01-06-2026 11:38 - Mauritanie : plus de 500 migrants interceptés en quatre jours par les gardes-côtes
Info Migrants -- En quelques jours, du 28 au 31 mai, les gardes-côtes mauritaniens ont intercepté plusieurs embarcations de migrants au large des côtes du pays. Au total, 578 migrants ont été ramenés à terre.
La fin de semaine a été intense pour les gardes-côtes mauritaniens. Entre le jeudi 28 mai et le dimanche 31 mai, les opérations en mer se sont multipliées. Au total, 578 migrants tentant de rejoindre l'Europe via l'archipel des Canaries ont été interceptés.
La première opération des gardes-côtes, menée "dans le cadre des missions de surveillance et de sauvetage maritimes", a permis de ramener à terre 54 migrants.
Le lendemain, le vendredi 29 mai, aux alentours de 10h, 223 migrants à bord d'une pirogue partie de Gambie ont été interceptés. Tous étaient originaires de pays d'Afrique Subsaharienne et parmi eux figuraient au moins 21 femmes et 35 mineurs.
Le 30 mai, c'est une embarcation transportant 158 exilés qui a été arrêtée par les gardes-côtes.
Enfin, le dimanche 31 mai, 143 migrants, eux aussi en provenance de la Gambie, ont été pris en charge par les autorités mauritaniennes au nord de Nouakchott, la capitale. Il y avait 27 femmes et 9 mineurs à bord du bateau.
Parmi les 578 exilés interceptés, on compte 371 Sénégalais, 175 Gambiens, 16 Guinéens, 8 Sierra-Léonais, 3 Ivoiriens, 2 Nigérians, 2 Maliens et un Burkinabé.
Eviter les contrôles
La plupart étaient partis de Gambie car depuis les accords signés avec l'Union européenne et l'Espagne, la Mauritanie (comme d'autres pays comme le Maroc ou le Sénégal) intensifie les contrôles sur ses côtes et les interceptions de migrants en situation irrégulière pour empêcher les traversées vers l'Europe.
Le 17 octobre 2025 par exemple, la Mauritanie et l'Espagne annonçaient avoir réussi, grâce à leur coopération conjointe, à contrecarrer près de 3 500 tentatives de départs clandestins depuis le début de l'année 2025. En 2024, plus de 10 000 cas avaient déjà été déjoués.
C'est donc pour atteindre les Canaries et éviter le renforcement des contrôles au large de ces pays que les exilés prennent la mer plus au sud. Les départs de pirogues se font donc de plus en plus depuis la Guinée et la Gambie.
"La Gambie est une zone de départ potentielle comme l’ensemble des pays côtiers de cet espace (Mauritanie, Sénégal, Guinée), sachant que les départs avaient déjà eu tendance à se déplacer – du Maroc vers la Mauritanie et vers le Sénégal", notait en septembre 2025 à InfoMigrants Delphine Perrin, chargée de recherche à l’IRD (Institut de recherche pour le développement), membre du POMAF, un collectif de chercheurs spécialistes des politiques migratoires africaines.
Mais partir depuis la Gambie ou la Guinée multiplie les risques en mer pour les migrants. "Les voyages sur l’Atlantique sont déjà risqués. La distance est importante - il faut entre quatre et sept jours de navigation si tout se passe bien [pour rejoindre l'archipel espagnol] -, ce qui accroît les risques de se perdre en mer, de chavirer ou de souffrir de la faim, de la soif ou de malaise, d’autant que le comportement des passeurs peut accroître le danger", précisait Delphine Perrin.
Baisse des arrivées
Selon l’ONG espagnole Caminando Fronteras, 1 906 exilés sont morts ou portés disparus en 2025. Un nombre toutefois en forte baisse par rapport à l'an dernier. En 2024, Caminando Fronteras décomptait 9 757 décédés ou disparus sur cette route (soit la quasi-totalité des décès en mer vers l'Espagne cette année-là ).
Cette baisse est à mettre en lien avec la chute des arrivées aux Canaries en 2025 et début 2026. Un peu plus de 17 500 personnes ont rejoint l'archipel en 2025 contre près de 47 000 en 2024, selon le ministère espagnol de l'Intérieur.
Et depuis le début de l’année 2026, la baisse se poursuit. Entre le 1er janvier et le 15 mai, 3 018 migrants sont arrivés aux Canaries contre 10 822 sur la même période l’année dernière, soit une baisse de 72 %.
