30-01-2026 18:42 - Brakna : un pacte de paix scellé à Aleg pour mettre fin aux conflits fonciers dans le Waalo
ALEG - Dans un élan de réconciliation historique, les autorités régionales du Brakna ont réuni, ce jeudi 29 janvier 2026, les représentants des villages de Sabouallah et d’Aéré Golléré. L’objectif de cette rencontre était de tourner définitivement la page des affrontements sanglants qui ont opposé des agriculteurs dans la zone du Waalo (Chamama).
Sous la médiation du Gouverneur du Brakna, Monsieur Teib Mohamed Mahmoud, et en présence du Président du Conseil Régional, un procès-verbal de réconciliation a été officiellement signé. Cette rencontre fait suite aux graves tensions survenues dans la commune d'Aéré Mbar, une zone agricole stratégique où la gestion des terres reste au cœur de conflits récurrents.
L’accord stipule l’interdiction formelle de toute confrontation directe. Désormais, toute réclamation doit être adressée exclusivement aux autorités compétentes et jamais aux exploitants des champs.
Il est clairement précisé que tout individu ou groupe refusant d'obéir à cet engagement s'exposera à de sévères sanctions judiciaires et administratives. Par ailleurs, les parties ont convenu de la prise en charge des blessés et ont formulé une demande commune pour la libération des prisonniers détenus depuis près de trois mois.
Il convient de souligner que la route vers cet accord fut sinueuse. Lors des premières concertations, la population d'Aéré Golléré avait catégoriquement refusé de signer le procès-verbal initial.
Face à ce blocage, Monsieur Bâ Mamadou Moustapha a entrepris des démarches directes au plus haut sommet de l'État mauritanien, notamment auprès du président de la République, Mohamed Cheikh El-Ghazouani. Alors que les élus locaux tentaient d'imposer un document contesté, Monsieur Bâ s'est interposé pour demander aux autorités de reprendre la main sur le dossier en écartant toute influence politique. À la suite de ces interventions.
L'état a confié au Wali du Brakna de rédiger un texte administratif conformément aux orientations requises et non au procès verbale des élus locaux. Selon ces directives, les élus locaux devaient être exclus du processus décisionnel et n'être invités à Aleg qu'en qualité de simples observateurs.
Pourtant, une fois à Aleg, la tension est restée vive. Les élus locaux sont accusés d'avoir réussi à influencer le contenu final du texte en reprenant, à quelques modifications près, la version rédigée précédemment à Sabouallah celle-là même que les notables d'Aéré Golléré avaient refusé de valider. Cette implication est perçue par beaucoup comme une violation des décisions prises au sommet de l'État. C'est finalement une intervention à distance qui a permis de décanter la situation.
Lors de la réunion, le Gouverneur a contacté Monsieur Bâ Mamadou Moustapha pour débloquer l'impasse. Ce dernier a alors conseillé aux populations d'Aéré Golléré d'apposer leurs signatures, au motif que l'acte était désormais placé sous l'autorité directe de l'administration supérieure, représentée par le Gouverneur et le Préfet, et non plus sous le seul contrôle des élus.
Malgré la signature, le malaise demeure. Le Maire de la commune est vivement critiqué pour sa partialité supposée en faveur de Sabouallah. Une partie de la population l'accuse d'avoir favorisé la communauté Haratine au détriment de l'équité foncière et d'avoir délocalisé les réunions de réconciliation à Sabouallah plutôt qu'au siège communal d'Aéré Mbar.
Bien que ce pacte apporte une lueur d'espoir, les chefs de villages interpellent l'État pour une solution structurelle et définitive au problème foncier dans la vallée. Alors que la tension retombe à Aleg, tous les regards sont désormais tournés vers l'application concrète de ce pacte sur le terrain.
Oumar El Hadj Thiam
