21-05-2010 00:36 - L’Histoire de la TVM à travers mon expérience personnelle.
L’histoire de la TVM a commencé vers les années (1976-1978) sous le régime du Président Moctar Ould Daddah par décret du conseil de Ministre créant l’agence mauritanienne de la télévision et du cinéma (AMATECI). Le dynamisme de Mariem Daddah avait contribué à relancer le projet de la télévision par la nomination du cinéaste Mohamed Ould Saleck au poste directeur de l’agence.
C’est après le coup d’état du 10 juillet 1978 et au cours d’une visite du Ministre de l’information à l’époque, en Irak que le Président Saddam Houcein devait accorder le financement cles à main pour la construction d’une télévision nationale en Mauritanie.
Les premiers contrats ont été signés pendant les années 1980-1981 entre la Société Française Thomson CSF (maitre d’œuvre) et une société locale SET (Mohamed Amar Ould Sedoum) chargée du génie civil.
Vers la moitié de l’année 1981, le climat politique s’est largement détérioré entre les Gouvernements Mauritanien et Irakien à la suite de l’arrestation des dirigeants et sympathisants du Baath.
Suite à ces représailles, l’Irak avait suspendu le financement de tous les projets en Mauritanie à l’exception de celui de la Télévision et l’électrification d’El Mina. Cette situation devait se répercutée sur les travaux du génie Civil et la société SET avait failli à ses engagements et disparu avec une enveloppe de 20.000.000 UM (Vingt Millions d’Ouguiya), montant octroyé par Ste Thomson CSF comme première tranche de démarrage du « Projet TVM ».
Par la suite, le bureau technique chargé des projets Irakiens en Mauritanie s’est trouvé contraint de fermer et de réduire son personnel au niveau d’un attaché culturel à l’Ambassade. C’est à cette époque que j’ai été nommé au poste de chef de service technique chargé du suivi et de la supervision des travaux du chantier « Projet TVM » .
Plus tard, en présence de Brahim Ould Abdallahi (Directeur du Projet) j’ai réceptionné tous les documents techniques et plan de situation : -Génie civil, plan d’installation des équipements audio-vidéo, de la climatisation centrales, de l’électricité, de la plomberie et du mobilier de bureau ainsi que les exonérations en douane.
La première grande réunion a eu lieu dans les locaux du Ministère de l’équipement sous la présidence du Secrétaire Général (Babaha Ould Ahmed Youra) entouré de ses collaborateurs et en présence de tous les partenaires concernés par le « Projet TVM », il s’agit de :
• Ste Thomson –CSF (Maitre d’œuvre), Mr Drevon Directeur Commercial, Mr Paquis directeur génie civil,
• Ste ERB (génie civil),Abdallahi Ould Noueiguett (P.D.G)
• Brahim Ould Ahmed Lama (Bureau d’Etude)
• Mohamed Ould Kheiry (Administrateur ERB)
• ORTM (Bénéficiare), Brahim Ould Abdallahi (Directeur), Bah Ould Kaber (Chef Service technique chargé du suivi des travaux, Chantier).
Au cours de cette réunion, les travaux du génie civil ont été confiés officiellement à la société ERB et une lettre de mise en demeure adressée à la Ste SET d’abandonner les lieux au profit de la Sté ERB. Le lendemain, les différents partenaires ont visité les lieux et crée une commission technique chargée du projet.
Un bureau du chantier a été désigné et devait se réunir tous les jours dans les locaux du chantier de 08heures à 12heures.
Il avait comme missions principales :
• Superviser et exécuter tous les travaux techniques du chantier
• Etablir chaque fin du mois les documents relatifs à l’avancement des travaux ;
• Rapport sur l’exécution des tranches du projet autorisant la Ste Thomson-CSF de procéder aux paiements par transferts bancaires des dus aux sociétés ERB et SOGELEM (génie civil et électricité – plomberie).
Ce bureau était composé de :
• Bussac, représentant de Ste Thomson-CSF.
• Bah Ould Kaber, représentant l’ORTM
• Brahim Ould Ahmed Laamee, representant ERB
• Mohamed Ould Kheiry, representant ERB.
• Ded Ould Brahim, representant ERB.
• Gregoire, representant SOGELEM.
Parallèlement aux travaux du chantier; j’étais chargé de la formation et l’encadrement du personnel de la télévision avec un bureau au siège de la radio. Les horaires de travail étaient :
• De 8h à 12h chantier « Projet TVM".
• De 15h à 18h Enregistrement Studio Radio
J’ai bénéficié d’un séjour de six mois auprès de la Ste Thomson-CSF à Paris pour assister aux tests et réception à l’usine, des équipements audio-video destinés à la Télévision de Mauritanie.
De retour au pays, j’ai réceptionné les premiers équipements (audio-vidéo) conçus pour les reportages extérieurs, il s’agissait de :
• Un véhicule tout terrain (Peugeot D’Angel equipé de :
• Deux Cameras Microcam
• Deux magnétoscopes BVU 110
• Un Mélangeur audio-vidéo
• Un lot de cassettes U’matic
• Un groupe électrogène
En septembre 1982, face aux fortes pressions exercées par les membres du Comité Militaire et certain membres du Gouvernement, nous étions contraints d’entamer une premier phrase d’un embryon de télévision qui consistait à :
• L’enregistrement, dans les studios de la radio, de certaines émissions débats.
• Puis de procéder au montage de ces émissions grâce à une unité de montage BVU200, octroyée par la coopération française dans le cadre d’une convention bilatérale,
• Réalisation des reportages des différentes activités : gouvernementales, et couverture médiatique des activités des structures d’éducation de masses. Ce produit fini était diffusé le soir par un magnétoscope BVU 200 grâce à un émetteur de 1kw/Hymod qui devait couvrir uniquement Nouakchott.
Une première grille de programmes devait voir le jour :
• Générique d’ouverture 01 mn
• Lecture du coran 10 mn
• Journal en Arabe 15 mn
• Journal en Français 15 mn
• Journal en Pulaar 05 mn
• Journal en Soninké 05 mn
• Journal en Wolof 05 mn
• Emission débat 45 mn
• Lecture du Coran 10 mn
• Générique de fermeture 01 mn
De décembre 1982 à 1984, je passais tout mon temps au chantier où il fallait ma présence toute la journée voire même la soirée à vérifier :
• L’installation et les tests :
• Equipement audio-vidéo (Studios, régies, nodal, VTR, TC…)
• L’éclairage des studios
• Le mobilier des bureaux
• L’éclairage en général
• La plomberie
Nous avons déployé tous nos efforts pour être dans les délais de réception, voulu par le Comité Militaire à l’époque. En effet, cet objectif a été réalisé car la télévision nationale à été inaugurée par le Président Mohamed Khouna Ould Haidalla le 10 juillet 1984. A l’époque l’ensemble du personnel de la télévision nationale était de 50 agents et cadres avec un budget global de 70 millions (Soixante dix millions) repartit comme suit :
• Salaire : 35 millions
• Fonctionnement : 20 millions
• Recettes publicitaires : (10-15) millions
La grille des programmes est passée de quatre heures à dix heures (de 15h à 00h) et grâce actuellement au serveur qui reprend les émissions en boucle fermée 24h/24h. Pendant la phase expérimentale, nous avions pu réaliser beaucoup de programmes et des émissions malgré les modestes moyens dont nous disposons :
• Deux camera de reportage
• Un véhicule tout terrain
• Un banc de montage BVU 200
• Un personnel réduit
• Et enfin un budget global insignifiant
Puis ce fut la période de la séparation de la télévision et la radio les années 1990, dès lors la comparaison était flagrante, nous sommes passés de :
• Un budget de 70 millions à 1,5 Milliard
• Un personnel de 50 agents à plus de 500 personnes
• Une recette publicitaire de 12 Millions à plus de 100Millions
La qualité de la production actuelle est restée dérisoire malgré les équipements très sophistiqués et les avantages offerts par le numérique et le virtuel.
Répartition budgets en fonction les années :
• 1984 : 70 Millions
• 1990 : 90 Millions
• 1992 : 120 Millions
• 1995 : 180 Millions
• 1996 : 200 Millions
• 2000 : 600 Millions
• 2004-2005 : 1,5 Milliards
• 2006-2007 : 1.4 Milliards
• 2008 : 1,2 Milliards
• 2009 : 1,2 Milliards
• 2010 : ? 700 Millions
Les différents DG et Directeur TV.
DG DTV
1981 : Ainina Ould Eyih Yeslem / Brahim
1982-1985 : Sidi Ould Cheikh Brahim / Beden
1986-1988 : Sidi Brahim Sidatt Haye
1988: Brahim Ould Abdallahi Haye
1989-1990 : Hamoud Ould Hady Abdallahi O/ Mohamedou
Fin 1990 : Séparation Radio / TVM
1991-1992 : Med Yehdih O/ Aghob DG
1992-1994 : Mohamed Ould Hamadi DG
1995: Mohamed Yacoub Barnawi DG
1996-2005 : Yeslem Ould Efnou Atden DG
2006-2007 : Hamoud Ould Mhamed DG
2007 : Limam Cheikh DG
2008: Med Yahya Ould Haye DG
2009: Med Salem Ould Bouke DG
2010: Med El Moctar Ould Yahi DG
Liste du Personnel Julliet 1984.
1 Brahim Ould Abdallahi
2 Med Vall Ould Ahmed
3 Hamoud Ould Hadi
4 Ahmedou Ould Meiyah
5 Med Sidina Dina
6 Saliou Diakite
7 Raky Sy
8 15.Mariam Mint Yahya
9 17.Med Salem Ould Deida
10 19.Med Vall Ould Baheneina
11 Moustapha Ould Jid
12 Med Yacoub Barnawi
13 Sidi Med Ould Cheiguer
14 Amar Ould Bouhebeini
15 Bah O/ Kaber
16 El Boukheiry
17 Mouhamedou Ould Ahmed Ely
18 Ngam Amadou
19 Med Ould Hamad
20 Alioun Fall
21 Ahmed O/ Med Vall
22 El Herim
23 Makhary Diop
24 Salime Ould Amar
25 Cherif Taher
26 Med Ould Cheikh
27 Sarr Ibrahima
28 Abdallahi Ould Mouhamedou
29 Isselmou O/ Tajidine
30 Boubacar Fall
31 Mariem Mint Beyrouk
32 Nezha Mint Med Ali
33 Cheikh Ould Habib
34 Sidi Ould Khlil
35 Ahmed Ould Meyloud
36 Knein
37 El Mamy O/ Kabch
38 Moctar Fall
39 Diop Harouna
40 Med Babe Ould Etfagha
41 Pape Fall
42 Sidi Med Ould Beira
43 Cheikh Fall
44 Cheikhna O/ Saleck
45 Med El Ahd
46 Yatera El Haj
47 Abdel Khader O/ Cheikh
48 Moctar O/ Med Salem
49 Salek Ould Med
50 Coulibaly Souleymane
51 M’Bareck Sy
Premier Organigramme de la TVM
Mon Expérience Personnelle.
Engagé comme ingénieur en juillet 1981 par un contrat de travail avec l’ORTM particulièrement la télévision, j’étais nommé chef de service chargé du suivi et de la supervision des travaux du chantier « Projet TVM » en décembre 1981. Je bénéficiais d’un cumul de fonctions avec en charge la formation et l’encadrement du personnel technique de la télévision (siège radio).
A l’inauguration en Juillet 1984, je fus nommé au poste de chef service planification et coordination et devais coordonner les équipes de reportages extérieurs en fonction des besoins exprimés par les différents services et établir le planning du personnel. A l’époque où j’exerçais la fonction de chef de service, j’étais désigné par les travailleurs de l’ORTM comme secrétaire général de la section syndicale.
Ce cumul dérange beaucoup la Direction Générale (Sidi Brahim Sidat) au point d’être convoqué par le Directeur Général Adjoint (Ngaede Alassane) et devait me préciser qu’il fallait faire un choix entre responsable syndical ou chef de service. Mon choix fut porté sur le responsable syndical et j’ai remis par écrit ma lettre de démission de service.
Pendant la période de 1986 à 1988, j’ai exercé pleinement mon rôle de secrétaire général du syndicat. Nous avions menacé d’une grève dans les 48 heures qui suivent si nos doléances n’étaient prises en compte par la direction générale de l’ORTM.
Parmi ces doléances figuraient :
1. Le salaire du 13ème mois (selon le statut de notre établissement EPIC (Etablissement Public à Caractère Industriel et Commercial)
2. La révision de l’accord d’établissement.
3. Augmentation de la prime de transport compte tenu de l’éloignement de la télévision
4. Augmentation de la prime d’habillement
5. Création d’une prime d’aide au malade ou la prise en charge de soins médicaux
6. Et d’autres revendications
En 1990, la séparation de la télévision et de la radio, je fus nommé au poste Directeur Administratif et Financier de la télévision. Mais en 1992, j’étais dans l’obligation de démissionner du poste de Directeur pour des raisons de dignité et d’honneur. En effet, au cours d’un contrôle de la liste des salaires des travailleurs j’ai constaté une irrégularité accordant une prime de soixante dix mille ouguiyas (70.000 UM) à un collaborateur extérieur.
Ce montant paraissait à mes yeux comme étant très élevé par rapport à nos salaires de cadre avec nos indemnités de fonction. Après concertation avec le Directeur Général j’avais à choisir entre le silence ou ma révocation de la fonction. J’ai alors opté d’abandonner la fonction qui ne correspond pas à mon caractère.
Je suis resté pendant trois années, sans aucune fonction voire même m’interdire l’entrée à la télévision que j’ai construit depuis sa fondation jusqu’à son inauguration. En 1995, Mohamed Yacoub Ould Barnaoui a été nommé par décret du conseil de ministres comme Directeur Général de la télévision.
J’étais convoqué par celui-ci et au cours de l’entrevue il m’a clairement signifié qu’il souhaiterait me voire parmi son staff et qu’il était disponible de me nommer comme directeur d’exploitation technique avec les attributions nécessaires.J’ai accepté sous réserve de faire respecter les attributions qui me seront définies par lui et m’accorder d’exercer pleinement ma fonction.
L’accord a été positif mais verbal.
Après une année de travail, j’étais surpris d’apprendre par l’un de mes chefs de service qu’une décision de mise à pieds suivi d’une révocation ont été attribuées à Mouhamedou Ould Ahmed Ely (chef service de reportage). J’ai cherché à savoir les raisons d’une telle sanction et suis arrivé à la conclusion après tous les témoignages qu’il s’agissait d’une négligence de la part d’un journaliste (relevant de l’autorité du directeur de l’information).
Ce journaliste a utilisé une cassette défectueuse lors du reportage d’une audience du Premier Ministre sans vérifier au préalable la qualité de la cassette. J’ai demandé l’audience du directeur général pour apporter les clarifications et expliquer qu’une sanction aussi lourde nécessite une procédure administrative passant par :
• Une demande d’explication permettant à l’intéressé de répondre dans un délai de 48 heures.
• Ensuite, il appartenait au directeur d’exploitation de transmettre son avis sur la sanction appropriée et ce n’est qu’après qu’intervient une sanction graduellement
• Une mise à pieds
• Une révocation
J’ai plaidé en faveur de la légalité et du droit de réponse qui sont consignés dans le règlement intérieur de l’établissement et d’accorder au chef de service son droit de réponse mais en vain. Après quelques minutes de silence, j’ai expliqué au directeur général que je ne pouvais accepter de cautionner cette injustice à l’égard d’un chef de service dont je suis sensé protéger.
Par conséquent, j’ai demandé au directeur général que si sa décision était irrévocable, je me trouvais contraint de présenter ma démission.
Ce qui a été fait le lendemain matin. Puis ce fut l’attente pendant deux années jusqu’à la nomination du nouveau Directeur Général Yeslem Ould Ebnou Abden.
J’ai connu Yeslem au début de mon engagement en 1981 où il était Directeur du « Projet TVM ». En 1996, le statut de la télévision était devenu en EPA (Etablissement Public à Caractère Administratif) donc un directeur avec des chefs de service. Quelques mois après sa nomination ; Yeslem devait me convoquer et me proposer dans son nouveau organigramme ; le poste de chef service administratif (Service Central).
Durant cette période, j’ai œuvré pour l’instauration d’un climat de respect et de confiance entre les travailleurs et leurs hiérarchies respectives. Le volume de travail était si important que je n’ai jamais pu bénéficier d’un congé ni même d’une permission.
Par crainte de me faire emballer dans les circuits financiers, je me limitais uniquement aux traitements des salaires du personnel car les bons de commandes, les devis, les factures ainsi que le carburant sont restés aux mains du Conseiller Technique du Directeur Général (El Hadj Oumar).
En février 2000, à la veille des assises du conseil d’administration j’ai eu le privilège d’être informé par le Directeur Général de son intention de me nommer au poste de Conseiller Technique (Permutation avec El Hadj Oumar). Je suis resté Conseiller Technique du Directeur Général pendant deux années (marginalisé, sans aucune attribution, ni confiance).
Ma grande surprise survenait le 15 Mars 2001 où j’apprenais dans le couloir par certaines collègues que j’étais nommé chef de service d’approvisionnement (Sous la tutelle du département technique).
Cette mesure me paraissait comme une sanction étant donné mon ancienneté. Je me sentais frustré. J’ai remis une lettre de démission du poste en question. A partir de ce moment, j’étais convaincu que malheureusement dans notre institution (La Télévision), nous n’étions pas appréciés par nos compétences ou dévouement au travail mais plutôt par d’autres critères subjectifs (Parents, tribus, régions, interventions de l’extérieur caprices et humeur) et j’en passe…
En Octobre 2003, suite aux instructions du Chef d’Etat (Maouwiya Ould Taya) relatives à l’octroi d’une subvention d’un montant de 100 Millions (cent Millions Ouguiya) pour la création d’un centre de formation à la télévision, le Ministre de la Communication (selon des critères indiqués) devait me proposer comme Directeur du Centre et cela malgré l’avis du Directeur Général.
Ce centre est mort-né. Outre la subvention de Cent Millions d’Ouguiya, la location d’une villa à 300.000 UM par mois équipée d’un mobilier de bureau neuf, aucune formation n’a été faite. Il n’y avait ni structure administrative (Service ou section), ni secrétaire, ni même une ligne téléphonique au besoin. Le personnel du centre se limitait au directeur et un gardien de la villa.
Cette situation devait se prolonger jusqu’à la visite du Ministre de la Communication (Hamoud Ould Hamed) entouré de son staff et au cours de réunion de contact avec les différents responsables de la télévision, j’ai évoqué l’état déplorable que connait le centre de formation et qu’il était inconcevable de continuer à louer une villa luxueuse avec autant de charges supplémentaires.
Il serait souhaitable qu’à l’absence d’une stratégie de formation à court et moyen termes, il était impératif de fermer ce centre. J’ai également informé le Ministre que malgré ce blocage, j’ai élaboré un projet d’une requête de financement auprès du PNUD à Nouakchott pour la formation de quatre équipes de reportage et transmis pour approbation du Directeur Général qu’il avait tout simplement rejeté.
Quelques mois plus tard, c’était Hamoud Ould M’Hamed qui devait être le Directeur Général de la télévision. Celui-ci m’avait convoqué la mi-juillet et me proposait le poste de directeur des programmes et programmations (nouvelle structure).
Mes premiers objectifs étaient :
• Informatiser nos archives audio-vidéo, qui sont dans un état déplorable.
• Présenter pour approbation un projet d’une requête de financement pour la formation des archivistes auprès de CIRTEF.
• Elaborer une nouvelle grille de programmes stable mais diversifiée
• Renforcer la coordination avec les différents producteurs afin de respecter les dates et horaires de diffusion de leurs productions.
• Instaurer un visa obligatoire de diffusion pour tout programme qui devait passer à l’antenne.
• Etablir un rapport quotidien sur le déroulement des émissions avec les suggestions
Après un trimestre de travail intensif, j’étais déçu du comportement combien arrogant du Directeur Général. En effet, j’ai assisté à plusieurs reprises, dans son bureau à des propos et injures adressés à des responsables sans aucun motif au préalable.
Cette fois-ci, j’étais personnellement victime d’un langage vulgaire dont je n’ai pu me retenir sans lui signifiais que ce genre de comportement est inacceptable au sein d’une Institution de l’Etat et qu’il devait présenter ses excuses aux responsables présents car nous sommes tous régis par le code du respect de la dignité de la personne, clause du règlement intérieur de l’établissement.
Par conséquent, je ne pouvais admettre d’exercer ma fonction de directeur qu’avec un respect réciproque sans quoi, je me verrais dans l’obligation morale de démissionner pour protéger mon honneur et ma dignité d’homme.
Quelques années plus tard ce fut le défilé de Directeurs :
Limam Cheikh (2007)
Med Yahya Haye (2008)
Mouhamed Salem Ould Bouke (2009)
Med El Moctar Ould Yahi (2010)
NB :
J’ai constaté que la majorité des Directeurs ont tendance à croire que la télévision nationale est une société privée et non une société publique car la manière dont ils gèrent cette institution en est un témoignage éloquent. En effet, ils n’ont aucun respect vis-à -vis des travailleurs, ni des règlements intérieurs et accords d’établissement qu’ils ont signés.
Je pense qu’il est grand temps de mettre de l’ordre dans cette institution nationale à travers une revalorisation des ressources humaines par la formation continue et une rigueur dans la gestion des biens publics suivie d’un contrôle permanent et efficace. Je tiens à rassurer tous les lecteurs, que je n’ai jamais appartenu à aucune formation ou parti politiques et suis resté loin de ces clivages (idéologiques, politiques, régionalistes, tribalistes…) pour servir l’Etat et rien que l’Etat.
J’invite tous les lecteurs animés d’une bonne foi d’apporter leurs corrections ou contributions par leurs vécues personnelles afin de m’aider à éditer un ouvrage sur ‘’l’histoire de la TVM – 30 années d’expérience’’.
En conclusion:
Enfin, j’ai tardivement compris, après ces traversées du désert que je n’avais pas de place dans la télévision nationale malgré mes 29 ans de loyaux services et préfère me consacrer à écrire ma mémoire si mémoire existe dans mon Pays car nous sommes presque tous dommage, sans mémoire.
