22-01-2026 15:10 - Fonds d’aide à la presse : une nomination politique controversée – Ould Medou esquive et ment publiquement (Avec Video de la Présidente du Parti)
POINTS CHAUDS - Lors de la conférence de presse hebdomadaire tenue, mercredi 21 janvier 2026, le ministre de la Culture et de la Communication, Houssein Ould Medou, a délibérément évité de répondre à une question posée depuis la tribune par le journaliste Mohamed Oumar, qui demandait une clarification précise sur un point central :
oui ou non, une présidente de parti politique a-t-elle été nommée membre de la commission d’aide à la presse privée ?
Au lieu d’apporter une réponse claire, le ministre s’est engagé dans un discours confus et évasif, prenant soin d’éviter toute confirmation ou infirmation de cette nomination, pourtant au cœur d’une polémique nationale. Cette fuite en avant s’est accompagnée d’un mensonge manifeste, lorsque le ministre a affirmé qu’il y aurait eu une concertation avec des associations féminines du secteur des médias.
Or, les faits démentent formellement cette déclaration.
Il n’existe que trois associations féminines reconnues dans le domaine des médias, et aucune d’entre elles n’a été consultée. La preuve en est le communiqué public de l’Union des Journalistes Indépendantes Mauritaniennes, qui a non seulement nié toute concertation, mais a également révélé l’utilisation frauduleuse de son nom afin de conférer une apparence de légitimité à une commission dont le ministre est le seul à connaître les véritables bénéficiaires.
Il convient de souligner que, selon l’ensemble des acteurs du secteur, le ministre n’a jamais engagé de véritable concertation avec les organisations professionnelles depuis sa prise de fonction, que ce soit sur l’aide publique à la presse ou sur toute autre question touchant au secteur médiatique.
D’après l’Union des Journalistes Indépendantes Mauritaniennes, lorsque le ministère convoque certaines associations connues pour leur docilité ou leur proximité avec l’administration, l’objectif est uniquement de les placer devant le fait accompli.
Le silence sur la question centrale, combiné à une justification mensongère, confirme une seule réalité :
le scandale est bien réel, et le ministre choisit désormais le mensonge public plutôt que la clarification.
Voir la vidéo publiée par Alhaqaiq.info à la fin de l’article, montrant Mittane Mint Lemrabette, présidente du parti Citoyenneté Citoyen, nommée par le ministre de la Culture et de la Communication, Houssein Ould Medou, comme membre de la commission d’aide à la presse, en train de présider les travaux de son parti politique, soutien déclaré de la majorité présidentielle.
Or, cette commission est aujourd’hui chargée de la répartition de fonds publics destinés au soutien des entreprises de presse, sur la base de principes d’équité, de transparence et de neutralité.
La présence en son sein d’une dirigeante politique active, présidente d’un parti engagé dans la compétition partisane et membre de la majorité au pouvoir, constitue une incompatibilité politique manifeste, contraire à l’ensemble des textes encadrant le fonds d’aide à la presse tel qu’il a été conçu.
Elle crée un conflit d’intérêts structurel, menace le principe d’égalité de traitement entre les médias et transforme l’aide publique à la presse en instrument de récompense politique.
Pour de nombreux observateurs, cette nomination ne relève pas d’une simple erreur d’appréciation, mais d’un choix délibéré, révélateur de pratiques marquées par l’opacité, le favoritisme et une conception autoritaire de la gestion du secteur médiatique.
En affirmant le contraire devant la presse, le ministre a menti publiquement, sans retenue ni égard, face aux journalistes et à l’opinion publique.
Ce nouvel épisode ne se limite pas à raviver la controverse autour d’une nomination contestée ; il renforce le sentiment d’un mépris assumé pour la vérité, la transparence et la presse elle-même.
Dès lors, la question dépasse largement le cadre administratif. Elle est profondément politique et morale :
qui a réellement menti à la presse, au gouvernement, et au-delà , à l’ensemble du peuple ?
La réponse se trouve dans cette citation du romancier russe Alexandre Soljenitsyne :
« Nous savons qu’ils mentent, ils savent qu’ils mentent, ils savent que nous savons qu’ils mentent, et pourtant ils continuent à mentir. »
Source/ ALHAQAIQ
Traduction Points Chauds
