14-06-2016 06:18 - Ne les oublions pas : Abdellahi Ould Oubeïd

Ne les oublions pas : Abdellahi Ould Oubeïd

Adrar-Info - I/ Qui est il ?

Abdallahi Ould El Hadrami Ould Oubeid et de Hindou Mint Bedredine Ould Mohamed Sidina Ould Berrou est né à Atar en 1922, de familles de notables politiques (par son père) et de cadis émérites (par sa mère). En même temps que les études traditionnelles islamiques de l’époque, il fut élève de la Medersa franco-arabe d’Atar-Kanawal.

A sa sortie, il servit comme commis expéditionnaire puis interprète, notamment à Moudjéria, Akjoujt et Nouakchott. Elu en mai 1959 à l’Assemblée Nationale comme représentant d’Atar sur la liste unique de l’ouest mauritanien du Parti du Regroupement Mauritanien (PRM), il conduisit la liste municipale, du même parti, en août 1960, et devint le premier maire élu d’Atar, érigé la même année , avec Kaédi & Rosso, en commune de plein exercice.

Abdallahi sera, peu après, assassiné dans la nuit du 8 au 9 novembre 1960 .Il repose au vieux cimetière de Nouakchott-Ksar. Convoqué, tôt la matinée du 9 novembre, par le Commandant du Cercle de l’Adrar, son père apprit l’événement.

Il s’exclama, m’a-t-il confié en 1965 ou 1966 : « Ana Sbartou lillahi.Ou lahou gharib la vi el Bacher, wela tarikh el Aïla… » (Je me plie à la volonté d’Allah,. Et il n’y’à là rien d’extraordinaire ni pour les hommes en général, ni, en particulier, pour l’histoire de la famille…) Allusion au fait que le propre père d’el Hadrami a été, lui aussi, assassiné en 1899 à Teyarett (Oasis à 8 km à l’ouest d’Atar dont fait partie le site historique d’Azougui), trois (3) mois avant la naissance de son unique fils qui porta son nom comme le veut la tradition…

Qui a tué Abdallahi Ould Oubeid ?

Peu de Mauritaniens connaissent ce nom alors qu’il mérite la célébration. Mais toute la cacophonie produite à l’occasion du cinquantenaire a oublié de le mentionner dans l’histoire officielle. Alors qu’elle a célébré ceux parmi ses contemporains qui avaient milité Contre l’indépendance du pays…

Abdallahi Ould Oubeid est le premier maire de la ville d’Atar, député militant du Parti du regroupement mauritanien (PRM), anti-nahdiste primaire (contre le parti Nahda, nationaliste). Il a été mis en avant dans la campagne officielle visant à contrecarrer la propagande des militants de l’annexion de la Mauritanie par le Maroc. C’était à la veille de l’indépendance.

Sur le plan local, Ould Oubeid était un militant de la citoyenneté contre le notabilisme. C’est comme ça que l’histoire locale l’a retenu comme un rebelle à l’ordre traditionnel. Je vous le dit pour expliquer les premières orientations de l’enquête après son assassinat. L’administration qui était encore française, avait dirigé l’enquête vers la mouvance nahdiste, sinon les militants pro-marocains, arrêtant ici et là des agents soi-disant infiltrés de l’extérieur. Officieusement, elle a laissé courir la rumeur selon laquelle son meurtre était lié à ses engagements locaux. Et si ce n’était rien de tout ça ?

Un ami m’a rapporté les propos d’un témoin de l’époque. Il disait que, dans la perspective de l’accession du pays à l’indépendance, Abdallahi Ould Oubeid avait redoublé d’activisme. Allant jusqu’à préparer l’entrée en service de «l’ordre mauritanien». Lui, le maire d’Atar, avait signifié aux administrateurs coloniaux, aux militaires et éléments des forces de sécurité, qu’il n’était plus question d’afficher leurs pratiques dans les rues de la ville.

C’est ainsi qu’il avait, à plusieurs reprises, «grondé» les chefs d’hier pour les apéritifs qu’ils prenaient sur les balcons de leurs demeures exposées aux passants. Une fois, l’un des gendarmes s’en était violemment pris à lui pour le dissuader de continuer à importuner ses compatriotes. Ce à quoi, Ould Oubeid avait répondu avec violence. On parle même d’un geste d’agression. Toujours est-il que c’est ce gendarme qui proféra des menaces précises à l’encontre de l’homme.

Quand il apprit que le député-maire était parti à Nouakchott, il aurait dit publiquement : «Je m’en occupe, je vais le liquider à Nouakchott». C’est au cours de ce voyage que Ould Oubeid est mort. Il était alors facile de mettre cela sur le dos des activistes agissant à partir du Maroc, ou laisser entendre qu’il s’agit d’un règlement de compte local.

Toujours est-il que le député-maire, décrit par feu Moktar Ould Daddah comme étant « un fervent nationaliste, débordant de patriotisme », dérangeait tout le monde. Le 8 novembre 1960, alors que venait de s’ouvrir la session de l’Assemblée nationale consacrée à la ratification de l’accord portant transfert des compétences – mauritanisation de l’autorité -, Abdallahi Ould Oubeid est assassiné dans les rues de l’ancien Ksar.

Ce témoignage apporte un nouvel éclairage à l’énigme de l’assassinat de ce nationaliste, seule «mort de l’indépendance» et qui, malgré cela n’a pas été célébré lors du cinquantenaire. Il est vrai qu’une rue à Atar, une autre à Nouakchott portent son nom mais ce n’est pas suffisant. Il est temps à mon avis de le rehausser au rang de «martyr de l’indépendance». Ce n’est que justice.

Mohamed Fall Ould Oumeir

http://oumeir.blogspot.com/2011/08/qui-tue-abdallahi-ould-oubeid.html

II/ Deux rues portent désormais le nom d’Abdallahi. L’une à Atar ( depuis l’Hôpital régional jusqu’à la tribune officielle contigüe du Palais de Justice) et l’autre à Nouakchott (Nos 42-120 / 42-120 + 42-096, dans le récent adressage)

De cette dernière Ahmed Mahmoud Ould Mohamed (kaber) Ould Ahmedou dit Jemal, directeur des affaires administratives et financières du ministère du transport et de l’équipement a élaboré la fiche signalétique suivante : « La rue Abdellahi Ould Oubeid s’étend de la place de l’église de Nouakchott (sise à côté des ambassades de France et de Lybie) au parc de Cordoue

C’était la rocade la plus au nord de ce qui est communément connu sous l’appellation de : Capitale. Elle commence donc de l’église, pour finir, sur l’emplacement de l’une des plus belles dunes de la ville (actuel Ilot C) séparant la capitale du vieux Ksar.

C’était du temps où les troupeaux des premiers habitants des campements avoisinant les premiers bâtiments de la présidence divaguaient sans difficultés dans son domaine et détruisaient, dans une scandaleuse impunité, ses jardins et plans de maraîchage…

En s’étirant en direction de l’est, à partir du croisement avec l’avenue Charles-De-Gaule, la rue Abdellahi Ould Oubeid fait une jonction avec les rues Mamadou Konaté, Samory Touré, Patrice Lumamba et le Khalif Oumar Ibnou El khattab.

Elle était limitée, coté sud à partir de l’intersection Mamadou Konaté par l’ilot V, le siège du Sénat ( ancien siège de l’Assemblée nationale, et le siège du Ministère des Affaires Etrangères et de Coopération dont il vient de déménager et du côté nord par certaines ambassades, le Hangar des Archives nationales et les anciens locaux (bureaux et résidence de la Présidence de la République.

De nos jours, la rue Abdellahi Ould Oubeid s’arrête à la barrière de sécurité délimitant le des ambassades des USA, d’Espagne et d’Allemagne, ; l’endroit ou l’ambassadeur du royaume d’Espagne et le Président de la CUN ont inauguré en 2009, un espace culturel exposant au public des miniatures des monuments historiques des deux pays, matérialisées par des figures architecturales représentant les portes de Oualata, de Tichitt, les arcs d’Alhambra ( Grenade ) et de la mosquée cathédrale de Cordoue.

Sur cette place, il est aussi reproduit une miniature du minaret de la mosquée de Chiniguity et des plantes typiques des Iles Canaries. C’est, soit dit en passant, au plus fort du controverse à propos du dossier judiciaire impliquant une famille mauritanienne détenue en Espagne dans une affaire de mariage précoce que ce symbole d’échanges culturels entre les deux Pays a été baptisé… !

Aux N° 1,2, 3,4 et 5 de l’ilot O, une grande concession domaniale sur laquelle s’est érigé l’un des premiers bâtiments de Nouakchott, dont le toit reprend la forme d’une tente nomade, abritant l’église catholique Saint Joseph et ses dépendances, notamment sa bibliothèque « El Vejer », riche d’un fonds historique mauritanien.

Aux N° 75 et 79 se trouve le domicile de feu Abdellahi Ould Dadah, ex ministre et ancien ambassadeur issu de la première génération des bâtisseurs de la Mauritanie post coloniale. Aux N° 80 et 82 contigus, à l’intersection de l’Avenue Charles –De-Gaule est bâtie le domicile privé du premier Président de la République Islamique de Mauritanie le regretté Mokhtar Ould Dadah.

Au milieu et aux alentours de la place de l’église ombragée par les prosopis se sont installés des laveurs des voitures, des demandeurs d’emplois de ménages et quelques petits métiers informels. Sur le flanc nord –ouest s’est installée l’ambassade de Libye et la zone appelée, par dérision, « bande d’Aouzou « a été lotie et urbanisée. Du même coté en remontant vers le nord- est, s’étend la SOCOGIM a construit des logements hauts standing destinés, en location-vente- aux hauts commis de l’Etat.

Cette rue doit son nom au député maire d’Atar Abdellahi Ould El Hadrami Ould Oubeid qui fut le premier maire d’Atar élu sur la liste du Parti de Regroupement Mauritanien (PRM) en août 1960. Homme politique né en 1922 à Atar, que le Président Mokhtar Ould Dadah qualifia, en son oraison funèbre, de : «fervent patriote, débordant de nationalisme»

C’est au cœur des événements liés à la revendication de l’indépendance nationale et précisément le 8 novembre 1960, une journée mémorable marquée par l’ouverture de la session de l’assemblée nationale qui devait ratifier « l’accord portant transfert de compétences» de la France à la Mauritanie que l’illustre Abdellahi Ould Oubeid a été lâchement assassiné dans une rue du vieux Ksar, alors qu’il allait, après la prière du « maghreb », comme d’habitude, vers la maison de son ami, le regretté entrepreneur Mohamedou Ould Khaled.

Malgré les accusations portées à l’encontre de ses présumes meurtriers, l’assassinat de l’ardent indépendantiste n’a jamais été élucidé. Cette rue raconte pour la mémoire nationale, qu’en 1960, un éminent politique paya avec sa vie le prix de sa liberté et celui de son engagement.»


Par Abu Hamdi

III Voici l’emplacement sur la carte de cette rue

En plus des rues qui perpétuent son souvenir, Abdellahi reste dans les mémoires de ceux qui l’ont côtoyé comme le prototype parfait de l’homme libre, attrayant, simple, et courageux sans fanfaronnade. Il se distinguait aussi par l’éloquence sans pédanterie, la promptitude de la répartie et d’un sens de l’humour débordant et hilarant.

Particulièrement indocile avec les puissants, il était, par contre, d’une grande humilité, disponibilité et attention avec les faibles et les indigents. Et les qualités qu’il n’étalait jamais et qui lui valurent l’attachement de beaucoup sont : sa générosité et sa piété non fanfaronne. Allah yarhamou.

Mohamed Said Ould Hamody
Nouakchott le 16 dhu el Hejja 1433 & le 8 novembre 2012
Le 8 novembre 1960 : Assassinat de Abdellahi Ould Oubeid.

Né en 1923 à Atar. Interprète, commis expéditionnaire, correspondant de revue, député, Abdellahi Ould El Hadrami Ould Oubeid fut le premier maire d’Atar élu (liste du Parti de Regroupement Mauritanien PRM en aout 1960). Au cœur des événements liés à la revendication de l’indépendance nationale, le député maire d’Atar était « un fervent nationaliste, débordant de patriotisme » tel que décrit par le premier président de la République Islamique de Mauritanie, feu Moctar Ould Dadah, dans son livre « Mauritanie, Contre vents et marées ». A la veille du départ du colonisateur, des troubles et des événements graves « commandés de l’extérieur » ont secoué certaines villes de la Mauritanie, notamment : Atar, Kiffa et Nouakchott.

C’était le 8 novembre 1960, une journée mémorable marquée par l’ouverture de la session de l’assemblée nationale qui devait ratifier « l’accord portant transfert de compétences » de la France à la Mauritanie (en d’autres termes la restitution de la souveraineté de notre pays).

En soirée, dans l’intervalle qui sépare les deux prières le « Maghrib » et « El icha » Abdellahi Ould Oubeid est lâchement assassiné dans une rue du vieux Ksar, au moment ou il se rendait au diner habituel de son ami, le regretté entrepreneur Mohamed Ould Khaled. Son ou ses meurtrier (s) présumé (s) qui seraient deux mauritaniens, se seraient réfugiés au royaume du Maroc, juste après leur forfait accompli.

Malgré les accusations portées à l’encontre du royaume chérifien par Moctar Ould Daddah, l’assassinat de l’ardent indépendantiste dont la dernière demeure repose au vieux cimetière du Ksar, n’a jamais été élucidé. L’attentat criminel contre le militant du PRM était l’un des défis majeurs auquel s’est confronté la naissance de la nation mauritanienne en 1960 et on s’accorde à murmurer qu’il était à coup sure une tentative destinée à faire avorter dans l’œuf l’accession a la souveraineté la Mauritanie.

Le député maire Abdllahi Ould Oubeid entoure de son Conseil municipal d’Atar Pour la mémoire nationale, une rue à Atar et une autre à Nouakchott rappellent désormais au passant le martyr d’Abdellahi Ould Tem Tam (sobriquet donné en hommage à son grand père).

A Atar, la rue Abdellahi Ould Oubeid commence au célèbre angle ou boutique d’Ahl Abdellahi Ould Abdellahi, en face du rond point, sépare la vielle kasbah du marche centrale et échoue du cote de l’hôpital, en passant par la place de Lebreiza, là ou se situe, entre autres lieux mythiques, la boulangerie Zadva.

La rue de Nouakchott commence angle de la paroisse-cathédrale de Nouakchott et l’Ambassade de Libye, à partir du carrefour de l’ambassade de France, Là ou se retrouvent les rues mémorisant le premier calife de l’islam, Abou Bakr Essidigh et l’émir de l’Adrar, émir de la paix Ahmed Ould M’Hamed.
Elle se termine en cul de sac dans le nouveau nouveau périmètre vert de la place de Cordoue, des ambassades d’Allemagne, de l’Espagne, des USA et du Palais présidentiel, l’un des endroits les plus tranquilles de la capitale. Les deux rues qui portent le nom de Abdellahi Ould Oubeid racontent, pour la mémoire nationale qu’en 1960, il y a cinquante ans, un illustre homme politique paya le prix de sa liberté et celui de son engagement. Cette année la, était celle de la joyeuse indépendance, mais aussi pour un certain imaginaire populaire, particulièrement à Atar, l’année de la lâcheté (Am El Ghadra), en souvenir du tragique événement.

Bonjour,

Suite à la lecture de l’article en mémoire de feu Abdallahi Ould Oubeid, je voudrais apporter une rectification de la date de son assassinat donné pour avoir été exécuté le 8 novembre 1960.

Il se trouve j’appartiens à la première promotion du Cours Complémentaire d’Atar qui a été inauguré le 20 Novembre 1960, dix jours avant la proclamation de l’indépendance de la Mauritanie.

Quelques jours après les cérémonies commémoratives au cours desquelles les 20 élèves du nouvel établissement ont défilés dans un uniforme très remarqué et ont été applaudis, nous eûmes la visite de feu Abdallahi Ould Oubeid qui nous avait entretenu de l’importance de l’événement que nous venions de fêter et des difficultés qui attendaient la Mauritanie, insistant sur le grand déficit en cadres, et nous encourageant par conséquent à bien travailler car le pays a besoin de nous. J’en retiens un visage sympathique et quelqu’un de motivé et déterminé.

Quelques temps après cette visite, le directeur du Cours Complémentaire, M. Fadel Mohamed, était venu nous annoncer que « M. Abdallahi Ould Oubeid, le Maire que je vous avais présenté il n’y a pas longtemps, été assassiné hier à Nouakchott « . Donc cet assassinat n’a pu être exécuté le 8 novembre 1960 même si je ne suis pas capable d’en donner la date exact.

jeu. 11/11/2010 16:34 Brahim oild Boihy
ouldboihybrahim@aol.com
Source : Oumtounsy (Mauritanie)



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