11-04-2026 07:00 - De l’exil à la diplomatie : la trajectoire de Bal Mamadou Omar face aux attaques de Kidé Mohamed El Habib

De l’exil à la diplomatie : la trajectoire de Bal Mamadou Omar face aux attaques de Kidé Mohamed El Habib

L’ancien conseiller au ministère des Affaires étrangères, M. Kidé Mohamed El Habib, a écrit un article dans lequel il attaque l’ambassadeur Bal Mamadou Amar.

Texte de l’article :

En 2006, un jeune Mauritanien a été expulsé de force des États-Unis d’Amérique, après que les autorités de l’immigration l’ont arrêté alors qu’il vendait des disques de musique dans les rues de New York, cherchant à gagner de quoi subsister.

Il ne possédait ni papiers ni statut légal, comme beaucoup de jeunes de sa génération que les vagues de l’émigration ont jetés sur les rivages de l’inconnu.

Après des mois passés dans les prisons américaines, il arriva un jour à l’aéroport de Nouakchott, effrayé, brisé et escorté par des agents de l’immigration américaine qui le remirent immédiatement, à son arrivée, à la police de l’aéroport, laquelle le relâcha après vérification.

Il entra alors dans la capitale, Nouakchott, les mains vides — tel un sabre dont le tranchant a été dépouillé de son fourreau — ne possédant que le sac qu’il portait sur le dos.

Mais les jours ne restent jamais figés. Après des années suivant ce retour forcé et humiliant, il intégra l’École nationale d’administration, de journalisme et de magistrature de Nouakchott, dont il sortit diplômé en 2014 en tant que conseiller diplomatique au service de l’État.

Le temps passa, et en février de cette année 2026, il fut nommé ambassadeur de notre pays au Nigeria ; tandis que son nom reste toujours inscrit dans les fichiers de la police de l’immigration américaine.

Ainsi va la vie ! Celui qui arrive à l’aéroport de son pays entravé peut un jour en repartir muni d’un passeport diplomatique.

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Réponse à cet article :

L’article écrit par M. Kidi Mohamed El Habib pour ternir la réputation de l’ambassadeur Bal Mamadou Omar soulève une question fondamentale : juge-t-on les hommes sur ce qu’ils étaient dans un moment de faiblesse, ou sur ce qu’ils sont devenus après un parcours d’efforts et de persévérance ?

L’histoire que l’article tente d’exploiter pour nuire à l’ambassadeur peut être lue sous un angle totalement différent. Le jeune Bal Mamadou Omar, s’était retrouvé dans un environnement américain difficile, où il cherchait à vivre dignement « en vendant des disques de musique dans les rues de New York, pour gagner de quoi subsister ».

S’il avait alors commis une infraction légale qui n’était d’ailleurs pas exceptionnelle dans le contexte de la migration irrégulière, ce n’était pas tant une histoire de déviance qu’un reflet d’une réalité vécue par des milliers de jeunes contraints de chercher une opportunité hors de leur pays. Transformer cet épisode en stigmate permanent est non seulement injuste, mais aussi une réduction brutale de la complexité de l’expérience humaine.

Mais la suite de cette histoire est plus importante que son début. Bal Mamadou Omar ne s’est pas résigné à sa situation aux États-Unis ; il est retourné en Mauritanie pour se reconstruire : il a intégré une institution nationale de formation et progressé dans un parcours professionnel au sein de l’État. Une telle transformation n’est pas le fruit du hasard, mais celui de la volonté et de la compétence — ce qui suscite la jalousie de M. Kidé Mohamed El Habib.

Insister sur l’inscription de l’ambassadeur dans les fichiers de l’immigration américaine n’a aujourd’hui aucune valeur réelle pour juger de son parcours. Les États souverains ne tirent pas leurs critères des archives étrangères, mais de leurs propres besoins, institutions et de leur confiance en leurs citoyens. Agiter une ancienne infraction ne peut être interprété que comme une tentative manifeste de dénigrement personnel, révélant une incapacité à rivaliser avec un parcours bâti sur le mérite. Incapable d’atteindre ce niveau, M. Kidé Mohamed El Habib a choisi la voie la plus facile : attaquer les personnes plutôt que discuter leurs réalisations.

Ce constat est renforcé par une attitude récurrente de sa part, tant dans ses campagnes sur sa page facebook que dans ses prises de position passées, notamment à l’égard de l’ambassadeur Kan Boubacar, chirurgien reconnu, où il a remplacé le débat sérieux par des attaques et des propos injurieux, diffamatoire et calomnieux. Un tel comportement ne reflète pas la force d’un argument, mais révèle un vide intellectuel et une dépendance à la polémique plutôt qu’à l’objectivité.

Lorsque la critique perd son éthique, elle devient un simple bruit ; et lorsqu’elle cible les personnes au lieu d’évaluer les actions, elle nuit d’abord à celui qui en est l’auteur.

La critique légitime est la bienvenue, elle est même nécessaire. Mais lorsqu’elle consiste à fouiller dans un passé personnel pour diminuer quelqu’un, elle perd toute valeur morale et intellectuelle. Il est plus juste d’évaluer les responsables sur ce qu’ils accomplissent aujourd’hui : leurs performances, leurs décisions et leur capacité à servir leur pays.

En fin de compte, il ne s’agit pas de défendre une personne, mais un principe : l’être humain n’est pas prisonnier de son passé. Les sociétés qui progressent sont celles qui reconnaissent la possibilité du changement, récompensent le mérite et distinguent le récit personnel du jugement global. Transformer des parcours de transformation en outils d’attaque appauvrit le débat public et entrave l’idée même de justice.

Sow Lamin.





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Source : Sow Lamin
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