10-10-2026 21:45 - Sénégal: la Commission africaine des droits de l'homme s'inquiète du recul des libertés sur le continent
RFI AFRIQUE -
Au Sénégal, les organisations de la société civile sur le continent alertent sur le rétrécissement de l’espace civique et les pressions exercées sur les acteurs des droits de l’homme.
À la veille d’une réunion de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples qui se tient à partir du lundi 12 octobre à Dakar, un forum d’ONG a réuni plusieurs de 200 acteurs de la société civile. Pour échanger sur les difficultés rencontrés par les militants des droits humains.
Derrière le micro, il y a Bineta Sidibé-Gascon.
La Burkinabè, présidente de l’observatoire Kisal, n’a de cesse de dénoncer la dégradation des libertés et la « silenciation » des militants des droits de l’homme dans les pays de l’AES : « C’est même au-delà d’une "silenciation", aujourd’hui c’est une répression et d’une violence inédite vis-à-vis de gens qui ne font que du travail, que ce soit les droits humains, les droits civiques ou même le droit à la vie, les gens ont l’impression que les choses se sont calmées au Sahel central, mais elles ne sont pas calmées. Les disparitions forcées, c'est le mode opératoire principal de ces juntes. »
Le « quatrième pouvoir » a totalement disparu
Sans liberté de la presse, ne reste que la voix officielle, comme l’explique ce défenseur des droits humains qui témoigne anonymement, de peur des représailles : « Dans un pays où 21 journalistes sont exilés et ceux qui sont à l’intérieur ne peuvent plus faire leur travail de journaliste, ce contre-pouvoir, ce "quatrième pouvoir " a totalement disparu ! Et là, ce n’est pas seulement au Burkina Faso, c’est dans les trois pays du Sahel. Comment on peut faire la redevabilité, comment on peut avoir la preuve que ce que dit le gouvernement est vrai... »
« Hausser le ton »
Alors que la 89e session de la Commission africaine des droits de l'homme et des peuples s’ouvre lundi 12 octobre 2026, Bineta Sidibé Gascon appelle l’Union africaine (UA) à jouer pleinement son rôle et à s’impliquer : « Déjà hausser le ton et demander à avoir accès à tout ce qui a été dit. Il est temps que la Commission africaine des droits de l’homme se déplace et mandate des commissaires pour aller vérifier ce qui a été dit. La société civile, on ne peut pas continuer à venir ici, à s’exposer, à donner des éléments à documenter et que ces informations ne soient pas exploitées. »
Pendant dix jours, à Dakar (Sénégal), la Commission africaine des droits de l’homme doit examiner la situation des droits humains des différents pays membres.
PAR RFI
