05-06-2017 17:16 - Boghé : Un arrêté controversé

Boghé : Un arrêté controversé

Le Calame - Sur la base de la lettre N°203 en date du 18 mai 2017 adressée par le ministère de l’agriculture, le Wali du Brakna a pris le décret N°4/2017 créant une commission régionale chargée de l’établissement de la liste des éventuels bénéficiaires de l’extension du casier pilote de Boghé.

Selon l’article 2 de l’arrêté du gouverneur, c’est le Hakem de Boghé qui préside cette commission composée entres autres du Maire de la ville, du délégué régional de l’agriculture, du directeur régional de la SONADER, du chef du bureau des affaires foncières, du percepteur municipal au niveau de Boghé et du président du bureau régional des agriculteurs du Brakna.

L’article 6 de l’arrêté précise les critères d’éligibilité à l’obtention d’un terrain de cette extension du Casier pilote de Boghé. Pour cela, il faut trois choses : être de nationalité mauritanienne. Être père de famille. Et n’avoir jamais profité du casier pilote de Boghé ou de tout autre aménagement réalisé par l’Etat au niveau de la Moughataa de Boghé.

Dans son article 7, l’arrêté rappelle que le bénéficiaire doit signer un engagement de participer à toutes les campagnes agricoles et à s’acquitter de tous les droits qui y sont liés au cours de l’exploitation de la parcelle.

En cas de non respect de ces engagements, les autorités compétentes retirent la parcelle du bénéficiaire. La commission chargée de l’établissement de la liste doit se concerter avec les acteurs associatifs, les personnes ressources locales et tous ceux en qui elle voit la compétence de pouvoir aider à établir et à préparer les listes des bénéficiaires de l’extension du CPB.

Les travaux de cette extension de 2210 hectares ont été réalisés par la société marocaine STAM qui est aussi maître d’œuvre de beaucoup d’autres travaux d’aménagement à travers le pays, notamment à Keur Macene et dans certains autres chantiers sur l’ensemble du territoire national. Cette société serait parrainée par une personnalité très influente et très proche de l’entourage du président Mohamed Ould Abdel Aziz.

Depuis la sortie de l’arrêté prévoyant la distribution des 2210 hectares, la tension des habitants de la ville de Boghé n’a pas baissé accusant l’Etat de vouloir de nouveau procéder à leur expropriation. Les habitants autochtones de la ville préparent déjà la riposte.

Une vaste campagne sur les réseaux sociaux appelant à faire face à cette tentative accompagne des déclarations et communiqués publiés par des associations et groupements de la vallée. Certains allant jusqu’à déclarer que cela ressemble au projet saoudien Errajihi pour qui l’Etat voulait vendre des dizaines de milliers des terres dans la zone de Dar El Barka.

L’argument principal avancé par les activistes contre la distribution des 2210 hectares de l’extension du CPB est que les terres de celui-ci représentent la seule source de revenus et de survie des populations autochtones qui doivent avoir normalement la priorité de la propriété, des aménagements et des crédits pour une bonne exploitation. Toutes autres mesures est source d’instabilité et constituent in fine une menace à la cohésion sociale, selon eux.



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Commentaires (6)

  • medabdul (H) 06/06/2017 13:40 X

    @Humanitaire de mes deux, moi je ne parle pas de races, ou d'ethnies pauvre imbécile ,mais des terres tout court.

  • La reine du Fouta (F) 06/06/2017 11:58 X

    l'Etat s'il veut remette le couteau sur la plait,c'est essayé d'appliquer par la force ou pas cette maudite lettre.Nos terres c'est la seule source qui nous restent,même si nous nous les cultivons pas , c'est notre bien ,toutes la population de Halaybé et environ dit non à l'accaparement de nos terres...Basta

  • Humanitaire (H) 05/06/2017 23:50 X

    medabdul (H), tu es hors-sujet et puis lorsque Dieu decida de caser les Peulhs en Mauritanie, IL ne t’avait pas demande ton avis, pauvre imbecile. Seuls les mecreants de ton genre osent contester l’oeuvre de Dieu le tout-puissant qui a fait naitre et grandir des communautes diverses soient-elles en Mauritanie (Peulhs – Wolof – Soninke – Beidane - Bambaras). Ni toi, ni des gens de ton especes n’en peuvent absolument rien. Aussi longtemps que la Mauritanie existera il y aura toujours des noirs et des berberes-beidanes. Prions pour une Mauritanie unifiees au lieu de tes aneries.

  • malalbarry8 (H) 05/06/2017 22:07 X

    Medabdoul les terres des halaybés ne peuvent pas disparaître de cette manière. l'aménagement a été retardé de plusieurs années à cause du flou qui régnait; maintenant que l'aménagement est fait, on oublie les ayants droits qui vivaient de ces terres. Alors, généraux et paysans ont la même voix ici non à l'accaparement de nos terres; towf

  • boofo (H) 05/06/2017 20:58 X

    Tant que le négro mauritanien ne sera pas nu, les évenements de 89, le ressenssement rasciste de Aziz et sa famille, l'expropriation des terres , Aziz et ses lieutenants aveuglés par le bien et le pouvoir ne resterons tranquille.

  • medabdul (H) 05/06/2017 17:37 X

    ALORS, ou sont ces Généraux et autres colonels de pacotille qui gravitent autour du pouvoir? et qui sont ressortissants de boghe et environs, de toute la Mauritanie ils sont les premiers a battre campagne pour le oui, meetings géants a boghe,et on les retire intelligemment leurs terres, et de façon pernicieuses, pauvres toucouleurs, c'est bien fait, ils ne peuvent pas les viabiliser, on doit les retirer de force même s'il le faut.