le mets rapidement au courant et je lui demande s’il accepte de superviser le rite mortuaire et ensuite de diriger la prière sur le défunt. Sans l’ombre d’une hésitation il me donne son accord.

Il se rend à la prison civile et avec les gardes qui d’ailleurs étaient pour la plus part des négros africains, ils aménagent un endroit de fortune mais fonctionnel pour le besoin ponctuel. Après la préparation, l’Imam de la grande mosquée de Néma accompagné d’une douzaine de gardes se rendent au cimetière, prient sur l’homme de culture et l’enterrent.

Ce n’est que vers 21 heures que j’ai réussi à passer mon message par le canal de la police nationale et à 06 heures du matin le monde entier apprendra sur les ondes de la RFI que Teen Youssouf Guèye n’est plus.

Les contre-vérités du lieutenant Boye Alassane Harouna :

La version que je donne de la fin tragique de l’auteur des exilés de GOUMEL est authentique. Quand les archives du Ministère de l’Intérieur seront ouvertes un jour sur ces événements, les mauritaniens auront la confirmation de ce que j’ai dit. Le Colonel E/R Oumar Ould Beibacar ne manquera pas de dire sa part de vérité.

A propos de la vacance du pouvoir

Les textes organisant l’administration territoriale en Mauritanie sont conçus de telle sorte qu’il n’y a jamais de vacance de pouvoir. A l’époque déjà les gouverneurs étaient assistés d’au moins 02 adjoints. Le plus ancien dans le poste assure l’intérim et quand ils avaient la même ancienneté dans le poste l’intérim revenait au plus gradé et à grade égal, le plus âgé est l’intérimaire.

Par rapport au cas de Teen Youssouf Guèye, il est clair maintenant qu’il n’y avait pas du tout de vacance de pouvoir et que ni le gouverneur titulaire, ni le commandant du GR1 n’étaient habilités à décider de l’hospitalisation de Teen Youssouf Guèye pour la simple raison qu’il n’était pas évacué pour être hospitalisé à Néma mais transporté à Nouakchott par un avion médicalisé.

En plus, comme je l’ai déjà signalé, les instructions sur cette affaire étaient claires et le gouverneur titulaire et le commandant du GR1 n’y pouvaient rien changer.

Teen Youssouf Gueye n’a pas été enterré sans sépulture et dans une tombe anonyme :

L’auteur de ‘’j’étais à Oualata’’ n’a pas été juste avec un homme de Dieu. Dieu m’est témoin que c’est l’imam de la grande mosquée de Néma qui a non seulement supervisé le rite mortuaire (toilette, Linceul) mais c’est lui même en personne qui a dirigé la prière au cimetière. Cet homme comme je l’ai déjà dit a accepté sans l’ombre d’une hésitation de sacrifier son temps pour toute la durée de l’opération.

Dans le récit de la mort de Teen Youssouf Guèye la seule fois où on remarque une petite prudence de l’auteur de ‘’j’étais à Oualata’’ c’est quand il écrit « il serait enterré dans une tombe anonyme ». Non il n’est pas enterré dans une tombe anonyme, sa tombe a été matérialisée, ses enfants et tous ceux qui le souhaitent peuvent aller se recueillir sur cette tombe.

Du refus du préfet et du gouverneur adjoint de prendre leur responsabilité

Cette partie du récit du fils de Ceenel-Halayɓe pose véritablement problème par ce qu’elle peut induire sur ses véritables intentions puisqu’il n’y a pas l’ombre d’un doute qu’il mettait bien des visages sur les deux autorités car il les connaissait très bien.

Le préfet n’était autre que Monsieur Sarr Demba Hamady que j’appelais affectueusement Doyen. C’était une personnalité très connue puisque faisant partie des premiers cadres de la police.

Il a occupé les fonctions de Commissaire dans plusieurs localités et plus tard il deviendra Préfet dans beaucoup de Moughataas du pays. Quand au gouverneur adjoint, c’est un homme avec qui il s’est réuni dans des cellules du MND pour des séances d’études et de contrôle de tâches jusqu’au jour où il a décidé d’aller servir sous les drapeaux.

Ce qui est absolument incompréhensible c’est le fait même d’évoquer le Doyen Sarr dans cette affaire. Il était préfet à Néma et il s’agit d’une affaire qui relevait du département de Oualata et de la Région. Il n’avait aucune compétence pour intervenir et à quelque titre que ce soit dans ce dossier. Il n’avait aucune responsabilité à prendre.

Le gouverneur adjoint était le seul concerné. Le jeudi 01 septembre 1988, et la folle journée du vendredi 02 septembre 1988 il a pleinement assumé ses responsabilités et fait ce qu’il fallait faire.

Je pense qu’un homme peut être placé dans des circonstances telles, que la forme de courage la plus achevée consiste simplement à faire son devoir, à prendre ses responsabilités.

Deux poids deux mesures :

Le lieutenant Boye Alassane Harouna a rendu récemment un hommage appuyé et absolument mérité au Colonel E/R Oumar Ould Beibacar. Dans ‘’j’étais à Oualata’ déjà, il avait évoqué le sens du devoir et de responsabilités du Commandant GR1 et la profonde sympathie que les détenus du fort de Oualata lui vouaient. Tout cela est vrai. Par contre , il n’a pas été équitable avec le Doyen Sarr Demba Hamady (Paix à son âme) pour l’avoir mêlé à une affaire qui ne le concerne en rien.

Il a été franchement injuste aussi avec l’adjoint gouverneur que j’étais et qui pourtant, comme le lieutenant Oumar a fait son devoir de bout en bout et dans des conditions morales et psychologiques extrêmement difficiles.

Qu’est ce qui peut expliquer une telle différence dans le traitement de la part d’un homme calme, posé, réfléchi et qui mesure tout le préjudice morale et l’étendue des dégâts qu’une certaine lecture de ces faits peut avoir sur les intéressés eux même, leurs familles, leurs amis etc…

Les raisons non avouées puisque non avouables :

Tous ceux qui liront ces lignes comprendront que sur la fin tragique de Teen Youssouf Guèye, l’auteur ‘’j’étais à Oualata’’ a eu une relation difficile avec la vérité (vacance de pouvoir, hospitalisation, enterrement etc…) mais personne ne comprendra la motivation de l’auteur quand il écrit : « les deux responsables administratifs n’ont pas voulu engager leur responsabilité. Était-il dans l’ignorance de ce qui s’était vraiment passé ? Cet argument n’est pas recevable pour la simple raison que l’ignorance n’est pas une justification.

L’explication d’un tel acharnement à vouer aux gémonies les deux autorités administratives est à rechercher ailleurs.

Dans le contexte de l’époque, beaucoup de nationalistes négro-africains étaient mentalement encalminés dans l’idée que les autres négro-africains qui ne partageaient pas leurs convictions étaient ‘’des traitres vendus’’ aux maures et que ceux qui occupaient encore des fonctions importantes étaient de misérables collabos.

Ce n’est que par ce biais qu’on peut entrevoir les raisons qui ont pu pousser Boye Alassane Harouna à nous présenter comme il l’a fait, c'est-à-dire des autorités pusillanimes au point de ne pas oser engager leur responsabilité pour hospitaliser Teen Youssouf Guèye.

Boye Alassane Harouna est un fuutanke. Quand on traque le dernier repli de sa pensée dans cette affaire, on peut découvrir un message :

Parmi les choses que Teen Youssouf Guèye adorait le plus et qui faisait l’objet de sa fierté c’est justement le titre de Ten qu’il portait dans le Fuuta ce titre est porté au moins dans trois endroits : à Kaédi où le Teen est un Guèye, à Duungel où le Teen est un Gaye et à Ɓokki Sarankoɓe où le Teen est un Sarr. Les deux autorités administratives Gaye et Sarr ont laissé Teen Youssouf Guèye mourir à la prison civile de Néma, sans oser engager leur responsabilité pour son hospitalisation. Une telle présentation des choses est absolument atroce.

Un mauvais procès :

Ceux qui ont connu Sarr Demba Hamady ont certainement apprécié ses grandes qualités morales. Dans ses fonctions de commissaire de police, il a servi son pays avec dévouement et comme préfet il s’est distingué par sa compétence et son efficacité qui ont marqué tous ceux qui ont travaillé avec lui.

Dans les différentes positions il a été constamment au service de tous les mauritaniens sans distinction. Il n’était pas un opposant. Sa profonde connaissance de ce pays et de ses hommes ont ancré chez lui la conviction qu’il était plus utile dedans que dehors. Il aimait me rappeler un adage marocain qui dit.

Le bras long sert à prendre; le pouvoir peut prendre ce qu’il veut là où il le veut. Le bras court sert à donner et il ne peut atteindre que ceux qui sont à coté de lui». Quand il a servi sous les différents régimes qui se sont succédé dans le pays, il a toujours su allier intelligence et efficacité. Impliquer cet homme dans une affaire qui ne le concerne pas, lui donner des responsabilités qu’il n’avait pas et qu’il ne pouvait pas avoir est franchement injustifiable mais je suis sûr que cela n’entamera en rien le profond respect et la très haute considération que les mauritaniens ont pour lui.

Il faut s’arrêter plus longuement sur le cas du gouverneur adjoint puisque les circonstances avaient fait de lui le principal acteur au niveau de la région dans la gestion de l’affaire Teen Youssouf Guèye dans la mesure où il était la seule autorité habilitée à engager sa responsabilité.

En août 1988, j’étais un jeune administrateur civil dont la carrière avait commencé à suivre une trajectoire relativement correcte. Sorti de l’ENA en 1985, j’ai été successivement chef d’arrondissement puis adjoint gouverneur.

A cette époque j’avais décidé de mettre une sourdine sur mes positions politiques qui pouvaient s’avérer d’un coût élevé pour la poursuite de cette carrière. A la vérité j’avais revu mes ambitions à la baisse et au lieu de chercher à transformer la Mauritanie, je me contentais désormais du rôle plus modeste de serviteur de l’Etat. Dans l’affaire du dossier Teen Youssouf Guèye, j’ai fait tout ce qui était humainement possible.

Je suis même tenté de répéter les mots de Guillaumet quand, retrouvé vivant dans la cordelière des Andes, ressemblant à un boxeur vainqueur mais marqué de coups, a dit à son camarade Antoine de Saint-Exupéry « je t’assure que ce que j’ai fait aucune bête ne l’aurait fait ». Gaye El Hadj, carriériste au point de ne pas oser engager sa responsabilité, non ce n’est pas vrai. D’ailleurs, quelques 08 mois plus tard l’histoire se chargera de démolir définitivement cette thèse.

Quand les événements de 89 ont éclaté, j’étais en congé à Nouakchott. A la fin de mon congé je me rends au Ministère de l’Intérieur pour récupérer le courrier de la Région et un collègue, directeur de quelque chose à l’époque m’invite avec insistance à prendre un thé avec lui. J’avais seulement pris le premier verre, qu’un commissaire de police se présente à moi et me notifie qu’il avait l’ordre de m’arrêter.

Il me conduit dans une villa quelque part à Nouakchott et à mon arrivée je constate la présence de quelques autres collègues négro-africains qui étaient dans le commandement. Nous avons été libérés moins de 02 mois plus tard. J’avais perdu mon poste et j’entamais une traversée du désert qui durera 13 ans. A un certain moment j’ai été éligible au poste de ‘’chef de garage’’ au Ministère de l’Intérieur.

Ce n’est qu’en avril 2003 que j’ai retrouvé une fonction grâce à l’appui précieux du Général N’Diaga Dieng à l’époque Directeur Général des Douanes, de l’ancien Ministre de l’intérieur Feu Lemrabott Ould Sidi Mahmoud Ould Cheikh Ahmed (Paix à son âme) et de mon ami de toujours l’ambassadeur Hamady Ould Meimou. Quand je me remémore nos conditions de détention j’ai toujours une pensée pour un homme qui été lui aussi un homme de devoir.

Il s’agit du commissaire Mohamed Abdou (Paix à son âme). Durant toute la durée de notre détention il nous a traités avec beaucoup de respect et de dignité. Il a été emporté par la maladie. Il a eu une courte vie (c’était son destin). A chaque fois que je pense à lui ce poème me revient « les montagnes éternelles ne surpassent en rien les roses qui se fanent si vite ».

A vrai dire, Boye Alassane Harouna a été injuste avec nous (O toonyii min haa e yeeso Allah). Je dois faire cependant un aveu. Jusqu’à la parution de ‘’j’étais à Oualata’’ où l’auteur confirme que la tentative du coup d’Etat des officiers négro africain était un fait avéré, j’étais absolument sûr qu’il s’agissait d’un montage un peu comme à la Sékou Touré avec ses éternels complots des Peuls.

Pour moi, les arguments qui étaient donnés à l’époque sur la préparation du coup d’état ne pouvaient convaincre que ceux qui tenaient absolument à être convaincus c'est-à-dire ceux qu’on n’avait pas besoin de convaincre. Avec la confirmation de la véracité de la tentative de coup d’état, n’y a-t-il pas un problème d’une responsabilité écrasante ?

Qui peut contester aujourd’hui que cette tentative à été « une divine surprise » et une aubaine inespérée pour les tenants de la politique chauvine de l’époque en ce qu’elle leur a permis de mettre en œuvre leur programme avec un rythme accéléré à travers la rupture des équilibres certes déjà fragilisés, mais dissuasifs malgré tout (purges dans l’armée, la police, l’administration etc…).

Un avenir pour la Mauritanie :

Cela fera bientôt 30 ans que les événements dont nous avons parlé ont eu lieu.

Les articles publiés récemment par le colonel E/R Oumar Ould Beibacar ont suscité des réactions parfois passionnées. C’est la preuve que les questions soulevées sont très importantes et intéressent beaucoup de mauritaniens mais du fait même de leur importance et de leur intérêt nous avons le devoir d’en discuter sans passion et avec beaucoup de sang froid.

Bénéficiant de recul, nous ne pouvons que constater l’ampleur des dégâts causés par la mise en œuvre d’une politique chauvine qui n’a fait que fragiliser notre pays. Les chantres de cette politique avaient tout fait pour détruire ce que notre histoire et notre religion avaient pu fédérer, agréger, mêler et féconder. Dans la Mauritanie d’aujourd’hui, toutes les questions d’intérêt politique majeur ne sont pas réglées dans le fond.

La fragilité de l’unité nationale, la parcellisation des conflits et leurs émiettements qui n’ont jamais été aussi prononcés ni aussi ethniquement connotés, la prégnance des solidarités « primordiales » (ethniques et tribales) constituent une véritable menace. La question de l’esclavage dont le cadavre, aux dires du sociologue mauritanien Abdel Weddoud Ould Cheikh bouge toujours, continue de déchaîner les passions et d’alimenter d’âpres polémiques et de vives controverses.

Le passif humanitaire interpelle tous les mauritaniens et exige d’eux d’avoir le courage de faire face à leur histoire comme d’autres pays l’on fait avec parfois des contentieux plus lourds. L’ensemble de ces questions constituent un véritable défi pour la classe politique mauritanienne (majorité, opposition, personnalités indépendantes, société civile etc…).

Ce défi peut être une formidable occasion pour que cette classe politique s’emploie dans toute la mesure de sa force et de son intelligence à former une coalescence en un même mouvement en vue de parvenir à un compromis historique dont la finalité sera de tout mettre en œuvre pour trouver des solutions décisives maintenant et définitives dans un proche avenir aux grands problèmes du pays.

Les reformes de structure s’imposent aujourd’hui face aux grandes questions (unité nationale, cohésion sociale, éducation nationale, reforme agraire etc…) mais elles ne pourront réussir que si elles sont portées par la grande majorité des mauritaniens.

En tout cas, par rapport au passif humanitaire, je voudrais inviter tous les mauritaniens à méditer ces paroles d’un homme sage et qui sait de quoi il parle. Il s’agit de Mgr Desmont Tutu, Président de la commission Vérité/Réconciliation en Afrique du Sud « la justice réparatrice, contrairement à la justice punitive, n’est pas axée sur la sanction. Elle vise avant tout à guérir et est porteuse d’espoir. La réconciliation nationale ne passe pas nécessairement par le châtiment des coupables. »

Gaye El Hadj
Administrateur civil
gayelhadj@yahoo.fr




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Commentaires (34)

  • foutaanke (H) 11/09/2015 23:48 X

    selon vous a cet epoque nous etions en pleine democratie?et donc que teen y gueye a beneficié d'un proces et il etait equitable? qui dans cette mauritanie ignorait le plan diabolique mis en oeuvre? vous etes tout simplement mandaté pour dementir le colonel qui n a fait que dire la verite mon cher la trahison est une maladie contagieuse,j'espere que vous vous comprehendrez

  • a.bennan (H) 11/09/2015 15:14 X

    La seule verite qui vaille aux yeux de nos noirs,est de nourrir par tous les moyens l'extremisme et le racisme contre leurs concitoyens Arabes.Et surtout de se montrer toujours en position de victimes.

  • Gorkovitch (H) 11/09/2015 14:38 X

    Les Cuballos (Pêcheurs) inventent le tennis triangulaire: chacun d'eux étale son filet pour capturer le maximum de poissons pour avoir raison sur l'autre!

  • mamadou75 (H) 10/09/2015 17:17 X

    M. Gaye, qu'est-ce qui vous a poussé à écrire cet article qui réveille en nous un passé douloureux de l'histoire de ce pays que nous aimons tant ? Vous n'auriez pas dû écrire ce texte parce que M. Boye n'a pas cité votre nom dans son livre pourquoi alors décliner votre identité dans cette histoire macabre qui ne vous grandit pas et risque de provoquer une polémique sans intérêt au moment où l'on cherche à panser les plaies du passé. Ce texte ne vous rapporte rien sinon votre responsabilité partagé dans la mort d'un résistant face un système autoritaire auquel vous avez prêté main. Alors, il y a une justice immanente, c'est elle qui vous a poussé à parler. L'histoire retiendra tout cela et laissez nous vivre en paix et nous tourner vers l'avenir de ce pays que nous voulons construire ensemble.

  • Freemanleeek (H) 10/09/2015 02:06 X

    Ce témoignage est émouvant, mais Dieu seul sait la vérité. Ce qui est triste dans tout ça, c'est que la machination de destruction de la cohésion des negro-mauritaniens mise en place depuis plus de 40 ans continue toujours de faire ses effets. Ce la se voit a travers ces articles du Colonel Beibecar, témoignage du lieutenant Boye et dernièrement Gaye El hadj....Arrêtez toutes ces conneries....il est temps de se remettre en question... Combattre le système raciste en place actuellement, qui n'est qu'une continuité du nationalisme arabe.

  • Korno Allah (F) 09/09/2015 17:07 X

    Il ne sert a rien a Boye de repondre a ce cadre des renseignements generaux, ami intime de Ndiaga Dieng.  (***)

  • mohamed w.l (H) 09/09/2015 11:58 X

    Sa nous fait rappeler l histoire de des juifs durant la deuxième guerre mondiale la shoha ou chacun donne sa version et gare a celui qui la nie il y a une vérité mais beaucoup de mensonges

  • Garbarimba (H) 09/09/2015 10:56 X

    Je pense qu’il y’a un détail de taille qui a échappé à tous ceux qui ont commenté ce sujet : le curieux mouvement d’affectation de l’adjoint au gouverneur et du gouverneur titulaire en même temps, à la même période et le remplacement de l’adjoint par un négro-africain (Gaye Elhadj) à cette époque et à deux semaines de la mort de Téne youssouf Guèye, n’est pas fortuit à mes yeux ! Je dirai même que c’était planifié par le ministère de l’intérieur dirigé alors de main de fer par Gabriel Cimper qui suivait de près la dégradation de l’etat de santé du célèbre geôlier de Oualata. La présence à Nouakchott du gouverneur de Néma , me fortifie dans cette idée, car il était certainement là pour l’exécution de ce plan et suivait entre autre son affectation sur place. Tout était planifié donc pour que Tène youssouf Guèye décède entre les mains de ses frères négro-africains autorités locales affectés sur place à leur insu, pour la circonstance, d’où l’affectation du jeune administrateur Gaye su place. ( l’administration du système, lui faisant croire à une promotion spéciale). D’où aussi le refus du gouverneur titulaire affecté de prendra fonction en attendant que son adjoint puisse s’occuper du cas de son frère négro-africain, le célèbre journaliste écrivain qu’ils attendaient certainement d’un moment à l’autre. Donc, qu’on puisse arrêter d’en vouloir à M.Gaye, car à cette époque, un négro-africain ne pouvait rien décider en tant qu’autorité : il avait juste le choix entre l’exécution des décisions du régime militaire ou la démission. La machination du système raciste de cette époque se jouait au dessus de sa petite tête de jeune administrateur( de moins de 30 ans) d’alors qui fut d’ailleurs arrêté 8 mois après l’éclatement des événements de 89, l’autre étape de planification du système ségrégationniste pour préparer l’épuration ethnique. Donc, que les frères Gaye et Boye cessent de se tirer dessus inutilement, et les autres d’alimenter un faux conflit.

  • ledésaroi (H) 09/09/2015 10:31 X

    Ten, vous étes un martyr et pour moi les martyrs ne meurent jamais; leur lutte continuera toujour.ce ki né pa clair ds cette histoire; cé ke pourquoi 27 ans aprés sa disparution, c'est maintnant ke Boye Alassane Harouna tente de faire la lumière sur cet affaire, c'est une affaire à suivre qui n'est pa clair

  • niomoxo (H) 09/09/2015 09:08 X

    Oui une folle journee,ce vendredi 02 septembre 88.Cependant,force est de reconnaitre qu'il y'a trop de contre-verites dans cette histoire si le commentaire de GAMELLE reste credible.

  • GAMELLE (H) 09/09/2015 00:28 X

    je voudrai faire une précision a monsieur gueye que le message adresse au ministère de l'intérieur l'informant du décès de Mr tene a été transmis par le biais de l'armée Nationale la 5 Région Militaire a L’ETAT Major National le vendredi aux environs 10 H 30 et la reponse a été donnée vers 14 H 00

  • jakuza (H) 08/09/2015 23:41 X

    Gaye Elhaj est un homme dont l'honorabilité est ETABLIE depuis toujours. Sa relation des faits est crédible, sans aucun doute. Le seul fait qu'il précise que Ten a été inhumé avec sépulture et pas dans l'anonymat disqualifie la version de Boye. Je suis d'accord avec lui que le fait que la tentative de coup d'état de 1987 soit avérée a changé la donne. Je suis d'accord qu'il faut aborder ces sujets sans passion et de voir certains tirer à boulets rouges sur Gaye me chagrine.

  • pyranha (H) 08/09/2015 22:17 X

    Eclair et Dicko ont dit l’essentiel de ce qu’il fallait .En réalité avec les best seller que sont « j’étais à Oualata et « l’enfer d’Inal » en plus des sorties fracassantes du Colonel ould Boubacar bcp de culottes vont se retrouver sur les genoux dans quelques années. Dieu ne se trompant jamais, quand il veut confondre un criminel ou un imposteur, ce dernier utilise ses propres arguments pour se mettre dans le brasier. Si ces 2 documents n’existaient pas, une obscurité abyssale se serait installée pour comprendre l’animosité et la sauvagerie d’un tel comportement de soit disant musulmans face leurs concitoyens. Aucune imagination aussi fertile soit elle ne pourrait accéder à cette inconnue que nous mettent sur un plateau d’argent ces talentueux et valeureux hommes que sont :BOYE Alassane Harouna ,Mohamadou SY et le colonel Ould Boubacar. Dieu par sa grâce et sa clairvoyance a pu extraire du lot des victimes de cette période, 2 exceptionnels militaires ayant pu survivre à la folie meurtrière de ces cannibales .Rien n’est du hasard de ces survivants il en a trié des plus intellectuels pour laisser à la postérité des récits qu’aucune conscience humaine ne pourrait assimiler .Le grand déballage Mauritanien viendra de ces 2 documents et des réactions de notre Colonel. Quant à Mr GAYE El Hadj je crois qu’il s’est posé tellement de questions qu’on a l’impression que c’est quelqu’un qui n’avait pas la conscience pas du tout tranquille , à aucun moment de ma lecture et relecture du livre de Boye je n’ai senti quelqu’un de visé et je ne vois pas pourquoi Boye aurait omis de féliciter ou de rendre hommage à Mr X ou Y si ces derniers le méritaient, je pense qu’à force de se croire visé Mr Gaye risque de nous mettre sur CRIDEM des « secrets de famille » inconnus et croustillant à partager …Quant aux archives du ministère de l’intérieur elles ont disparu depuis 1990 dans la cendre ou falsifiées comme le fut le manifeste de des negros de 1986…dixit mon Colonel qui seul, mérite d’être « GENERALISE »

  • DocteurM (H) 08/09/2015 21:15 X

    Je suis d'accord avec le possible caractère narratif romancé du capitaine Boye, mais je ne comprendrai jamais, pourquoi le confrère médecin et vous même avaient décidé de renvoyer le célèbre écrivain malade évacué, à la prison civile au lieu de l'hôpital, où, peut être une simple perfusion de glucosé ou tout autre soluté, était indiquée, en attendant l'arrivée de l'avion médicalisé. Pour le reste tout le monde a raison, Allah SWT reconnaitra les Siens.

  • caalido (H) 08/09/2015 20:34 X

    A present les masques sont tombées, rien qu'un negre de service.Que dieu acceuille le grand Tene Youssouf dans saint paradis et merci une fois de plus au noble et altruiste OUMAR OULD Beieibacar les deux confirment ton humanisme et ton sens de responsabilité.

  • salloumar (H) 08/09/2015 19:26 X

    Nous ne remarquons pas de contre vérité entre votre récit et le témoignage sur le mouroir de Walata. Il y a certes des imprécisions mineures dans le déroulement des faits. Au moment où le Martyr Tene Youssouf Gueye expire son dernier souffle, M. Boye avait les mains et pieds liés derrière le dos dans le cachot. Mais ça ne change rien sur le fond du dessein macabre des génocidaires. Non, M. l'Administrateur vous n'allez pas réduire tout un chef d'ouvre, tout un manuel d'histoire, tout un témoignage aussi poignant, aussi salutaire, aussi juste, aussi vrai,à quelques égratignures indirectes vous concernant. Ces égratignures ne feraient même pas tiquer un nouveau né. Non M. l'Énarque vous devrez utiliser d'autres prétextes, d'autres thèmes pour dire : "hé les gars, je suis encore là". M. El Hadj nous compatissons pour la perte injuste de votre job en 1989. De grâce ressaisissez -vous, vous avez encore, comme le prouve les derniers paragraphes de votre récit, la capacité et l'intelligence pour rebondir. Votre sortie ne fait plaisir et n'enchante que les petits esprits qui comparent le génocide en Mauritanie à une histoire d'argile. Nous vous remercions tout de même et nous ne garderons de votre "mise au point" que : "Quand on le fit coucher dans sa chambre il m’a dit « Où est mon sac ? » je lui réponds « votre sac est là ». C’était un sac de couleur marron. Il m’a dit aussi « où sont mes chaussures ?» je lui réponds « vos chaussures sont là également » c’étaient des babouches blanches. Ensuite il a dit Alhamdoulillahi Rabil Allamina et il a fermé les yeux". Yoo Allahou yuurmomo yaafomo. Seydi Gueye nous ne t'oublierons jamais ! "Liberez les bienfaiteurs des esclaves : Brahim et Birama". Salam. Oumar Débé.

  • bagaby (H) 08/09/2015 19:01 X

    T'as pas honte de ton titre vindicativement accusateur et de ton texte lachement absolutionniste ?

  • dauphin (H) 08/09/2015 18:40 X

    La mission qui devait amené le détenu Gêne de Oualata a mis 15 H, alors'que l'avion médicalisé qui devait l'évacuer de Nema a Nkchtt n'était pas arrivé, ou est la volonté de sauver la vie de ce détenu, ou'etait ce un simulacre d'évacuation? Le détenu malade ne pouvant pas marcher tellement qu'il fatigué et malade ne devrait il être reçu dans un hôpital ou un centre de santé, mais non à la prison civile de Ne m'a? L'avion qui était venu de Nkchtt pour les besoins d'evacuationndu malade ne pouvait il ramener le corps pour la famille Gueye? Si' gouverneur adjoint, tu peux décider de lhunimer sans l'accord de ta hiérarchie, moins de sa famille, pourquoi n'avoir rapatrié dans ton avion médicalisé imaginaire qui est venu de Nkchtt? La version de Boye A est plus plausible. Quant a toi tu n'était qu'un nègre de service, collabo. Comme d'autres (****) collabos negres'que tu as cité dans ton article. (***)

  • dorocire_ly (H) 08/09/2015 18:39 X

    Un imposteur, doublé d’un mesquin et d’un aigri, ce Boye Alassane. Il n’en est pas à sa première calomnie, il a dénigré et Sali bien des compatriotes à lui ici en Mauritanie et en France où il a, par méchanceté et par jalousie privé des compatriotes négro-africains d’acquérir le statut mérité de réfugiés. Il est entrain de finir sa vie comme (***), coupé de ses compatriotes et de sa communauté, transformé en loque vivante par l’abus de … Il brûlera vif les yeux grand ouverts !

  • Aboulamine (H) 08/09/2015 18:35 X

    @Wakhty, @Tokossel2222, En tous cas Gaye Elhadj, valeureux administrateur connu pour sa droiture et son patriotisme est un pieux musulman que je rencontre régulièrement à la mosquée. Je pense qu’il faut comprendre Monsieur Gaye dans ce contexte précis : Je vois qu’il a fait ce qu’il devrait faire en tant que musulman d’abord en organisant les formalités de pompes funèbres et l’enterrement du valeureux défunt dans les règles de l’Islam qui veut qu’on ne garde pas un mort, au contraire qu’il soit aussitôt enterré après sa mort d’où le verset du coran «ثُمَّ أَمَاتَهُ فَأَقْبَرَهُ » = « puis Il lui donne la mort et le met au tombeau» sourat Abassa. Seulement le (ف) (Fa) ici qui suit le verbe enterrer, pour celui qui connait la grammaire arabe, dénote d’une certaine, simultanéité si non une célérité avec la quelle l’enterrement doit se faire aussitôt après le constat du décès, et ce, pour le bien du défunt et la miséricorde d’Allah sur lui. Malheureusement de nos jours, du fait de certaines habitudes importés sous l’influence de la cohabitation avec d’autres religions, même dans nos villages, nous commençons à ranger nos morts dans des caisses plus de 24 heures parfois (soubhanallah) pour attendre un fils, un frère ou proche ou un marabout de ‘référence’, qui doit venir d’une certaine localité lointaine avant de pouvoir l’enterrer. De l’autre côté en tant qu’administrateur Gaye Elhadj a joué son rôle pleinement jusqu’au bout mais il ne serait possible pour lui, d’aucune manière, d’influer sur ce destin cruel. Allah a voulu que les deux « Ténes » (Gaye et Sarr) soient là, à Néma, à ce moment précis pour assister impuissants à la mort d’un autre « Téne » auréolé, celui-là, d’homme de culture émérite ! C’est le destin. Qu’il repose en paix, Tène Youssouf Guèye ! N’ajoutons plus rien pour le respect de son âme. Allah voit tout !

  • Eclair (H) 08/09/2015 18:22 X

    M Gaye ! Le livre de Boye, à mon humble avis, n’accable pas les autorités administratives de Néma, lorsqu’il affirme qu’elles étaient absentes lors de l’évacuation de feu Ten Youssouf Guèye (paix à son âme !). Il n’accable pas non plus les autorités administratives qui les ont suppléées. Sur ce sujet, le livre ne fait aucune critique explicite ; du moins un lecteur, même rompu au décryptage de l’implicite, n’y perçoit nulle calomnie. Au contraire, Boye emploie un ton d’une grande dignité. Ce que j’ai retenu, c’est qu’il s’est agi d’un malheureux hasard de calendrier, qui s’avéra tragique. D’ailleurs, c’est la même chose que l’on perçoit en lisant votre témoignage. Je note seulement que vous écrivez vous-même que vous aviez, à l’époque des faits, « mis une sourdine » à vos « positions politiques qui pouvaient s’avérer d’un coût élevé» pour votre « carrière ». Autrement, il n’était pas opportun pour votre « carrière » (c’est vous qui employez le mot) d’affirmer vos opinions politiques, celles-ci pouvant être « d’un coût élevé », c’est-à-dire lourdes de conséquences. En écrivant que vous teniez à préserver votre « carrière », vous renforcez, sans doute inconsciemment, les allégations de M Boye. Comment auriez-vous pu engager alors votre « responsabilité » sans attendre la réponse de Nouakchott, sachant que cela aurait sûrement compromis votre « carrière »? Est-ce une calomnie de dire qu’il ne vous était pas aisé d’engager votre « responsabilité» ? Cela ne remet nullement en cause le fait que avez fait tout ce que vous pouviez faire dans la situation qui était la vôtre. Le lecteur veut bien le croire. Vous avez sans doute écrit ces lignes pour défendre honneur : c’est un droit sacré. Il est dommage, cependant, d’ouvrir une polémique inutile, car le livre de Boye ne cite pas votre nom, ni celui du commissaire Sarr (paix à son âme), dont vous parlez. Puissent les défuntes personnes évoquées reposer en paix ! Prions pour elles. Loin de toute polémique.

  • abarry45 (H) 08/09/2015 18:07 X

    Beaucoup de contrevérités ont été l oeuvre de courtiers en villagiature dorée en Europe s accordant la qualité de défenseurs de la cause negro africaine à travers des articles frisant le pédantisme accusant de façon fallacieuse haineuse et mensongère certains de leurs compatriotes décrits de tous les noms d oiseaux . Un jour viendra où leur rôle ignoble et indigne sera porté à la connaissance de l opinion dans des mémoires dont les contenus seront étayés de preuves irrefragables

  • diko (H) 08/09/2015 18:03 X

    Mesdames et messieurs, disons merci au lieutenant Boye Alassane Hourouna qui a secoué ces immoraux nègres de service qui ne peuvent même pas prendre la décision seule d’aller rien qu’aux toilettes sans demander l’autorisation de Nouakchott. C’est assez grave ! Vous avez compris maintenant pourquoi la loi d’amnistie fut proposée, votée aussitôt sous la présidence de l’assemblée nationale du nommé Yaya Kane pour protéger les criminels? Comment peut on envoyer un détenu malade agonisant, mourir seul dans une cellule non à l’hôpital qui ne pouvait même pas marcher et dire qu’on a fait ce qu’il fallait faire? Non monsieur l’ex-gouverneur de Oulata la place d’un détenu n’était pas dans une cellule mais dans un hôpital ou du moins un dispensaire. A vrai dire, vous vous présentez à nous comme un haut cadre immoral de cette administration mauritanienne coupable de non assistance d’une personne en danger de mort, alors pourquoi avez-vous pris la décision d’enterrer Teen Youssouf Gueye seul avant la réponse de Nouakchott sans informer même sa famille? Est-ce que les membres de sa famille ont été conviés à son inhumation sinon qui nous dit réellement la tombe que vous avez montrée à sa famille des années plutard certainement est le lieu où se repose Teen? Je suis plus que révolté en vous lisant. Gaye El Hadj Administrateur civil nous dit : « La mission quitte Néma vers15 heures et le lendemain vers les coups de 10 heures, ils étaient de retour à Néma et à bord de la Land Rover qui le transportait il y’avait le détenu Teen Youssouf Guèye. A leur arrivée à la prison civile de Néma, j’étais sur les lieux et aidé par les gardes nous l’avons porté (il ne pouvait pas marcher) dans la chambre qui avait été préparée pour l’accueillir. Par rapport au cas de Teen Youssouf Guèye, il est clair maintenant qu’il n’y avait pas du tout de vacance de pouvoir et que ni le gouverneur titulaire, ni le commandant du GR1 n’étaient habilités à décider de l’hospitalisation de Teen Youssouf Guèye pour la simple raison qu’il n’était pas évacué pour être hospitalisé à Néma mais transporté à Nouakchott par un avion médicalisé. » Quelle horreur et monsieur croit avoir bien agi dans le bon sens en rendant service à son pays ? Ce n’est pas glorieux monsieur Gaye du tout.

  • sidi009 (H) 08/09/2015 16:36 X

    Une belle plume et un témoignage solide , d'un homme apparemment encore solide en dépit de tous les déboires subis .

  • wakhty (H) 08/09/2015 16:19 X

    ce monsieur raconte du rien , qu'est ce qui differe entre ce qu'il dit et ce que dis l'editeur du fameux livre ? rien du tout . pourquoi on entererre quelcun decede en prison sans les membre de sa famille , on devait plutot remettre le corps a ses proche . Mais ce qui est sure ces dernier ont etait mis au courant de sa mort apres qu'il est deja enterré . DONC MONSIEUR CE LA S'APPEL UN ENTERREMENT ANOMNIME . ETTT apres tout ca TEN YOUSSOUF à belle et bien etait tué (***) . Et encore , le monde sait bien qu'en Mauritanie le pouvoire raciste blanc tu à petit feu les noires exactement comme ce que font les juifs aux palestiniens. mais , mais , mais . . .

  • Abou Yahya (H) 08/09/2015 16:17 X

    Tokossel2222, Pensez-vous Jibril ould abdallahi, ministre à l'époque, était nationaliste? Et maaouya aussi? Pourquoi pas gaye elhadj accuse à tort?

  • Symaodo (H) 08/09/2015 16:14 X

    CE que boye alassane a révélé est véridique a plus d' un titre,les petits administrateurs négros avaient peur,un prisonnier politique mourant qui n'a tue personne et qui, certainement est condamne a mort tacitement par un système plus que raciste,on doit le soigner on n'attend pas des ordres bidons qui viennent de Nouakchott,on doit le soigner même si on y perd sa pauvre carrière de petit administrateur civil,titre ronflant et qui ne rime a rien,ils sont très mesquins les toucouleurs.ET ce gaye affirme que c'est diaga dieng qui l' a trouve un boulot après son renvoi;mais des milliers de négros ont ete vide de leurs boulots par un rapport falsifie en 89.90.91,les archives sont la aussi et elles sont au frais,donc pas de gloire a te trouver un petit boulot ,,,.

  • sybasarr (H) 08/09/2015 15:53 X

    Voila un autre vendu du peuple opprime. Le livre de Boye Alassane date de plus de 15 ans a ma connaissance. Qu'est ce qui reveille les demons tout d'un coup. Merci Ould Beibacar d'avoir ecrit et denonce cette administration nauseabonde. J'aurai souhaite lire un Gaye qui rend hommage a Feu Tene Youssouf, un grand Mauritanien humilie et assassine par des laches et vauriens. Vosu prouvez par votre sortie que vous faites partie de cette race inculte. Oumar comme vous le prouvez 20 ans apres les Damnes de Walata est un humaniste. Vous justifiez ici votre complicite au regime genocidaire et vos erreurs durant l'assassinat de paisibles citoyens, des intellectuels inegales. L'adage dit qui se sent morveux se mouche. Merci de nous eclairer sur vos responsabilites et votre complicite avec le regime sanguinaire militaire auquel vous continuez a faire allegeance pour des miettes de pain. On vous attendez ailleurs... Morr ces petits minables!

  • tokossel2222 (F) 08/09/2015 14:40 X

    Mr.Gaye quoi qu'il en soit, M. Teen Youssouf gueye et tous ceux qui ont trouvé la mort dans les prisons mauritaniennes ont été assassinés par les nationnaliste arabes et leurs complices. Les vérités et contre vérités c'est pas la peine. La vérité que teen youssouf gueye a été assassiné et Ibrahima Moctar Sarr est torturé par ce que seulement, ils n'ont fait que dénoncer l'injustice sur leur communauté et il (s) aspire aient une mauritanie juste et égalitaires.

  • Moutalli (H) 08/09/2015 14:38 X

    Correct!

  • ngaari aalam (H) 08/09/2015 14:34 X

    Qui croira aux archives de l etat? L etat falsifie tout.

  • NIONKO (H) 08/09/2015 14:20 X

    Cette affaire est entre les mains d'ALLAH,un jour viendra, les auteurs vont répondre de leurs actes. Soyons patienTs.

  • Me Takioullah Eidda (H) 08/09/2015 14:20 X

    Merci M. Gaye El Hadj pour cette mise au point, suite à des récits où chacun essaie de fabriquer une "gloire" éphémère à partir d'une histoire en argile.

  • mdmdlemine (H) 08/09/2015 14:09 X

    bouleversant, émouvant, défense béton d'une conduite faussée par un concours de circonstances. Ces écrits, témoignages et hommages de grande qualité, constituent, en attendant le vrai dévoir de mémoire, une semi verité, permettant de cerner le bagne de Oualata et ses détenus, grands fils de cette Mauritanie victimes de l'arbitaire. En fait, le mal de l'homme est toujours de voir les choses du mauvais angle:inversons en disant que l'ami de mon ennemi est mon ennemi. Sarr et El Hadj ne bénéficiaient-ils pas de circonstances atténuantes selon les martyrs et les rescapés de Oualata, pour s'être désolidarisés d'un objectif qui n'est pas foncièrement leur conviction. Dans tous les cas, ces sorties de Beibacar, d'El Hadj, de Boye embellissent l'histoire mauritanienne récente à l'avantage d'une liberté en pérpetuelle croissance, aprés des années de censure, de douleur intérieure et de peur de tout dire. Cela promet encore la récidive avec des vérités graduellement avouées, permettant par recoupement d'approcher autant que pourra de la grande vérité en attendant l'ouverture des archives de l'Etat mauritanien sur cette sombre ère de l'existence de la Mauritanie