01-02-2016 23:45 - Pièce de théâtre : Cinquième et dernier tableau

Pièce de théâtre : Cinquième et dernier tableau

Amadou Diagne Niang - ( Almamy et May la reine mère sont en scène quand leur fils Birama entre furieux et s’adresse à son père)
Birama : Ainsi donc tu as sacrifié ton amour paternel

A tes folles lois que tu crois éternelles
Tu viens de me tuer par ce coup fatal,
Comme l’est sans secours le jeune pétale.
Tu es l’auteur des malheurs de ton sang

Qui n’a tenté que d’être avec toi franc.
Faire de Fanta cadeau à un autre homme,
Celle que je voulais pour femme. Tu as…. ( son père lui coupant la parole)

Almamy :

Je n’ais rien fait ! C’était l’unique solution
De couper court à toutes tes illusions.

Birama :

Tu n’as même pas honte de supporter mon regard.

Almamy :

Ne vois-tu pas que tu deviennes bavard !

Birama :

Comme dirigeant de l’état, le peuple a mal choisi. 16

Almamy : Et toi à ma place, comment aurais-tu agis ?

Birama :

J’aurais donné à chacun sa pleine liberté

Car c’est le rêve le plus ardent de toute la société.

Almamy :

Ha ! ha ! En allant d’une esclave demander la main.

Birama :

Je ne fais pas de différence entre les humains.

Maymouna :

Assez ! Assez ! Grand ciel quelle peine vous me causez,
Essayez de vous entendre pour pouvoir tout sauver.

Birama : ( A sa mère )

Il n’y a rien à écouter, rien à entendre,
Pour me prendre Fanta, il lui faudra me pendre.

Almamy :

Tu perds la raison mon fils !

Birama :

Je ne suis plus ton fils !

Maymouna :

Oh ! Mon dieu quel amère supplice.

Birama :

C’est parce tu es complice ! 17

(Soudain Malal l’esclave entre en courant)

Malal : Majesté ! Majesté ! Un malheur est arrivé

La pauvre Fanta vient de se suicider.

Birama : (empoignant Malal)

Dis-moi que c’est faux ! Almamy : Que dis-tu là ?

Maymouna : C’est un fou !

Malal : (hésitant) Heu ! C'est-à-dire…

Birama : Hé bien quoi ! Deviendrais-tu muet

Où préfères-tu parler à violents coups fouet.

Almamy : Lâches-le Birama, tu vas le blesser

Birama : Pas avant qu’il ne dise la vérité.

Almamy : Parle Malal, nul ne te fera du mal.

Malal (Birama ayant lâché prise)

J’étais là quand la pauvre Fanta rendait l’âme
Oui ! J’ai vu de mes yeux toute la scène du drame.
A l’un et à l’autre la pauvre m’a chargé
De vous dire ces quelques mots qu’elle m’a dévoilé.
A vous majesté, elle vous dit être responsable
De sa triste mort de jeune fille misérable,

Elle vous accorde toutefois son pardon, espérant que vous aurez un jour les yeux ouverts

Pour comprendre un jour la société et tout ce qu’elle a de plus cher.
Quant à toi Birama, elle dit que c’est par amour pour toi qu’elle s’est suicidée.

Birama : (Effondré, il se prend la tête) 18

Oh Fanta ! Oh la sainte âme
Elle a épousé la mort plutôt qu’un autre homme. (Il se retourne sur son père)
Alors de sens-tu satisfait de ta belle victoire,
Quel guide aveugle, quel borné savoir.
Une mort deux crimes sur la conscience. (Il sort son couteau)

Almamy et may

Arrête ! Birama, ne fais pas çà !

Birama : Merci de vos craintes, merci de vos larmes,

J’ai soif de liberté, je la cherche dans la mort. (Il se tue devant ses parents)

Maymouna : Au secours mon fils est mort !

Tu l’as tué, lâche par ta faute mon fils est mort !

Almamy : Laisse-moi le toucher !

Maymouna : Non ! Tu vas le souiller !

Amamy : (excédé, il sort sa dague et tue sa femme)
Tiens prend ! J’ai droit à le toucher. (May s’écroule)
Mon dieu ! Qu’ai-je fais ?, j’ai tué ma femme,
Oh mon dieu ! Que je suis infâme.

Fanta, Birama, Maymouna, trois crimes sur ma conscience
Trois crimes sur ma maudite conscience.
Je sais maintenant ce que c’est-que cette chère et sublime liberté,

Cette aspiration obstinée de l’humanité.
L’amour ! Oh sacré sentiment, oh douceur,
Pour lui on renonce à la vie, aux honneurs 19

Birama est parti rejoindre sa Fanta
Et moi pour te rejoindre Maymouna
Je renonce à l’Etat. (Il se tue, agonisant devant Malal)

Malal (au chevet de l’Almamy)
Majesté ! Majesté !, vous sentez bien ?

Almamy : Ce n’est rien MON FILS ! Va, désormais tu es libre. (Il s’effondre)

Malal : je suis libre ! Je suis libre ! Enfin libre, la liberté,
La liberté ! Libertin ! Libertin ! Vive la liberté.
(Il sort de scène euphorique).

Fin



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