29-11-2025 07:45 - Côte d’Ivoire : le porte-parole du PDCI écroué pour « actes terroristes » et « complot »

Côte d’Ivoire : le porte-parole du PDCI écroué pour « actes terroristes » et « complot »

JEUNE AFRIQUE - Soumaïla Bredoumy, le porte-parole du principal parti d’opposition, a été incarcéré le 27 novembre pour 18 chefs d’accusation, dont « actes terroristes et assassinat », « complot contre l’autorité de l’État » et « atteinte à l’ordre public ».

En Côte d’Ivoire, plusieurs dizaines d’opposants ont été arrêtés en cette année d’élection présidentielle – le scrutin s’est tenu en octobre –, mais peu de hauts cadres ont été inculpés et écroués.

Soumaïla Bredoumy est le porte-parole du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), principal parti d’opposition, et également député, et il se présente aux élections législatives qui se tiendront fin décembre. Ses avocats ont précisé ne pas avoir connaissance des faits reprochés à leur client.

Le parti d’opposition de l’ancien président Laurent Gbagbo, le Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI), a lui décidé de ne pas participer au scrutin. Les chefs de ces deux formations politiques, Tidjane Thiam (PDCI) et Laurent Gbagbo, avaient tous deux été exclus de la course à la présidentielle. Tidjane Thiam est par ailleurs en France depuis plusieurs mois.

Placé en garde à vue pour 11 chefs d’accusation, écroué pour 18

Le 27 novembre, Soumaïla Bredoumy « a été mis sous mandat de dépôt et écroué » au Pôle pénitentiaire d’Abidjan (PPA), pour 18 chefs d’accusation, a affirmé Me Jean-Chrysostome Blessy.

Les chefs d’accusation incluent notamment les mentions suivantes : « actes terroristes, assassinat », « complot contre l’autorité de l’État, attentat contre l’autorité de l’État, atteinte à l’ordre public », « atteinte aux opérations électorales » et « participation à une manifestation interdite ou non déclarée », selon Me Blessy. Il est également poursuivi pour « destruction volontaire de biens », « organisation d’une bande armée », « vol » et « apologie des crimes de meurtres ».

Soumaïla Bredoumy « ne reconnaît pas ces motifs », a assuré de son côté Me Luc Kacou Adje. « On a négocié des conditions favorables de détention, pour qu’il puisse être placé dans une cellule où il sera seul, compte tenu de sa qualité », a-t-il ajouté.

Après plusieurs mois hors du pays et un retour le 24 novembre en Côte d’Ivoire, Soumaïla Bredoumy avait été placé en garde à vue le 26 novembre, d’abord pour 11 chefs d’accusation, dans le cadre d’une procédure de délit flagrant. Une exception prévue par la Constitution pour poursuivre un parlementaire.

« Intimidation et mise sous pression des voix dissidentes », selon le PDCI

En réaction au placement en garde à vue de Soumaïla Bredoumy, le PDCI a dénoncé le 27 novembre dans un communiqué « une procédure illégale, arbitraire » et plus largement « une stratégie d’intimidation, de harcèlement et de mise sous pression des voix dissidentes ». Il a également appelé à sa « libération immédiate ».

Début novembre, un haut cadre du PPA-CI, Damana Pickass, a été inculpé et placé sous mandat de dépôt pour des chefs d’accusation similaires, liés à l’élection présidentielle, notamment ceux d’« actes terroristes » et d’« assassinat ».

Les autorités ont assuré ces derniers mois que les arrestations n’ont aucun lien avec l’appartenance politique et que les personnes arrêtées font tous l’objet de procédures d’enquête régulières.

Le scrutin présidentiel du 25 octobre, remporté par Alassane Ouattara, au pouvoir depuis 2011, s’est globalement déroulé dans le calme. Toutefois, onze personnes sont mortes selon des sources officielles et des dizaines de militants politiques d’opposition ont été arrêtés selon leurs partis.

L’opposition et des manifestants, dont plus d’une centaine ont été condamnés à trois ans de prison ferme, avaient notamment dénoncé la possibilité pour Alassane Ouattara de briguer un quatrième mandat.

Le Conseil national de sécurité (CNS), qui réunit l’appareil sécuritaire ivoirien, avait interdit les manifestations pour deux mois et a récemment prorogé cette mesure d’un mois, jusqu’en janvier, pour les partis et les groupements politiques « à l’exception de ceux qui s’inscrivent dans le cadre du processus électoral ».

(Avec AFP)





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Source : Jeune Afrique
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