06-11-2022 22:46 - Cameroun : Paul Biya célèbre ses 40 ans de règne à la tête du pays

Cameroun : Paul Biya célèbre ses 40 ans de règne à la tête du pays

France24 - Au Cameroun, cela fait, ce dimanche 6 novembre, quarante ans, jour pour jour, que Paul Biya est président de la République. En 1982, il recevait le pouvoir de son prédécesseur démissionnaire Ahmadou Ahidjo.

En quatre décennies, Paul Biya, âgé aujourd’hui de 89 ans, a été proclamé vainqueur des sept dernières élections présidentielles. Il est à mi-parcours de son septième mandat qui court jusqu’en 2025.

Une date anniversaire à fêter ou à regretter pour les uns, un non-événement pour les autres.

C’est le parti de Paul Biya qui en fait, ce dimanche, une journée de célébrations. Le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC) a demandé à ses sections locales d’organiser « avec faste » meetings et manifestations publiques sur le territoire. Un grand rassemblement organisé à Yaoundé devant l’hôtel de ville.

Sur l’esplanade de l'hôtel de ville de Yaoundé, des dizaines de chapiteaux blancs pour abriter les militants. Paul Biya est physiquement absent, mais son portrait est partout. Sur la façade, un portrait géant du président Biya et en tribune officielle, le président du Sénat, Marcel Niat Njifenji, le Premier ministre, Joseph Dion Ngute, ainsi que de nombreux cadres du RDPC.

Mobilisation avant les sénatoriales de 2023

Le secrétaire général du RDPC, Jean Nkuete, a placé cette journée sous le thème du renforcement de la mobilisation derrière Paul Biya. Le parti majoritaire a en tête les futures échéances électorales, à savoir les sénatoriales attendues l’an prochain et la présidentielle de 2025.

Le Secrétaire général adjoint du comité central, le Ministre du Travail Grégoire Owona : « Je vous exhorte à maintenir cette mobilisation à un niveau très élevé ». Du côté des militants installés en retrait sous les arbres, ambiance de kermesse et discussions politiques. Le parti majoritaire au Cameroun a récemment renouvellé ses organes de base. Ce 40e anniversaire de la présidence Biya était placé sous le signe du « renforcement de la mobilisation derrière le chef de l’État.

« Ne prêtons pas le flanc à ceux qui font de la politique-fiction en nous disant que "si ceci, si cela…". Nous, nous sommes dans le feu de l’action, nous avançons, lance le secrétaire général adjoint du comité central, le Ministre du Travail Grégoire Owona à la tribune. Nous devons être fiers d’avancer et nous devons en féliciter notre leader. » Une longévité au pouvoir diversement appréciée.

Quarante ans de présidence, c’est aussi un bilan et une longévité diversement appréciée qui suscitent inévitablement commentaires et prises de position politiques.

Ainsi, on a pu lire dans le journal gouvernemental Cameroon Tribune des pages entières de messages de félicitations adressées par des chefs traditionnels, des parlementaires ou encore le président de la Commission nationale anti-corruption (Conac).

Des documentaires, des débats, des ouvrages sur le « phénomène Biya » retraçant son parcours, décryptant les clefs de sa longévité… Ses partisans lui attribuent la paternité de la stabilité du Cameroun sur le temps long. « Le Cameroun est un pays de paix », répètent-ils. Une paix, toutefois, que ne connaît pas une partie de la population dans l’Extrême-Nord touché par Boko Haram et dans les deux régions à majorité anglophone du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.

Sur le plan social et économique, le parti met en avant, entre autres, des constructions d’écoles, d’hôpitaux ou encore de routes, ces quatre décennies passées. Les opposants pointent « un potentiel inexploité », « une industrie embryonnaire » et des infrastructures encore « insuffisantes » pour répondre aux besoins de base. De son côté, l’organisation « Tournons la Page » dénonce une « corruption endémique et institutionnalisée » et une longévité qui « a pesé sur le développement du pays ».

Avec notre envoyée spéciale à Yaoundé,
Amélie Tulet




Les articles, commentaires et propos sont la propriété de leur(s) auteur(s) et n'engagent que leur avis, opinion et responsabilité


Source : RFI Afrique
Commentaires : 1
Lus : 2088

Postez un commentaire

Charte des commentaires

A lire avant de commenter! Quelques dispositions pour rendre les débats passionnants sur Cridem :

Commentez pour enrichir : Le but des commentaires est d'instaurer des échanges enrichissants à partir des articles publiés sur Cridem.

Respectez vos interlocuteurs : Pour assurer des débats de qualité, un maître-mot: le respect des participants. Donnez à chacun le droit d'être en désaccord avec vous. Appuyez vos réponses sur des faits et des arguments, non sur des invectives.

Contenus illicites : Le contenu des commentaires ne doit pas contrevenir aux lois et réglementations en vigueur. Sont notamment illicites les propos racistes ou antisémites, diffamatoires ou injurieux, divulguant des informations relatives à la vie privée d'une personne, utilisant des oeuvres protégées par les droits d'auteur (textes, photos, vidéos...).

Cridem se réserve le droit de ne pas valider tout commentaire susceptible de contrevenir à la loi, ainsi que tout commentaire hors-sujet, promotionnel ou grossier. Merci pour votre participation à Cridem!

Les commentaires et propos sont la propriété de leur(s) auteur(s) et n'engagent que leur avis, opinion et responsabilité.

Identification

Pour poster un commentaire il faut être membre .

Si vous avez déjà un accès membre .
Veuillez vous identifier sur la page d'accueil en haut à droite dans la partie IDENTIFICATION ou bien Cliquez ICI .

Vous n'êtes pas membre . Vous pouvez vous enregistrer gratuitement en Cliquant ICI .

En étant membre vous accèderez à TOUS les espaces de CRIDEM sans aucune restriction .

Commentaires (1)

  • mystere1 (F) 07/11/2022 14:22 X

    Maa Sha Allah, quel sacré mastodonte au pouvoir camerounais, cela veut dire, que son peuple doit être satisfait de lui, durant ces 40 ans au pouvoir, sinon, il aurait dégagé, comme bons nombres de ses compères de présidents africains, un vrai dinosaure du pouvoir, donc, longue vie, jusqu'à sa fin de règne, en paix ! mais, c'est après lui, que sûrement, les troubles, que connaissent, certains pays africains, commenceront, car chacun est affamé, assoiffé de régner, ou monter au trône du dirigeant, ainsi, le destin attend ce voisin africain.