15-01-2026 01:49 - Des membres du gouvernement commentent les résultats du Conseil des ministres
AMI - Des membres du gouvernement ont commenté, mercredi soir, les travaux du Conseil des ministres tenu tôt dans la matinée.
Il s’agit des ministres de la Culture, des Arts, de la Communication et des Relations avec le Parlement, Porte-parole du gouvernement, de la Formation professionnelle, de l’Artisanat et des Métiers, de l’Habitat, de l’Urbanisme et de l’Aménagement du territoire, et de l’Action sociale, de l’Enfance et de la Famille.
Intervenant le premier, le porte-parole du gouvernement, M. El Houssein Ould Medou, a indiqué que le Conseil des ministres a examiné et adopté plusieurs projets de lois, de décrets et de communications.
Parmi ces projets, indique-t- il, un projet de décret portant création d’une zone industrielle dans la wilaya du Trarza, deux communications, dont la première est relative au discours du Premier ministre, prévu devant l’assemblée nationale dans les jours à venir, laquelle a permis au Premier ministre de présenter les grandes lignes du bilan d’activité du gouvernement au cours de l’année 2025 et les perspectives de son action pour l’année 2026. La seconde est relative à la campagne de terrain lancée, il y a quelque jours, pour la protection des enfants de la rue.
Lui succédant, le ministre de la Formation professionnelle, de l’Artisanat et des Métiers, M. Melainine Ould Eyih, a précisé qu’il a présenté au Conseil des ministre un projet de décret relatif à la création d’un établissement public à caractère administratif, dénommé l’Agence nationale de promotion de l’artisanat.
S’agissant des missions de celle-ci, le ministre a indiqué que l’Agence aura pour mission l’organisation du secteur de l’artisanat à travers l’appui aux organismes chargés des métiers, l’amélioration de la qualité des produits artisanales, l’appui à la gestion des forums de l’artisanat à l’échelle nationale et internationale, la gestion du fonds d’appui à l’artisanat, dont la création est prévue par le même décret, et enfin l’encouragement de l’innovation à travers l’implication des jeunes dans les métiers de l’artisanat.
Selon le ministre, la création de cet établissement vient compléter le cadre institutionnel du Département et permettra de garantir les différents appuis nécessaires au développement de ce dernier, notamment en matière de formation et de financement.
S’attardant sur l’importance du fonds d’appui aux métiers de l’artisanat, M. Ould Eyih a indiqué que celui-ci permettra de financer d’importants projets de formation et d’initiatives locale d’innovation en la matière. Le ministre a également fait remarquer que l’organisme de supervision de l’Agence sera constitué de l’ensemble des acteurs du secteur de l’artisanat, tout le Fonds d’appui dont le comité de pilotage incluera d’autres secteurs gouvernementaux.
Pour sa part, la ministre de l’Habitat, de l’Urbanisme et de l’Aménagement du Territoire, Mme Naha Mint Mouknass, a évoqué les contours du projet de décret relatif à la création d’une zone industrielle.
Il s’agit, explique-t- elle, de mettre en place une nouvelle zone industrielle moderne, sur une assiette foncière d’une superficie de 800 hectares, située au sud de la capitale Nouakchott, dans la wilaya du Trarza, précisément au niveau de la commune d’El A’rya.
Elle a ajouté que ce projet constitue une étape fondamentale dans la mise en œuvre de la stratégie nationale de l’industrialisation à l’horizon 2030, dans le cadre de laquelle le gouvernement s’est engagé à doubler les unités industrielles de transformation, notamment dans les secteurs où le pays dispose d’un avantage compétitif, tels que l’agriculture, l’élevage, la pêche et les énergies renouvelables.
Elle a précisé que cet engagement aurait été difficile à concrétiser si la dépendance avait perduré à l’égard de la zone industrielle existante de Dar Naïm ou de l’ancienne zone industrielle à El Mina, en raison de leur non-conformité aux normes environnementales, de l’exiguïté de leurs superficies et de l’insuffisance de leurs infrastructures.
La ministre a souligné que le décret définit les activités autorisées au sein de ladite zone industrielle, lesquelles englobent les industries de production et de transformation, la logistique et le transport, les services industriels, les secteurs de l’énergie et de l’environnement, ainsi que la technologie et l’innovation.
Elle a ajouté que la création de cette zone industrielle garantira un cadre approprié pour l’accueil d’activités industrielles modernes et compétitives, favorisera la transformation locale des matières premières nationales, contribuera à la création d’emplois durables, au renforcement des exportations à valeur ajoutée et à l’amélioration du climat des affaires, grâce à une meilleure organisation de l’espace industriel.
Répondant à une question relative au mécanisme d’organisation de la zone industrielle, la ministre a indiqué que le projet prévoit la création d’une zone tampon autour de la zone industrielle, d’une largeur minimale de 500 mètres, au sein de laquelle toute construction ou implantation de logements résidentiels sera interdite, afin d’éviter les situations de chevauchement entre activités industrielles et quartiers résidentiels observées par le passé, et les nuisances industrielles et plaintes répétées des populations qui en ont résultés.
Mme Mint Mouknass a précisé que, conformément à ce nouveau dispositif, aucun bureau administratif ni logement ne sera autorisé à l’intérieur de la zone industrielle ni dans sa bande de protection, celle-ci étant strictement réservée aux activités industrielles.
S’agissant des usines actuellement implantées à Dar Naïm et dans l’ancienne zone industrielle du port, elles ne sont pas tenues de déménager vers la nouvelle zone industrielle, bien que cette option demeure ouverte, compte tenu des avantages organisationnels, environnementaux et infrastructurels qu’offre le nouveau site.
En réponse à une question concernant le sort des habitations avoisinant le projet de complexe touristique et de réhabilitation du lac de Riyad, inscrit dans le cadre du programme de modernisation de Nouakchott, la ministre a affirmé que les populations concernées seront accompagnées.
Elle a précisé que les logements situés dans le périmètre affecté par le projet ont été identifiés, et que les procédures d’indemnisation et de relogement ont été engagées, avec le transfert des familles vers des sites mieux aménagés et mieux dotés en services. Elle a ajouté que l’indemnisation et l’accompagnement se poursuivront conformément aux procédures légales en vigueur, lesquelles sont clairement définies et connues.
Abordant le phénomène de l’occupation anarchique des places publiques et des voies de circulation, la ministre a évoqué les répercussions de cette pratique répréhensible, soulignant qu’elle est contraire aux valeurs de la civilité, porte atteinte au progrès moral et au respect de la propriété publique, tout en insistant sur la poursuite des efforts visant à la combattre.
Concernant l’état d’avancement du plan de restructuration de la ville de Kiffa, elle a indiqué qu’il s’inscrit dans une orientation générale de l’État visant la modernisation et l’aménagement des espaces urbains, ce qui requiert une coordination et une intervention conjointes de plusieurs départements, notamment les ministères de l’Habitat, des Domaines, des Finances et de l’Intérieur, ajoutant que les prochaines phases de cette opération démarreront dans les tout prochains délais.
De son côté, la ministre de l’Action sociale, de l’Enfance et de la Famille, Mme Saviya Mint N’tahah, a déclaré s’être honorée de la présentation, aujourd’hui devant le Conseil des ministres, de l’état d’avancement de la campagne de terrain nocturne de protection des enfants contre les dangers de la rue, une campagne préventive qui s’inscrit dans les orientations générales de l’État visant le soutien à la famille et la protection de l’enfance, en parfaite adéquation avec les directives de Son Excellence le Président de la République, Monsieur Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, qui considère la famille comme le cadre naturel et fondamental de la protection de l’enfant.
La ministre a souligné que cette campagne repose sur une approche sociale et éducative globale, axée sur la sensibilisation aux dangers de la rue, l’intervention préventive précoce et la mise à disposition d’un hébergement temporaire lorsque cela s’avère nécessaire, tout en œuvrant au retour des enfants dans leur environnement familial dès que les conditions appropriées sont réunies.
Elle a ajouté que le gouvernement veille à ce que l’ensemble des interventions soient menées dans le respect absolu des droits et de la dignité de l’enfant, conformément à la législation nationale et aux engagements internationaux pertinents, en adoptant le principe de l’intérêt supérieur de l’enfant et en écartant toute approche coercitive ou sécuritaire dans le traitement de ce phénomène.
Elle a indiqué que les premières données font état d’une interaction positive des familles, tout en révélant la complexité du phénomène et l’enchevêtrement de ses causes, ce qui confirme que la protection de l’enfance est une responsabilité collective nécessitant une coordination efficace entre les différents secteurs concernés, la famille et la société civile.
La ministre a précisé que l’objectif stratégique consiste à passer d’une campagne ponctuelle à un programme national permanent de protection de l’enfance, fondé sur la prévention et l’intégration familiale durable, de manière à renforcer la cohésion sociale et à préserver l’avenir des enfants.
Répondant à une question sur la pertinence de la campagne et les bénéfices qu’elle apporte aux enfants, elle a affirmé que l’objectif principal de cette initiative est avant tout la protection de l’enfant et la garantie de sa présence dans l’environnement qui lui est le plus adapté, à savoir la famille.
Elle a expliqué que cette campagne fait suite à une étude de terrain approfondie et de longue durée menée par le secteur de l’action sociale, laquelle a porté sur l’identification des lieux de présence des enfants dans la rue, le diagnostic de leurs situations, la distinction entre les enfants originaires des mêmes zones et ceux provenant d’autres wilayas, ainsi que l’analyse des causes sociales, familiales et économiques sous-jacentes à ce phénomène, permettant ainsi l’élaboration d’un plan fondé sur des bases scientifiques et réalistes.
Mint N’tehah a indiqué que cette campagne constitue une première étape d’un processus plus large, qui s’est aujourd’hui concrétisé, tel que présenté devant le Conseil des ministres, en une vision de programme national permanent visant la protection des enfants et leur intégration familiale et sociale durable.
Elle a également précisé que les résultats de terrain ont révélé que la majorité des enfants concernés disposent de familles et vivent en leur sein, et que la problématique ne concerne pas principalement des enfants coupés de leurs familles, mais plutôt des enfants scolarisés et vivant dans leur foyer, qui se retrouvent néanmoins dans la rue, notamment durant les périodes nocturnes, les exposant à de graves dangers.
Réagissant aux différentes questions de la presse, le porte-parole du Gouvernement a démenti toute connaissance, de la part de son Département, des informations faisant état d’une entrave à l’organisation du Sommet de la jeunesse. Il a précisé qu’aucun dossier n’a été porté à la connaissance du ministère à ce sujet, soulignant que toutes les initiatives relatives à la jeunesse, durant ce mandat, ne sauraient être entravées qu’en raison de circonstances objectives et de motifs dûment justifiés.
En réponse à une question concernant l’éventualité du licenciement des prestataires de services de l’éducation, à la suite de leur sit-in, le porte-parole a rappelé que manifester est un droit légitime et qu’aucun fonctionnaire ne sera licencié pour ce motif. Il a toutefois précisé que l’absentéisme injustifié, notamment lorsqu’il revêt un caractère répétitif, demeure passible de sanctions prévues par la réglementation en vigueur.
Abordant, enfin, la question de la location de logements à usage de sièges administratifs, il a indiqué que Son Excellence le Président de la République, depuis son accession à la magistrature suprême, a donné des instructions visant à accélérer l’achèvement de l’ensemble des sièges gouvernementaux.
Il a précisé que trois ministères demeurent concernés et qu’ils rejoindront, dans un avenir très proche, leurs sièges officiels définitifs.
