02-07-2018 12:54 - Mauritanie: Me Mignard interpelle Macron sur le sort d'un sénateur emprisonné

Mauritanie: Me Mignard interpelle Macron sur le sort d'un sénateur emprisonné

RFI - L'avocat français Jean-Pierre Mignard a interpellé le président Emmanuel Macron sur le sort du sénateur mauritanien Mohamed Ould Ghadda. Cet opposant au référendum constitutionnel du président Mohamed Ould Abdel Aziz est incarcéré depuis bientôt onze mois.

Jean-Pierre Mignard, l'avocat français du sénateur mauritanien Mohamed Ould Ghadda, a interpellé le président Emmanuel Macron à l'occasion de l'ouverture du sommet de l'Union africaine à Nouakchott, la capitale mauritanienne, ce 1er juillet. Ce sénateur, farouche opposant au référendum constitutionnel du président Mohamed Ould Abdel Aziz est incarcéré depuis le 10 août 2017, soit bientôt onze mois.

Dans ce dossier, douze autres sénateurs, quatre journalistes, deux syndicalistes et deux hommes d'affaires sont aussi dans le collimateur des autorités, les uns accusés de corruption, les autres d'avoir perçu de l'argent dans le cadre de la campagne menée contre le référendum. Depuis huit mois, le dossier est au point mort, selon la défense, qui s'inquiète.

« Nous ne demandons pas aux autorités français de s’ingérer dans les affaires de la Mauritanie, explique Me Mignard. La France et la Mauritanie sont des alliées politiques et militaires. La France, comme d’ailleurs l’ensemble des Etats du G5 Sahel, a d’abord intérêt à ce que le maximum de respect des droits soit assuré dans chacun des pays, puisque c’est quand même bien au nom du droit que ces pays se battent contre les jihadistes ».

« Nous sommes un Etat souverain »

« Deuxièmement, ce qui est indispensable, c’est l’unité de chaque pays, poursuit l'avocat de Mohamed Ould Ghadda. L’unité nationale de la Mauritanie est indispensable pour la réconciliation. Cela passe par le respect du droit et que toutes ces personnes puissent retrouver leur complète liberté de mouvement. Pour lutter sérieusement dans le Sahel contre le jihadisme, nous avons besoin d’une Mauritanie réunifiée, réconciliée et qu’on arrête ces poursuites contre toutes ces personnes parce que c’est une division du pays ».

Dans une interview accordée à la chaîne de télévision France 24, le président mauritanien a quant à lui fait comprendre qu'il n'avait pas l'intention de se conformer aux recommandations du groupe de travail des Nations unies sur les détentions arbitraires qui a invité le gouvernement à libérer immédiatement le sénateur Mohamed Ould Ghadda.

« Nous sommes un État souverain, ce ne sont pas des gens situés à 4 000 ou 5 000 kilomètres qui vont nous donner des instructions, a déclaré Mohamed Ould Abdel Aziz. C'est à la justice mauritanienne de dire s'il doit être libéré ou pas ».

Par RFI



Les articles, commentaires et propos sont la propriété de leur(s) auteur(s) et n'engagent que leur avis, opinion et responsabilité


Source : RFI
Commentaires : 2
Lus : 1586

Postez un commentaire

Charte des commentaires

A lire avant de commenter! Quelques dispositions pour rendre les débats passionnants sur Cridem :

Commentez pour enrichir : Le but des commentaires est d'instaurer des échanges enrichissants à partir des articles publiés sur Cridem.

Respectez vos interlocuteurs : Pour assurer des débats de qualité, un maître-mot: le respect des participants. Donnez à chacun le droit d'être en désaccord avec vous. Appuyez vos réponses sur des faits et des arguments, non sur des invectives.

Contenus illicites : Le contenu des commentaires ne doit pas contrevenir aux lois et réglementations en vigueur. Sont notamment illicites les propos racistes ou antisémites, diffamatoires ou injurieux, divulguant des informations relatives à la vie privée d'une personne, utilisant des oeuvres protégées par les droits d'auteur (textes, photos, vidéos...).

Cridem se réserve le droit de ne pas valider tout commentaire susceptible de contrevenir à la loi, ainsi que tout commentaire hors-sujet, promotionnel ou grossier. Merci pour votre participation à Cridem!

Les commentaires et propos sont la propriété de leur(s) auteur(s) et n'engagent que leur avis, opinion et responsabilité.

Identification

Pour poster un commentaire il faut être membre .

Si vous avez déjà un accès membre .
Veuillez vous identifier sur la page d'accueil en haut à droite dans la partie IDENTIFICATION ou bien Cliquez ICI .

Vous n'êtes pas membre . Vous pouvez vous enregistrer gratuitement en Cliquant ICI .

En étant membre vous accèderez à TOUS les espaces de CRIDEM sans aucune restriction .

Commentaires (2)

  • ELVALLI (H) 02/07/2018 13:52 X

    Macron, ne doit pas oublier qu’ici c’est l’Afrique. Ici, l’animal n’est pas un modèle inférieur à l’homme mais une créature douée. Vêtements, peintures corporelles, danses mimant des animaux sont un art et un acte de communication. L’autre philosophe français disait : je pense donc je suis. Juste chez nos voisins, au Pays de la négritude affirmée, Senghor disait : je danse, donc je suis. Macron doit comprendre que dans les pays de l’oralité, la parole est laissée aux griots. Un adulte d’une grande famille du Sahélo-soudanais se tait. L’adulte met un turban pour le protéger du vent et du soleil mais, pas seulement, il cache son visage, donc ses émotions, il bouche ses oreilles pour ne pas entendre n’importe quoi, il sert de caleçon de bouche pour ne pas dire : Paroles ! Paroles ! Paroles ! comme Dalida. Macron doit danser pour améliorer son numéro, son show africain où il a parlé à Ouaga comme un quelqu’un qui veut copier un griot. Au Pays des Maures, des Haratines, des Toucouleurs, des Sarakolés, des wolofs et des Djinns, ce beau monde du tam-tam et du rythme ; on danse seulement et, si on devait parler, on doit forcément parler… en homme de paix (pour demander la libération de nos prisonniers). Autrement, Macron doit nous écouter clamer notre patchwork de chikayas en poète arabe du grand Sahara-Sahel. Seule, la saveur de cette littérature peut lui restituer toute la dimension de la finesse de sentiments d’arabo-berbéro-africains que nous sommes. Ouvrir des bases militaires et des camps de tirailleurs pour parler et encore parler français en tuant de pauvres sahéliens déjà cadavrés serait une régression. Cela a déjà été fait par d’autres présidents français… De grâce, Macron, si vous voulez continuer à tuer chez nous faites-le en silence et en dansant. Le G5 et les soldats français n’ont pas empêché les criminels jihadistes de sévir. Pire, sous leurs yeux, des exécutions extrajudiciaires toujours dirigées contre de paisibles peuls désarmés sont récurrentes. A quoi bon parler… Quand on veut supprimer 150.000 fonctionnaires chez soi et des millions de vies innocentes au Sahel, il faut faire silence radio et danser avec les loups.

  • Bertrand (H) 02/07/2018 13:24 X

    آNous demandons a Aziz d'interpeller Macron sur le citoyen français salah Hamrouni emprisonné arbitrairement par Israël et la France considérant que c'est un citoyen de second rang il vaudrait mieux le sacrifier pour ne pas déplaire aux sioniste.