11-04-2026 08:29 - L’Autorité Nationale de Lutte contre la Corruption (ANLC) dans la mire !
Sidi El Moctar Taleb Hamme -- Chers lecteurs, j’ai participé au concours qui a été ouvert jusqu’ici 10 mars 2026, pour sélectionner, en deux phases, six (6) membres du Conseil de l’Autorité Nationale de Lutte contre la Corruption. Après la sortie d’une liste préliminaire de 29 membres, j’ai constaté mon échec lamentable.
A ce stade, je reconnais et consomme cet échec. En conséquence, je n’exprime ni opposition aux résultats préliminaires ni de contestation et ce pour les raisons suivantes :
1. Mon diplôme est en biologie alors que les spécialités les plus ciblées sont l’économie, la finance et le droit
2. Les postes occupés et leurs durées, étaient assez insuffisantes pour compenser les faiblesses liées à la spécialité et à l’expérience requise en matière de gestion dans des domaines proches de l’économie, de la finance et du droit.
3. Une recherche sur ma probité et mon passé administratif, permettrait facilement à l’ANLC de découvrir que mon départ (i) de la direction du CNROP (actuel IMROP) était sur demande écrite du service de la Coopération culturelle de France à l’occasion de l’organisation du Club de Paris mars 1998,
(ii) de la Direction de la Pêche Artisanale et Côtière sur demande du Ministre sénégalais de la pêche qui avait convaincu le Président de la République Al Marhoum Sidi Ould Cheikh Abdellahi que je bloque l’application du protocole de pêche liant les deux pays (le Ministre sénégalais avait raison parce l’intérêt de mon pays était primordial),
(iii) la Direction de la Programmation et des Etudes était sur ma demande insistante auprès de Mme la Ministre Mehla Ahmed. Son Excellence m’a gentiment permis d’éviter la démission du poste et a gagné, en contrepartie, un poste pour le cousin de ses filles qui était aussi un cadre assez capable de l’aider dans la promotion de la coopération de son département avec la France et enfin,
(iv) la Direction de la Pêche Industrielle par l’ancien Président de la République Mohamed Ould Abdel Aziz sur demande du Ministre Dr Ing Aghdefna Eyih (solite traditionnelle entre les deux tribus) quand j’ai refusé d’appliquer la fameuse Convention de Polyhongdong/Chine pour la simple raison que tout le processus a été mené a mon insu alors que j’étais directeur de la pêche industrielle.
4. Les nombreux articles critiques plaidant, depuis avril 1999, pour des reformes profondes de la fonction publique, des instruments de préservation des deniers publics (Cours des Comptes, l’Inspection Générale d’Etat, l’Inspection des Finances et les Inspections internes des différents ministères). Ceci explique que le motif avancé lors de la perte du dernier poste dans l’Administration était « tu es victime de ta plume » (http://www.cridem.org/C_Info.php?article=649258);
5. Tout ce qui précède montre, incontestablement que Sidi El Moctar ne fait pas partie de ce qu’on appelle « la Mauritanie Profonde ».
Malgré cette résignation apparente, j’ai entamé un petit exercice visant à déterminer d’un côté, la tribu du Président et des membres du comité de sélection (jury) et de l’autre, les tribus des 29 candidats retenus pour la deuxième phase de ladite opération de sélection.
L’objectif de cet exercice fantaisiste, est de tenter de trouver une relation dialectique entre les tribus des membres du Jury et de celles des personnes présélectionnées aux fins de définir un ratio ou un indicateur pouvant permettre au large public intéressé d’avoir un avis sur la sincérité de cette première épreuve de l’ANLC. A propos, je reconnais déjà aussi bien la subjectivité de l’éventuel indicateur recherché que son importance dans un pays démocratique ou se commente et se documente.
Chers lecteurs, je ne cache pas l’ambition de me convertir en lanceur d’alerte ainsi que mon intention de partager les résultats de mes investigations avec les médias, l’Autorité Nationale de Lutte contre la Corruption et les ONG opérant dans les domaines de la gouvernance, la transparence, l’équité et la promotion d’une culture éthique: la Commission nationale de l’Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives (ITIE) , l’ONG-Transparence Inclusive/Globale, la FiTi Mauritanie (Pêches), l’Observatoire International de la Gouvernance en Mauritanie et l’Association Mauritanienne de Veille Citoyenne.
D’ici-là , je vais étudier tous les textes liés, de près ou de loin, au système de contrôle mauritanien : les institutions chargées du contrôle, le Plan Comptable National, la nomenclature budgétaire, les récurrentes reformes de l’arsenal juridique relatif aux marchés publics, le code pénal mauritanien, etc.
La qualité de ces textes référentiels et l’importance de la marge donnée aux parlementaires pour contrôler, en amont, la répartition des budgets et, en aval, l’exécution des montants votés conformément aux lois et règlements, aux principes et procédures et enfin, aux normes nationales et internationales.
Chers lecteurs, ce changement de spécialité, se justifie par le désir contribuer à l’instauration d’une culture de lutte contre la prévarication et les prévaricateurs (y compris la lutte contre la corruption).
Ceci doit commencer par une étude comparative des principales composantes du système mauritanien de contrôle et d’expliciter davantage les notions de ‘’budget de fonctionnement’’, ‘’budget d’investissement’’, ‘’audit financier interne et externe’’, ‘’audit de performance’’, ‘’régularité de la dépense’’, opportunité de la dépense’’, ‘’déconcentration de l’ordonnancement’’, nécessité d’intégrer, au nom du principe de l’unicité du budget, les financements étrangers afin qu’ils n’échappent pas au contrôle du parlement.
Il pourrait s’agir, in fine, d’emmener le pouvoir à simplifier le système global de contrôle en faveur d’une Cour des Compte qui exerce le contrôle sur la manière dont les ressources financières de l’Etat et du secteur public sont constituées, administrées et utilisées et dont les rapports trouvent des sorts meilleurs et laissent des impacts réels sur les entités contrôlées. Amin !
Dr Sidi El Moctar TALEB HAMME
