23-09-2026 17:16 - La Mauritanie et CWP Global signent un nouveau cadre contractuel pour AMAN

La Mauritanie et CWP Global signent un nouveau cadre contractuel pour AMAN

Energynews -- À Nouakchott, l'État mauritanien et CWP Global ont signé une Convention globale pour poursuivre le projet d'hydrogène vert AMAN, dont le dimensionnement a été revu à la baisse sans explication publique.

La Mauritanie et CWP Global ont signé le 16 septembre 2026 à Nouakchott une Convention globale destinée à encadrer la poursuite du développement du projet d'hydrogène vert AMAN. Ce nouvel accord remplace le cadre préparatoire conclu précédemment, qui portait principalement sur le foncier, la conception et les principes de coopération entre les parties.

Selon les éléments rapportés, la nouvelle convention couvrirait également les conditions fiscales, économiques et de développement du projet. Le texte contractuel n'a toutefois pas été rendu public, ce qui empêche d'établir la répartition des risques entre les parties ou les engagements fermes pris de part et d'autre.

Un projet toujours au stade du développement

Le projet AMAN demeure à un stade préparatoire et n'est pas entré en phase de construction. CWP Global, promoteur du projet, indique être passé à l'ingénierie préliminaire détaillée, ou FEED (Front-End Engineering Design), une étape technique précédant la décision finale d'investissement.

Cette annonce ne démontre cependant ni la disponibilité du financement, ni la conclusion de contrats d'achat d'hydrogène ou d'ammoniac, ni l'obtention de l'ensemble des autorisations environnementales et foncières nécessaires. La décision finale d'investissement reste, à ce stade, un objectif affiché par le promoteur plutôt qu'un fait acquis.

Un dimensionnement revu à la baisse

Le dimensionnement actuellement communiqué pour AMAN serait sensiblement inférieur aux versions antérieures du projet, sans qu'aucune explication technique n'ait été rendue publique. Cette évolution pourrait résulter d'un redimensionnement commercial, d'un phasage des capacités ou d'une modification de la combinaison des produits finaux visés.

En l'absence de précisions, la puissance renouvelable, la production électrique et le montant d'investissement mentionnés dans les documents historiques du projet ne peuvent pas être automatiquement rattachés à la configuration aujourd'hui présentée.

Le calendrier initial du projet n'a par ailleurs pas été respecté. Les documents de lancement prévoyaient un état d'avancement plus abouti de l'ingénierie, du financement et du démarrage des travaux de construction à ce stade.

Le maintien d'un objectif de mise en production avant la fin de la décennie suppose désormais l'enchaînement resserré de plusieurs étapes : ingénierie, autorisations, financement, construction des capacités renouvelables, dessalement, électrolyse, conversion et infrastructures d'exportation.

Des études engagées, sans garantie de faisabilité bancaire

CWP Global a engagé plusieurs travaux préparatoires sur le site, dont des mesures de ressources renouvelables, des reconnaissances terrestres et marines ainsi que des études hydrogéologiques. L'entreprise prépare également l'évaluation environnementale et sociale du projet.

Ces travaux visent notamment à déterminer l'implantation des unités de dessalement, des conduites et des infrastructures portuaires. Ils ne constituent toutefois ni une étude de faisabilité bancaire ni une autorisation de construire.

Une coopération distincte avec la SNIM

Le débouché industriel d'AMAN ne se limite pas à la production d'ammoniac. Une coopération entre CWP Global et la Société nationale industrielle et minière (SNIM) envisage l'utilisation de l'hydrogène, de l'électricité et de l'eau produits par AMAN pour transformer localement du minerai mauritanien en fer préréduit ou en fer briqueté à chaud.

Cette chaîne de valeur reste distincte du projet contractuellement annoncé le 16 septembre. Aucune capacité ferme, aucun financement ni aucun acheteur n'ont été publiés à ce jour pour cette coopération.

Un cadre légal encore à vérifier dans ses détails

Le Code mauritanien de l'hydrogène vert fournit désormais le cadre législatif applicable aux licences, concessions, contrôles, incitations fiscales, obligations environnementales et relations entre l'État et les développeurs de projets d'hydrogène.

La Convention globale, signée par le ministre mauritanien de l'Énergie et du Pétrole, Mohamed Ould Mohamed Malainine Ould Khaled, et par CWP Global, doit être analysée dans ce cadre légal.

Son contenu, non publié, ne permet cependant pas de vérifier les avantages fiscaux effectivement consentis, une éventuelle participation de l'État au capital du projet, les règles de contenu local applicables ou les garanties accordées au promoteur.

Margaret Mutschler, directrice du projet AMAN chez CWP Global, et Mark Crandall, fondateur et président de l'entreprise, portent le développement du projet côté promoteur.



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Commentaires (1)

  • ouldsidialy (H) 23/09/2026 20:38 X

    Cet article de presse est le premier sur Cridem qui parle sérieusement du projet Aman. À noter qu'il dit une chose attendue : il était inévitable que CWP Global redimensionne à la baisse son projet : 40 milliards de dollars d'investissement dans un pays dont le PIB est autour de 10 milliards de dollars. Une puissance à installer prétendument égale à 6 ou 7 réacteurs nucléaires de nouvelle génération. On était dans l'ubuesque et nul besoin de donner une explication pour en sortir.

    Face au besoin de compréhension du public, je vais essayer de donner ici l'explication de ce genre d'information en me faisant aider d'une IA.

    1) Qui est qui et qui fait quoi ? :

    – CWP Global est un assembleur juridique et technique-courtier en concessions étatiques. Ce qu'il n'est pas : il n'est pas investisseur final (banques) ; n'est pas l'industriel (le constructeur) ; n'est pas le client final (acheteur de l'hydrogène). – L'État mauritanien et la Mauritanie sont détenteurs de souveraineté sur la terre, l'eau de mer et le soleil. - Ils ne détiennent et n'apportent aucun capital – aucune industrie préalable –, pas de savoir-faire industriel ou technique préétabli dans le pays.

    2) Les engagements des parties (ce qui est déjà donné) :

    a) La Mauritanie engage des ressources tangibles et sa souveraineté juridique : Souveraineté foncière : Sanctuarisation de milliers de kilomètres carrés pour l'installation. Une réglementation et une fiscalité dérogatoires (code de l'hydrogène) : Gel programmé de taxes pour inciter l'investissement ce qui représente un coût d'opportunité fiscal immédiat.° mndat

    b) Le développeur n’engage aucun financement : L'accord n'oblige pas CWP Global à dépenser les 40 milliards de dollars. La Décision Finale d'Investissement (FID) est repoussée avant 2030. CWP Global peut abandonner le projet d'ici là sans pénalité. L'absence de FID en 2030 laissera encore à CWP global des droits juridiques sur la terre et divers moyens de prolonger son exclusivité foncière pendant 30 ans, sans que le projet se fasse. Aucun risque industriel direct : CWP Global ne construit pas les infrastructures. Aucun engagement d'intégration locale automatique : L'accord définit un cadre, mais ne garantit pas la création d'emplois qualifiés mauritaniens ni le transfert de technologie à court terme. Ne pas confondre perspective ou espoir avec "engagement"."

    3) Ce qui est obtenu immédiatement par les parties.

    a) Ce qu'obtient immédiatement la Mauritanie : elle saisit l'opportunité de capter éventuellement et dans le futur, des investissements dans l'hydrogène vert qui pourraient se faire ailleurs si elle ne le décide pas maintenant.

    b) Ce qu'obtient immédiatement CWP global : L'intérêt de CWP Global en signant cet accord est la création d'actifs valorisables sur les marchés financiers. Monopolisation de la ressource : En verrouillant légalement les meilleurs sites éoliens et solaires de Mauritanie, CWP Global empêche ses concurrents d'y accéder. Valorisation actionnariale : La signature d'un accord sur "l'un des plus grands projets du monde" augmente immédiatement la valeur spéculative de l'entreprise CWP Global. Cela lui permet de lever des fonds auprès de banques d'affaires ou de revendre des parts du projet (comme Total Energies, BP ou des fonds de pension) bien avant d'avoir posé la première pierre.

    La Mauritanie engage son territoire physique réel contre la promesse d'un capital futur, tandis que le développeur acquiert un droit d'exclusivité lui permettant de spéculer et de structurer le financement sans prendre de risque immédiat.

    4) Le sens et la portée de cet accord en l'état actuel : ce que cet accord est.

    Il ne s'agit pas d'un contrat de construction, mais d'une option sur l'espace et les ressources mauritaniennes. La Mauritanie concède un droit d'exclusivité foncière et des garanties fiscales en échange de la promesse de captation future de capitaux étrangers. La portée de ce projet à 40 milliards de dollars (PIB mauritanien autour de 10 milliards de dollars) est une promesse, sans garanties, d'intégrer le pays comme fournisseur d'hydrogène/ammoniac pour l'Europe.