18-11-2017 19:30 - Mauritanie : le tourisme de retour aux sources sahariennes

Mauritanie : le tourisme de retour aux sources sahariennes

Jeune Afrique - En décembre, les voyagistes vont reprendre leurs randonnées pédestres et chamelières entre les dunes, gueltas, canyons et oasis de l’Adrar. Et les premiers circuits affichent déjà complets !

Les amoureux du Sahara seront de retour pour les fêtes de fin d’année dans l’oasis de Toungad, au pied de la dune monumentale de Zire Mint Leboudi et dans l’antique bibliothèque de Chinguetti.

Grâce aux vols de la compagnie française ASL Airlines affrétés par une dizaine de voyagistes spécialistes de la randonnée à partir du 16 décembre et jusqu’à la mi-mars, à raison de quatre à six heures de randonnée chamelière par jour, ils renoueront avec les hommes aux semelles de vent qui hantent cet océan de sable et ont été privés de visiteurs depuis sept ans pour cause d’insécurité.

Il n’a pas été facile de sortir ce beau désert de la zone rouge que le ministère français des Affaires étrangères avait peint sur la totalité de la Mauritanie après les attentats des années 2000. Zone rouge qui signifiait la fin des vols charters et le refus des assurances de couvrir le moindre voyageur.

Toute une équipe a œuvré pour, début 2017, faire virer à l’orange cette funeste couleur et autoriser la reprise des vols charters entre Paris et Nouakchott, la capitale, mais aussi de vols directs entre Paris et Atar, dans la vallée Blanche, porte d’entrée du massif de l’Adrar.

Petit prince

En première ligne, Maurice Freund, fondateur-baroudeur de l’agence Point-Afrique, devenu Point-Voyages, qui a défriché les itinéraires sahélo-sahariens du Burkina Faso, du Niger et de la Mauritanie pendant plus de vingt-cinq ans. Pas complètement retiré des affaires, ce fou de Sahel a fait le siège du Quai d’Orsay pour rouvrir une destination qu’il avait inaugurée en 1996. Il a même engagé financièrement la coopérative Point-Afrique développement dans l’aventure.

L’ambassade de France a fait le tour des hôpitaux de la région – pour vérifier que les pépins éventuels ne tourneraient pas au drame – et des services de sécurité – pour s’assurer de l’absence de risque terroriste.

Le général du cadre de réserve Marc Foucaud, ancien commandant de l’opération Serval au Mali, est intervenu gracieusement « parce que le tourisme dans ces contrées est le premier rempart contre la poussée de l’islam radical » et que « la Mauritanie dispose d’un appareil sécuritaire cohérent et solide, son réseau de renseignement permettant d’anticiper les problèmes ».

Cette destination est un peu notre idéal, le tourisme y fonctionne comme une manne de développement

Selon ses partenaires français, la ministre mauritanienne du Commerce, de l’Industrie et du Tourisme, Naha Mint Hamdi Ould Mouknass, a joué ce jeu collectif et apporté les garanties demandées. De son côté, le Pnud finance la formation sur la sécurité que l’armée mauritanienne dispensera aux guides locaux à partir du 6 novembre.

« Cette destination est un peu notre idéal, puisque le tourisme y fonctionne comme une manne de développement, explique Kevin Girard, président de Point-Voyages. Les hommes ne sont plus obligés de s’expatrier à Nouadhibou [la capitale économique, sur le littoral nord-ouest] pour faire vivre leur famille. En encadrant un nomadisme touristique contre des rémunérations honorables, ils reviennent aux sources. »

Lionel Habasque, PDG de Terres d’aventure et vice-président de Voyageurs du monde, se dit tout aussi « ravi de pouvoir redémarrer la marche » dans le désert. « Jusqu’aux Printemps arabes, explique-t-il, les amoureux du Sahara représentaient un tiers de nos clients et ils ont été frustrés de ne plus pouvoir y randonner. Nous sommes déjà complets pour Noël et, si ce succès se confirme, l’an prochain, nous fonctionnerons d’octobre à avril. »

Un conseil à ceux qui rêvent de retrouver le Petit Prince qu’apprivoisa Antoine de Saint-Exupéry dans ces solitudes enchantées : posez votre sac de couchage au sommet d’une dune et choisissez une étoile au firmament.

Prêts à partir ?

Durée des circuits : 6, 8 ou 15 jours Nombre maximum de participants : 15

Prix : de 800 euros à 1 200 euros chez Point-Voyages. De 995 euros à 1 300 euros chez Terres d’aventure (selon les périodes et la durée)

Bonne condition physique requise.



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Source : Jeune Afrique
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