05-06-2018 23:30 - Oxfam lance une campagne de promotion du lait local dans 5 pays d’Afrique de l’Ouest et du Tchad

Oxfam lance une campagne de promotion du lait local dans 5 pays d’Afrique de l’Ouest et du Tchad

Journal Tahalil - Oxfam Mauritanie a procédé, ce vendredi 1er juin 2018 à la Chambre de commerce, d’industrie et d’agriculture de Nouakchott, au lancement officiel de la campagne de promotion du lait local. La cérémonie s’est déroulée en présence du représentant du ministère de l’élevage et des partenaires d’Oxfam Mauritanie.

Cette campagne durera trois ans, selon les organisateurs. Dans le cadre de la promotion du lait local, une campagne régionale de promotion de ce produit lacté à travers la sensibilisation des populations, a été lancée ce 1er juin à travers 5 pays d’Afrique de l’Ouest notamment au Burkina Faso, au Mali, au Niger, au Sénégal et en Mauritanie en plus du Tchad.

Le lancement de cette campagne coïncide avec la célébration, le 1er juin, de la journée internationale du lait. Un prétexte qu’utilisent Oxfam et ses partenaires pour lancer cette activité.

D’emblée, Mr Dedeou Yahya - Directeur pays d´Oxfam Mauritanie, a souligné que lors de la rencontre de février 2018 au Burkina Faso, Oxfam et ses partenaires régionaux, nationaux et internationaux ont défini et élaboré une stratégie commune dont l’objectif principal est de « promouvoir et de défendre la filière laitière locale et les acteurs dont les revenus et la sécurité alimentaire dépendent ».

Mr Yahya a expliqué que le lait local revêt une importance notaire en ce sens qu’il « assure une partie importante de la consommation des pays sahéliens, en milieu rural et dans les villes secondaires notamment » mais surtout, ce lait «contribue sensiblement à la lutte contre les inégalités de genre en procurant aux femmes des revenus leur permettant de vivre plus dignement ». Et par conséquent, apporte un apport important à l’économie de certains pays d’Afrique de l’Ouest et du Tchad.

Toutefois, il a indiqué que le lait local fait face à des défis énormes tels que l’alimentation du bétail, la collecte, la transformation mais surtout la concurrence du lait en poudre importé d’ailleurs.

A titre indicatif, en 2015, moins de 15% du lait local est collecté tandis que les importations du lait en poudre se chiffrent à plus de 500 milliards de Cfa (environ 31,5 milliards MRU ou encore 760 millions d’euros), a déclaré le directeur d’Oxfam qui souligne que ces chiffres pourraient évoluer jusqu’à environ 30 à 40% d’ici à 2025.

C’est pourquoi, estiment Oxfam et ses partenaires, il est important et judicieux d’engager une campagne de promotion et de défense du lait local et tous doivent travailler conformément au plan d’investissement agricole régional de la CEDEAO avec en toile de fond des négociations importantes autour des accords commerciaux tels que le Tarif Extérieur Commun, la renégociation des accords de Cotonou, les APE. Mais également les groupes laitiers multinationaux doivent réaliser de gros investissements sur le continent.

Selon le directeur pays d’Oxfam Mauritanie, pour parvenir à leur objectif, le plan doit passer par la réalisation de besoins comme : l’amélioration de l’accès à l’alimentation du bétail en lien avec les enjeux de la production ; l’augmentation du pourcentage de lait issu des exploitations familiales dans l’industrie laitière ; la mise en place d’une politique commerciale et fiscale favorable au lait local ; la promotion de la consommation du lait local à tous les niveaux et à toutes les occasions mais surtout la protection du lait local face à la rude concurrence du lait importé pour mieux valoriser les productions nationales et faire des industries nationales de vrais moteurs de développement économique et social.

C’est dans ce sens que l’Etat doit jouer un rôle important à travers ses services compétents comme la douane pour assurer un contrôle rigoureux et sélectif sur l’entrée du lait en poudre importé.

Tout ceci, indique Mr Amadou seydi Djigo, chargé de programme à Oxfam Mauritanie, pour que « le lait local soit notre lait », car « boire le lait local, c’est soutenir l’économie nationale ». Mais Mr Djigo reconnaît que la filière lait local rencontre des difficultés en Mauritanie à cause du manque d’organisation du secteur et des moyens de distributions et de conservation notamment dans certains milieux.

Pour sa part, Mr Sarr Mamadou du Réseau des organisations de sécurité alimentaire (ROSA), il s’agit de valoriser, de sécuriser et de promouvoir le lait local. Car, soulignent les organisateurs, « l’avenir du lait local doit se décider maintenant ».
En outre et pour parvenir au résultat escompté, les organisateurs de la campagne comptent sur la mobilisation de toutes les populations et de la société civile pour assurer la survie du lait local en Afrique de l’Ouest.

Toutefois, il faut souligner que cela doit passer par une bonne campagne de sensibilisation à travers des slogans accrocheurs et attrayants, et utiliser des leviers comme la presse et autres canaux de communications appropriés.

Et les organisateurs promettent une bonne campagne dans les trois prochaines années que durera celle-ci. Alors que Sidi Ould Maouloud, du Ministère de l’élevage, demande la conjugaison des efforts de tous les acteurs et une synergie d’actions dans l’organisation du secteur et la redynamisation des structures de production et de distribution afin que le produit parvienne à tous les consommateurs.

A la fin de la cérémonie, une conférence de presse à l’occasion de laquelle les journalistes ont posé des questions pour avoir le cœur net sur le déroulement de cette campagne, a clôturé le lancement de cette activité.

I.Badiane



Les articles, commentaires et propos sont la propriété de leur(s) auteur(s) et n'engagent que leur avis, opinion et responsabilité


Commentaires : 0
Lus : 1469

Postez un commentaire

Charte des commentaires

A lire avant de commenter! Quelques dispositions pour rendre les débats passionnants sur Cridem :

Commentez pour enrichir : Le but des commentaires est d'instaurer des échanges enrichissants à partir des articles publiés sur Cridem.

Respectez vos interlocuteurs : Pour assurer des débats de qualité, un maître-mot: le respect des participants. Donnez à chacun le droit d'être en désaccord avec vous. Appuyez vos réponses sur des faits et des arguments, non sur des invectives.

Contenus illicites : Le contenu des commentaires ne doit pas contrevenir aux lois et réglementations en vigueur. Sont notamment illicites les propos racistes ou antisémites, diffamatoires ou injurieux, divulguant des informations relatives à la vie privée d'une personne, utilisant des oeuvres protégées par les droits d'auteur (textes, photos, vidéos...).

Cridem se réserve le droit de ne pas valider tout commentaire susceptible de contrevenir à la loi, ainsi que tout commentaire hors-sujet, promotionnel ou grossier. Merci pour votre participation à Cridem!

Les commentaires et propos sont la propriété de leur(s) auteur(s) et n'engagent que leur avis, opinion et responsabilité.

Identification

Pour poster un commentaire il faut être membre .

Si vous avez déjà un accès membre .
Veuillez vous identifier sur la page d'accueil en haut à droite dans la partie IDENTIFICATION ou bien Cliquez ICI .

Vous n'êtes pas membre . Vous pouvez vous enregistrer gratuitement en Cliquant ICI .

En étant membre vous accèderez à TOUS les espaces de CRIDEM sans aucune restriction .

Commentaires (0)