02-02-2026 07:03 - Quand la Mauritanie devient la victime de l’hypocrisie de ses intellectuels !
Notre pays traverse aujourd’hui un moment décisif de son histoire, qui exige des actions réfléchies plutôt qu’instinctives de la part de sa classe politique. Un dialogue politique est en cours, et ses résultats ainsi que ses recommandations sont fortement attendus par l’opinion publique. À ce sujet, je paraphraserai feu Kane Hamidou Baba qui disait :« Le dialogue est toujours une forme de civilisation. »
Les conclusions consensuelles de ce dialogue qui se veut inclusif devraient, une fois appliquées, prémunir notre pays contre le grand danger qui le guette : le djihadisme religieux. Cette menace est d’autant plus réelle que la Mauritanie se situe sur un arc de crise qui traverse l’Afrique d’est en ouest.
Il faut rappeler que l’insécurité djihadiste ne se limite plus au Sahel, mais s’étend désormais jusqu’aux pays côtiers du Golfe de Guinée. Dans un tel contexte d’incertitude, la prudence s’impose.
Force est de constater que notre espace politique est, et a toujours été, infesté de politiciens courtisans dont les préoccupations principales sont leurs intérêts personnels et leurs ambitions à très court terme.
Ces individus sont particulièrement dangereux : par leurs flatteries, ils donnent au détenteur du pouvoir une illusion de grandeur et nourrissent un orgueil qui finit par l’aveugler. Pourtant, lorsque la situation se dégrade, ces mêmes flatteurs disparaissent comme des mirages pires encore, ils rejettent la responsabilité sur celui qu’ils adulaient et flattaient.
Ce qui est profondément révoltant, c’est que la majorité de ces chercheurs de privilèges se présentent comme des « intellectuels ». En réalité, ce sont souvent des pseudo-intellectuels parachutés à des postes de responsabilité sensibles, sans respect des critères de compétence, d’intégrité ou de mérite républicain. Grâce à leur proximité avec le pouvoir, ils parviennent à s’imposer en contournant et bafouant des lois adoptées par le peuple.
Ces mêmes comportements ont marqué toutes les époques politiques du pays. Qui se souvient des foules rassemblées sous le régime de Taya sur l’avenue Gamal Abdel Nasser pour réclamer la prolongation de son pouvoir ? Qui se rappelle des initiatives organisées sous Aziz y compris par certains imams pour demander un troisième mandat, voire son intronisation en roi ? Où sont aujourd’hui ces mêmes personnes et ces mêmes voix ?
Plus récemment, certaines voix s’élèvent pour réclamer le déverrouillage des articles constitutionnels relatifs au mandat présidentiel. Ces acteurs malintentionnés, tapis dans l’ombre comme des chats, semblent ignorer la gravité du moment. Leur objectif est clair : saboter le climat d’apaisement instauré depuis l’arrivée au pouvoir du président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, et créer un climat de méfiance susceptible de faire échouer le dialogue national.
Ces individus prospèrent dans le désordre et l’instabilité. Ils doivent être recadrés et réduits au silence, car leurs agissements risquent de plonger le pays dans une crise aux conséquences imprévisibles et potentiellement désastreuses.
Maham Youssouf
Nouakchott, le 1-2-2026
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