18-08-2018 08:00 - Faits divers… Faits divers… Faits divers…

Faits divers… Faits divers… Faits divers…

Le Calame - Le grand gang coffré

Nouakchott est infesté de malfaiteurs. La ville compte des dizaines de bandes criminelles qui opèrent en plusieurs de ses quartiers. Lorsqu’un ou plusieurs de leurs chefs sont pris, le reste de la bande s’organise, généralement, pour assurer le relais, le temps que leurs complices reviennent au bercail.

Les patrons emprisonnés continuent ainsi à gérer leur gang et trafics à partir de leur cellule. Leur part de butin amassé attendra leur sortie de prison. Une bande qui semait la terreur dans une partie de la ville était traquée par la BRB, depuis un mois.

Composée d’une dizaine de membres, elle a été arrêtée, ces jours derniers. Ils ont avoué pas mal de délits touchant, indifféremment, pauvres et riches, nationaux et étrangers. Une véritable caverne d’Ali Baba a été mise à jour, nous y reviendrons plus en détails.

Le marché le plus dangereux

Le risque est extrême et permanent, dans tous les grands marchés de la capitale. Des dizaines de malfaiteurs en tout genre y passent la journée, à l’affût de la moindre occasion de vol.

C’est par dizaines que des gens sont quotidiennement volés, braqués et, parfois, physiquement agressés. Le sexe féminin reste la proie de choix des voyous toujours munis d’armes blanches. Le meurtre au marché Capitale, il y a deux ans, est toujours dans les mémoires. Une paisible commerçante qui fermait sa boutique pour rentrer chez elle fut poignardée par un récidiviste drogué, fraîchement relâché de prison.

Dahi Ould El Varwi avait essayé de lui soutirer son sac à main. Elle ne s’était pas laissée faire, défendant son bien, et le bandit lui avait assénée plusieurs coups, avant de fuir. Il sera identifié et arrêté plus tard.

Cependant, le marché le plus dangereux reste, de l’avis de tous, le marché aux puces de Sebkha, plus connu sous l’appellation « marché tieb-tieb ». La plupart des délinquants, criminels et récidivistes en liberté y converge, dès le matin, pour y écouler leur butin de la veille.

Rassemblés en petits groupes, les uns s’adonnent au troc, les autres passent le temps à des jeux de hasard, souvent théâtres de querelle ou rixe, avec, à l’ordinaire, des blessures graves ou des meurtres. C’est par dizaines qu’on y compte de telles situations, les années passées. En 1998, un homme y fut égorgé, au vu et au su de tous, par son partenaire de jeu.

C’est pour tenter de maîtriser cette anarchie que le commissariat Sebkha 2 fut établi juste à côté du fameux marché. Un poste de police fixe qui y patrouille tout au long de la journée. À chaque instant, des suspects y sont conduits et ses violons ne désemplissent jamais.

Bakar dans ses œuvres

Au carrefour situé sur l’axe communément appelé « Police » ; au sud du fameux marché Lekbeid, la circulation est toujours dense vers dix-huit heures. Épuisés, les deux agents du GGSR ou « Misgharou » sont assis sur les escaliers du petit marché, face au carrefour.

C’est un homme en civil, de grand gabarit et teint bronzé qui assure leur intérim, au réglage de la circulation, gourdin en main. Son apparence débile et sa voie rauque le font craindre des automobilistes et piétons, malgré son caractère inoffensif. Tout véhicule qui n’obéit pas à ses directives se voit aussitôt gratifié d’un coup de gourdin sur la malle arrière, avec un cri de Bakar dont le carrefour porte désormais le nom.

Certains automobilistes qui ne le connaissaient pas lui ont causé quelque problème. Un jour, il frappa l’aile d’un véhicule fautif et lui brisa un clignotant. Une violente bagarre s’en suivit avec son propriétaire. Les passants les séparèrent difficilement, après avoir convaincu l’automobiliste qu’il avait affaire à un ‘’demi- fou.’’

La nuit, Bakar reste en faction devant le supermarché Moujamaa El Beït qui l’a engagé en agent de sécurité de nuit. Gourdin en main, il veille tard, accomplissant ronde sur ronde, devant le centre commercial.

Vers cinq heures, le voilà à somnoler sur le perron, jusqu’au lever du soleil. Vers huit heures, il se dirige vers une école privée du même quartier qui l’a également engagé en agent de sécurité. On le voit parfois régler la circulation en divers autres quartiers de la ville.

Mosy



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