30-06-2017 00:40 - Monza face à la presse : «Nous fêtons dix années de résistance, dix années de combat !»

Monza face à la presse : «Nous fêtons dix années de résistance, dix années de combat !»

Le Courrier du Nord - «Dix ans! Peu de festivals Hip-Hop peuvent s’en enorgueillir ! » a lancé Smockey, rappeur et militant engagé burkinabé, lors de la conférence de presse animée à la Communauté Urbaine de Nouakchott (CUN)le jeudi 29 juin par le directeur et promoteur du Festival Assamalekum, Kane Limam Monza.

Pour lui, ce dixième anniversaire est une somme d’adversité et de combat pour la survie d’un des plus grand évènements, non seulement en Mauritanie mais au niveau du continent.

Ca y est ! Le Festival Hip-Hop Assalamalekum, dans sa dixième édition, a ouvert son tremplin, son focus, ses ateliers, ses séances documentaires suivis de débats, par une conférence de presse animée jeudi 29 juin 2017 dans la salle de délibération de la CUN. Un geste fort qui montre l’engagement de la Ville et de ses élus.

Pour le directeur et promoteur du festival, Kane Limam dit Monza, «ce sont dix années de résistances et de combat » que sa structure célèbre, en présence de sommités du Hip-Hop africain et mondial. Plus d’une dizaine de journalistes, d’acteurs culturels et d’artistes ont assisté à la conférence de presse, prélude à une dizaine de jours de concerts, de projections documentaires et de débats.

A l’entame de la conférence, Monza a déroulé l’essentiel du programme qui va attirer cette année plus d’une trentaine de structures, des dizaines d’artistes nationaux et internationaux.

Il y aura du rap, mais aussi des ateliers de formation, dont un sur le journalisme reporter d’images (JRI) à l’intention des jeunes journalistes, des projections de documentaires sur les droits de l’homme et l’extrémisme violent en partenariat avec «Ciné droit libre », un festival régional qui vient d’intégrer la Mauritanie après s’être circonscrit à quatre pays, le Burkina Faso, le Sénégal, le Mali et la Côte d’Ivoire.

Un de ses concepteurs, Abdoulaye Diallo, est revenu sur le programme arrêté durant ce festival, avec quatre documentaires qui seront suivis de débats : «Mali-Blues » de Gregor Lutz sur le terrorisme au Sahel avec le Balai Citoyen du Burkina Faso, «Kemtiyu » un documentaire de Ousmane William MBaye sur le savant égyptologue sénégalais Cheikh Anta Diop, «Boko-Haram » de Xavier Muntz et Bruno Fay, enfin, «Une révolution africaine : les dix jours qui ont fait chuter Blaise Compaoré » de Gidéon Vink.

Smockey s’est arrêté quant à lui sur la difficulté que rencontre les artistes dans un continent où la culture est traitée en parent pauvre des politiques de développement et le peu d’intérêt que les pouvoirs publics africains accordent aux festivals malgré leur impact positif sur la jeunesse, en termes d’insertions sociales et de promotion.

Mamadou Doumbiya, administrateur du Festival du Niger, a pour sa part magnifié le partenariat qui lie le festival Assalamalekum à sa structure. La cérémonie a été marquée par le mot d’introduction d’un représentant de la CUN, M.Tandia qui a souhaité la bienvenue aux artistes hôtes du festival, tout en mettant en exergue l’appui que la Ville de Nouakchott apporte au Festival Assalamalekum, même si l’accord tripartite qui les liait à la Région Ile-de-France, est momentanément suspendu, suite à un changement de gouvernance de l’autre côté de la Métropole.

Monza à certes loué les bonnes dispositions de la CUN vis-à-vis du festival, même s’il estime que la commune pouvait mieux faire, et qu’il regrette le silence du Ministère de la Culture par rapport à l’évènement. «Les pouvoirs publics mauritaniens auraient pu saisir les opportunités que leur offre ce festival, labellisé par le «Grand Tour 2017 » sous l’égide de l’Elysée et considéré comme l’un des 100 évènements les plus importants dans l’espace francophone».

Répondant à une question sur l’absence de documentaires mauritaniens dans la programmation, alors qu’il en existe une production non négligeable sur le thème de l’extrême violence, Monza a déclaré avoir jeté son dévolu sur «Salafiste » un documentaire réalisé par François Margolin et Lemine Ould Mohamed Salem, journaliste mauritanien. Selon lui, non seulement, le réalisateur s’est autocensuré, mais même les gérants du lieu où le documentaire devait être projeté ont désisté.

Il faut dire que ce film est censuré officiellement en Mauritanie, car si le ministre de la Culture avait déclaré que ce film n’est pas adapté à un public de moins de 18 ans, le ministre de l’Intérieur avait quant à lui carrément déclaré qu’il fait «l’apologie du terrorisme».

Quant à la programmation des artistes locaux, Monza, complété par Mr.X, qui est le véritable responsable de la programmation des artistes mauritaniens a déclaré qu’une sélection se fait depuis 2010 au mois de février, dans sept villes (Rosso, Kaédi, Sélibaby, Kiffa, Atar, Nouadhibou et Nouakchott) pour la sélection des jeunes talents invités à se produire durant le festival.

Rendez-vous a été pris pour le vendredi 30 juin, toujours à la CUN, pour le lancement du Programme «Nouakchott, Ville créative africaine ». Mais ça, c’est une autre histoire.

Cheikh Aïdara



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