06-11-2012 21:41 - Billet du jour : Au pays d’« intoxivores » ergotez, radotez !!!
Les mauritaniens ont cette réputation souvent bizarre de vouloir tout connaitre, tout voir, tout entendre, tout toucher : par les yeux, les regards, la langue, l’esprit....
Dès qu’une nouvelle tombe, c’est tout le monde qui en parle sans discernement, avec chacun son mot à lui aussi à rajouter au déluge de rumeurs qui fusent comme des nuées de criquets. Le plus aberrant dans cette avalanche d’infos où se mélangent tous les genres c’est que chacun dit être sûr de ce qu’il dit, de ce qu’il a entendu, même s’il n’a pas de preuves de ce qu’il raconte.
L’essentiel pour lui c’est de faire partie de faux ou vrais rapporteurs, de colporteurs, de commentateurs, d’analystes hors pairs et quoi encore ? Personne donc ne met des gangs, tout le monde est honnête sans en fournir les bonnes dispositions.
Chacun a sa source vraie qui ne sera jamais vérifiable dans les faits. Les uns ont beau jurer avec tous les saints, juger comme d’honnêtes magistrats sans pouvoir aller au-delà des ont-dits. Et c’est de cette façon qu’à longueur de conversations le pays tout entier se met à dévider les fils d’une nouvelle du jour qui ne tarit pas en échanges les plus disparates.
Dans toutes les sphères sociales et politiques c’est le même blabla qui occupe les gens. L’exemple le plus récent est celui de la fusillade subie par le Président. Qu’est-ce qui n’a pas été raconté à ce sujet et qu’est-ce qui n’a pas été écrit, interprété dans cet incident vrai ou vraisemblable ?
Pourtant on ne saura pas distinguer la bonne source de la mauvaise à cause de ce télescopage de nouvelles qui inondent le pays. Ils auront encore à dire et redire sur cette histoire, sur d‘autres qui alimenteront la presse formelle et informelle, mais la vérité est insaisissable, le mensonge bien entretenu par les fils tenus de l’imagination. C’est normal car les mauritaniens sont un peuple qui veut tout connaitre, tout voir, tout dire. Normal enfin parce que le temps n’a pas encore son pesant d’or dans un pays d’ « intoxivores »
Amadou Diaara
