02-01-2016 16:16 - La triste baguette de l’année 2015 !

La triste baguette de l’année 2015 !

L'Authentique - La Mauritanie a fini l’année 2015 dans la douleur et la tristesse. Un terrible accident a frappé le mardi 22 décembre dernier, une délégation de la Fondation Rahma faisant, trois morts, des jeunes à la fleur de l’âge, notamment notre rédacteur Cheikh Oumar N’Diaye, Ahmedou, le fils du président de la République et son cousin Ahmed Ould Taleb.

Mais la douleur a été encore plus grande pour nous de l’Authentique qui avons perdu, il y a un près de deux mois, un autre membre de notre rédaction, Abou Cissé. Ainsi, c’est dans le deuil que le pays entier a fini cette année qui pourrait bien être la pire des années jamais vécues.

En fait, alors qu’on s’attendait à une année 2015 pleine de promesses, c’est une année remplie d’incertitudes et de confusions que nous avons eue. En effet, les Mauritaniens viennent de vivre 365 jours durant, les pires cauchemars de leur existence.

Sur le plan économique d’abord, les populations de l’arrière-pays ont vécu une année dramatique du fait de la mauvaise gestion des ressources publiques destinées au développement.

Le secteur des mines dans lesquels se trouvaient tous les espoirs, a vécu ses pires situations avec les scandales de corruption et de malversations qui ont émaillé le quotidien de nombre de sociétés du secteur dont certaines sont encore visées par des enquêtes internationales.

Alors que l’agriculture se cherche et que l’élevage souffre de la rareté des pluies, le secteur de la pêche se débat. Partout, les fonds régionaux tirés e l’activité des hommes et destinés au développement, ont été vidés de leur substance.

Le plan de redéploiement d’activités locales émis par le président de la République alors en visite à Néma en début d’année, mal ficelé, mal géré et surtout très mal déployé à travers le territoire national a permis juste aux hommes d’affaires et aux fonctionnaires inspirateurs du plan de faire faire un demi-circuit aux fonds alloués afin qu’ils reviennent dans certains comptes privés.

Dans les grandes agglomérations, les fonctionnaires, petit noyau d’une hypothétique classe moyenne, ont vu les mirages des promesses des pouvoirs publics, se transformer en un enfer infernal. Les primes, les avantages et les traitements de gratifications… entre autres, ont été supprimés.

Le chômage a connu son pic alors que le secteur informel est mort de sa propre mort. La paupérisation qui gangrenait la vie des Mauritaniens de seconde classe, s’est donc élargie aux agents et fonctionnaires de l’Etat. L’argent a manqué cruellement.

La pauvreté à atteint des proportions inimaginables il y a quelques années et l’exode rural a repris gonflant des villes comme Nouakchott et Nouadhibou, seuls refuges de populations en quête de moyens de survie.

En termes de "bien-être", seuls les soldats et les membres des forces de sécurité ont été "gâtés" avec les miettes du budget de la collectivité. Pire, des milliers d’employés, d’agents contractuels, de travailleurs du parapublic alignent des mois d’arriérés de salaires.

Sur le plan politique, le blocage est toujours à l’ordre du jour. Les tentatives du pouvoir de phagocyter tout un pays dans l’escarcelle d’institutions handicapées, inefficaces, taillées sur mesure, et, de surcroît, toutes contrôlées par l’armée, ne semble pas prendre.

Le dialogue politique inclusif, a été escamoté. Tout comme l’obligation faite au pouvoir d’opérer une réforme profonde de l’armée et des services de sécurité. Agissant en tacticien du combat politique, les instigateurs du système, qui ne sont autres que les têtes pensantes de mouvements nationalistes chauvins, ont préféré diviser l’opposition et faire diversion. Pour que leur règne se perpétue.

Plus grave, les agents du pouvoir ont tout fait, en 2015, pour que la tension "didactique" soit maintenue dans pays, quitte à menacer les fondamentaux de son existence même.

Ainsi, nous avons assisté à de violentes réactions des forces de l’ordre lorsqu’il s’agissait de mettre fin à des manifestations publiques pacifiques. 2015, fut ainsi l’année de bras de fer avec les organisations des droits de l’homme, avec l’arrestation du leader de IRA et de deux de ses compagnons d’infortune.

Sur le plan sécuritaire, le bilan est marqué par de nombreux faits particulièrement, les viols de fillettes, l’assassinat de citoyens paisibles comme cette commerçante abattue au marché des femmes de Nouakchott, de sang froid il y a moins d’un mois alors qu’elle s’apprêtait à fermer boutique pour se rendre chez elle.

Pourtant, Dracula a bien affiché ses muscles, et d’aucuns de se demander comment, avec des moyens sécuritaires comme ceux-là qui ont été exposés le 28 novembre dernier, le pays pouvait connaître de telles déconvenues !

2015 fût une année terrible. Les Mauritaniens l’on derrière leur dos. Heureusement. L’espoir est à présent de connaître une nouvelle aube. Une année autre. Que l’année 2016 soit meilleure, pour tous. Aamiin.

Amar Ould Béjà



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