26-01-2026 10:35 - « On ne pardonne pas » : des centaines de personnes défilent en hommage à El Hacen Diarra, mort en garde à vue à Paris

« On ne pardonne pas » : des centaines de personnes défilent en hommage à El Hacen Diarra, mort en garde à vue à Paris

LE PARISIEN - Ce dimanche après-midi, une nouvelle marche était organisée dans le XXe arrondissement. Les proches de ce Mauritanien dénoncent les violences policières, qui sont, selon eux, à l’origine de son décès.

Les jours passent mais la colère ne retombe pas. Comme la semaine dernière, des centaines de personnes se sont rassemblées, ce dimanche à Paris, pour rendre hommage à El Hacen Diarra.

Ce Mauritanien de 35 ans est mort dans la nuit du 14 au 15 janvier au commissariat du XXe arrondissement de Paris, alors qu’il était en garde à vue. Le trentenaire avait été interpellé à peine deux heures plus tôt au pied du foyer de travailleurs migrants où il résidait.

« C’était quelqu’un de très calme »

C’est devant ce bâtiment, à deux pas du cimetière du Père-Lachaise, que la marche blanche a débuté dans le calme. Comme tous les proches de la victime, Mohammed a enfilé un tee-shirt noir barré d’un « Justice et vérité pour El Hacen Diarra » en lettres blanches.

« Je suis arrivé de Mauritanie en même temps que lui en 2018, glisse son cousin, juste avant le début du défilé. C’était quelqu’un de très calme, qui n’a jamais fait de mal à personne. Ça fait vraiment mal de savoir qu’il est mort comme ça… »

Lundi dernier, le parquet de Paris a ouvert une information judiciaire pour « violences volontaires ayant entraîné la mort par personne dépositaire de l’autorité publique ». L’enquête confiée à l’IGPN devra déterminer si les policiers ont une responsabilité dans ce décès.

Une hypothèse qui fait peu de doutes pour les proches de la victime comme pour le reste des manifestants. Ils en veulent pour preuve, entre autres, une vidéo prise par un témoin lors de l’interpellation. On y distingue un policier à genou, qui donne deux coups de poing à El Hacen Diarra. Il crierait « vous m’étranglez », d’après le son que la famille a fait analyser.

« Heureusement que la vidéo est là pour prouver qu’il y a bien eu des violences, lâche Cissé, abritée sous un parapluie, au milieu du cortège. Ça montre bien qu’il faut toujours filmer quand il y a une arrestation. »

La consultante de 46 ans - d’origine Soninké comme El Hacen Diarra - tenait à être là « pour montrer qu’[elle] ne laissera pas passer ». « Je ne suis pas contre la police mais il y a un vrai problème de racisme systémique, insiste-t-elle. On voit bien qu’on n’est pas tous traités pareil ! »

Alors que les proches de El Hacen Diarra réclament le placement en garde à vue des policiers qui l’ont interpellé, Laurent Nuñez a encore assumé dans nos colonnes, ce dimanche, son choix de ne pas les suspendre. « Le fonctionnaire qui, sur les images, met deux coups de poing devra s’expliquer, concède le ministre de l’Intérieur. Mais rien ne dit, à ce stade, quelles sont les causes de la mort. »

Au micro, Assa Traoré parle pourtant d’un décès « par étranglement » qui aurait été démontré par l’autopsie. Le parquet de Paris confirme, notamment, une « plaie profonde fronto-temporale droite, saignante » et une « fracture de la corne du cartilage de la thyroïde ». Mais le rapport n’apporterait « pas à ce stade de certitude sur la causalité du décès », nous indique le parquet.

« Des violences policières qui gangrènent la France »

Pour la sœur aînée d’Adama Traoré, mort en 2016 après son interpellation par des gendarmes à Beaumont-sur-Oise (Val-d’Oise), El Hacen Diarra est une nouvelle victime « des violences policières qui gangrènent la France ».

Autre élément pointé par les proches du Mauritanien : l’absence d’images des caméras piétons que les policiers doivent normalement activer lors d’une interpellation. Me Yassine Bouzrou, l’avocat de la famille, a évoqué dans la semaine une « éventuelle dissimulation » de preuves de la part des policiers.

Également interrogé sur le sujet, Laurent Nuñez assure que des rappels à la règle sont « régulièrement » faits et qu’il en « refera un ». « Il peut y avoir des sanctions », ajoute l’ex-préfet de police de Paris.

Après plusieurs prises de parole et une minute de silence, le cortège finit par s’élancer, en milieu d’après-midi, en direction de la place Gambetta. Un point d’arrivée situé à quelques mètres du commissariat du XXe.

« Malgré la colère, nous souhaitons que cette marche se passe sans violences », insiste Ladji Sakho, conseiller d’arrondissement (PCF) du XXe. La marche se déroulera dans le calme. Parmi les slogans scandés : « On n’oublie pas, on ne pardonne pas. »

Par Pauline Darvey





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