20-10-2022 11:16 - Tchad : au moins cinq morts dans les manifestations à N'Djamena
Euronews - Au moins cinq personnes ont été "tuées par balles" dans les affrontements opposant police et manifestants à N'Djamena, a confirmé à l'AFP le médecin-chef de l'hôpital de l'Union Chagoua, Joseph Ampil.
Un journaliste de l'AFP a vu les corps de cinq personnes, dont deux recouvertes du drapeau national, et trois de draps blancs ensanglantés, allongées sur le sol de l'hôpital, situé dans 7e arrondissement de N'Djamena, épicentre des manifestations dans la capitale tchadienne.
La manifestation avait été interdite par les autorités.
"Ils nous tirent dessus. Ils tuent notre peuple", a déclaré dans un message sur Twitter Succès Masra, l'un des principaux opposants du parti Les Transformateurs, qui avait lancé mercredi un appel à manifester pacifiquement.
Paris condamne et se dédouane
Dans un communiqué du ministère des Affaires étrangères, Paris a "condamné" ces violences à N'Djamena.
"Des violences sont survenues ce matin au Tchad, avec notamment l'utilisation d'armes létales contre les manifestants, ce que la France condamne", souligne le Quai d'Orsay, qui affirme que Paris ne joue "aucun rôle dans ces événements".
Une "transition" qui dure
Ces affrontements se déroulent après la prolongation pour deux ans de la "transition" au Tchad qui devait s'achever ce jeudi 20 octobre. Mais fin septembre, Mahamat Idriss Déby Itno a finalement été maintenu président jusqu'à des élections libres et démocratiques, censées se tenir à l'issue d'une deuxième période de transition et auxquelles M. Déby pourra se présenter.
Le 20 avril 2021, à l'annonce de la mort du maréchal Déby, tué par des rebelles en se rendant au front, l'armée avait proclamé son fils Mahamat Déby, général alors âgé de 37 ans, président de la République à la tête d'une junte de 15 généraux, pour une période de transition de 18 mois devant mener à des élections.
Par euronews avec AFP, AP
