22-07-2015 01:00 - Les artistes face à la réalité et le business - star

Les artistes face à la réalité et le business - star

L'Authentique - Ils ont acquis la notoriété grâce au théâtre, à la musique, au mannequinât ou au sport, mais ils sont devenus familiers au public grâce à la publicité de certaines marques ou produits à travers le petit écran et à l’occasion de grandes manifestations. Artistes de renom, ils sont sollicités de partout et se voient ainsi s’offrir des opportunités d’affaires. Preuve que le business-star est bien à la mode sous nos cieux.

Combien coûte réellement un contrat publicitaire d’une durée de 6 mois ? C’est une question à laquelle ni les artistes ni les agences de communication ou de publicité qui les utilisent ne donnent une réponse précise.

Et pour cause, ce penchant quasi atavique des mauritaniens à ne jamais parler d’argent, encore moins de ce qu’ils gagnent. Seulement, il y a que les prix varient selon la notoriété et l’image des uns et des autres. " Les prix pour la pub en général ne sont pas fixes, ils peuvent varier entre 100 000 Um à 5 000 000 d’ouguiyas , voire plus", note BOM, le jeune homme utilisé sur les affiches d’une téléphonie mobile.

Ils dépendent de la campagne de publicité qui peut être locale, nationale ou internationale. Ahmed K Cheikh, responsable marketing d’une société de la place, fait remarquer qu’un artiste comme Benna le comédien, est plus cher qu’un autre moins connu.

Il est aussi évident que recourir aux services d’une Malouma ou d’une Garmi , plus d’un responsable de vente à y regarder par deux fois pour ne pas avoir à casser sa tirelire. Mais les critères de choix des personnages dépendent aussi du produit qu’il veut vendre.

Si la cible est le mauritanien à revenu moyen, M.Ahmed responsable d’une société de la place n’hésite pas à faire appel à Benna qui l’incarne parfaitement, avec une dose d’humour qui séduit le plus grand nombre et qui permet de bien positionner un produit.

L’impact avec nos artistes et comédiens est toujours réel et les gens s’y retrouvent, à l’en croire. Dans ce cas, un contrat de 3 à 6 mois dans lequel il inclut le package de services à la télé, à la radio, etc. peut coûter plusieurs millions.

Si l’artiste a d’autres contrats en même temps, ce qui est souvent le cas, ses revenus tirés de la pub peuvent être plus importants que ceux issus de la vente de cassettes de théâtre ou d’un disque.

Du côté d’une autre société dont nous n’indiquerons pas ici le nom, les tarifs tournent autour de 300 à 500 000F Um. Car lorsque cette firme fait la publicité d’un produit donné, elle considère que c’est ce produit qui est la star.

Ce qui fait que pour celle ci, on évite d’utiliser des artistes trop connus ou qui sont déjà liés à plusieurs marques. Ils font appel, pour cela, à un " casting " afin de sélectionner des personnes méconnues du grand public.

Du côté de la mode aussi, à en croire Mlle Nené, les mannequins coûtent cher, le cachet tournant autour de 100 000 Um par mannequin et par séance. " Si d’aventure vous utilisez 3 à 4 mannequins dans une soirée avec défilé de mode, cela peut vous coûter la rondelette somme de 300 à 400 000 Um ".
Dans certains pays africains par exemple la semaine de la mode ou d’autres cérémonies culturelles sont des périodes de vaches grasses pendant lesquelles, chaque mannequin se parant de bijoux ou portant la marque des stylistes sous la lumière des projecteurs peut gagner entre 75 000 Um et 150 000 Um par défilé.

Par ailleurs, une partie de l’argent engagé dans la lutte contre le Sida va aussi dans les poches des artistes, acteurs ou groupes de théâtre et rappeurs mauritaniens qui, en retour, contribuent grâce à ces formes culturelles, au hip-hop, à la sensibilisation des jeunes contre cette pandémie.

A chaque star, son filon

" Avec la piraterie, la vente des cassettes VHF de théâtre ne fait pas vivre l’acteur. Sans la publicité et d’autres opportunités que nous avons, nous aurions eu des problèmes financiers ", un chanteur mauritanien qui a le vent en poupe actuellement au Sénégal.

Ces propos en disent long sur le recours de nos célébrités à des expédients autres que leur activité principale afin de bien gagner leur vie.

Conscientes que les revenus tirés de l’exploitation de leur image, notamment à travers la publicité, le sponsoring et le lancement de produits divers peuvent dépasser de loin les gains tirés de leur activité principale, les célébrités mauritaniennes sont désormais plus regardantes sur leurs apparitions en public.

Celles-ci ne se font plus n’importe comment. Elles sont de plus en plus payées au prix cher par les organisateurs de diverses manifestations qui ont tendance à surfer sur la notoriété de ces artistes pour donner un cachet particulier à leur événement.

Le très humoristique Benna qui a fini de faire ses preuves dans le théâtre mauritanien, le confirme sans ambages ; " il faut savoir ce que l’on vaut, il ne faut pas se banaliser. Surtout quand l’artiste sait que sa simple photo sur une cassette peut valoriser celle-ci et permettre de bien la vendre.". "Je ne vais pas là où on n’a pas besoin de moi ", poursuit-il.

En effet, il peut arriver que la simple présence d’une star à une cérémonie soit minutieusement négociée et payée rubis sur ongles par des organisateurs qui ne peuvent s’en passer. La politique de petits cadeaux et même parfois d’espèces sonnantes et trébuchantes est désormais de rigueur chez nos artistes.

Toutefois, même si le business-star est à la mode, certaines célébrités sont encore regardantes sur la nature des produits et marques pour la promotion desquels elles sont sollicitées. D. A, conseiller et époux de la très sexy MHD , lui, affirme que plus d’une fois, son épouse a refusé des millions d’ouguiyas pour la publicité d’une marque ou d’un produit.

Et pour cause. Il faut que l’image du produit que MHD porte colle avec la sienne. Ce sont toutes sortes d’invitations pour les besoins de lancement d’un produit et diverses autres cérémonies culturelles qui atterrissent donc sur la table de DA.

Les organisateurs voulant toujours rehausser leur plateau avec la présence de certains artistes de renom. Là aussi, dans bien des cas, les déplacements ne se font pas sans bourse déliée, même si les négociations sont systématiquement couvertes d’un voile pudique.

Ahmed. B



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